Coup de filet contre un groupe d'ultradroite

Menaces d'attaques antimusulmans: dix membres de l'ultradroite mis en examen

  • PubliĂ© le 28 juin 2018 Ă  10:22
  • ActualisĂ© le 28 juin 2018 Ă  10:58
Maison de Guy S. retraité de la police nationale et chef de file présumé du réseau, photographiée le 25 juin 2018 en Charente-Maritime

Les dix personnes arrĂȘtĂ©es ce week-end lors d'un coup de filet contre un groupe d'ultradroite et dont les autoritĂ©s redoutaient "un passage Ă  l'acte violent" contre des musulmans ont Ă©tĂ© mises en examen mercredi soir, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Présentés à un juge d'instruction parisien aprÚs quatre jours de garde à vue, les suspects - les neuf hommes et une femme, ùgés de 32 à 69 ans - ont été mis en examen notamment pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". La justice les soupçonne d'appartenir au groupuscule "Action des forces opérationnelles" qui affiche l'objectif de "lutter contre le péril islamique".

Quatre ont été placés en détention provisoire et quatre autres ont été libérés sous contrÎle judiciaire. Les deux derniers ont été incarcérés provisoirement dans l'attente d'un débat différé sur leur détention qu'ils ont sollicité. Le parquet de Paris avait requis le mandat de dépÎt pour neuf des suspects. Plusieurs d'entre eux ont également été mis en examen pour des infractions à la législation sur les armes et des faits présumés de fabrication ou détention d'engin explosif ou d'éléments destinés à entrer dans la composition de produit explosif, le tout en relation avec une entreprise terroriste.


Trente-six armes à feu et des milliers de munitions ont été retrouvées lors de perquisitions chez des suspects, y compris des éléments "entrant dans la fabrication d'explosif de type TATP" chez l'un des suspects, avait précisé le parquet mercredi dans un communiqué.
Parmi ces suspects figure le chef de file prĂ©sumĂ© de ce rĂ©seau, Guy S., un policier Ă  la retraite, selon une source proche de l'enquĂȘte. Le groupe comprend Ă©galement un ancien militaire.


ConfiĂ©e Ă  la Direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure (DGSI), une enquĂȘte prĂ©liminaire pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" avait d'abord Ă©tĂ© ouverte le 13 avril par le parquet de Paris. Le groupe "essayait de recruter de nouveaux membres et d'Ă©tendre son maillage territorial", selon le ministĂšre public. Le parquet avait ouvert une information judiciaire le 14 juin, car "les Ă©lĂ©ments recueillis" faisaient "craindre un passage Ă  l'acte violent, aux contours demeurant toutefois imprĂ©cis Ă  ce stade".
Selon une source proche de l'enquĂȘte, des suspects ont parlĂ© de s'en prendre notamment Ă  des musulmans radicalisĂ©s sortant de prison et Ă  des mosquĂ©es radicales.
Ils ont finalement été interpellés dans la nuit de samedi à dimanche à la demande du juge d'instruction.

 - © 2018 AFP

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