Mode : Princesse tam tam et Comptoir des Cotonniers placĂ©s en redressement judiciaire

  • PubliĂ© le 2 juillet 2025 Ă  21:10
  • ActualisĂ© le 3 juillet 2025 Ă  05:11
Deux boutiques Comptoir des cotonniers et Princesse tam tam Ă  Paris le 2 juillet 2025

La crise continue dans le prĂȘt-Ă -porter français: les marques de lingerie Princesse tam tam et de vĂȘtements Comptoir des Cotonniers ont Ă©tĂ© placĂ©es en redressement judiciaire, a appris l'AFP mercredi d'une source proche du dossier.

En difficulté depuis plusieurs années, ces deux marques ont eu du mal à résister à "un contexte de marché qui ne s'est pas amélioré", avait résumé fin juin une source proche du dossier à l'AFP au moment du placement en redressement judiciaire.

Leur propriétaire, Fast Retailing France, filiale du géant japonais Fast Retailing dont la marque phare est Uniqlo, a dû demander fin juin au tribunal des activités économiques de Paris (ex-tribunal de commerce) un placement en redressement judiciaire, qui a été validé mardi.

Depuis plusieurs années, les marques de milieu de gamme sont mises en difficulté par l'"ultra fast fashion" et la seconde main, qui séduisent les consommateurs par leurs petits prix.

Le site Shein, basĂ© Ă  Singapour, reprĂ©sentait ainsi 3% des dĂ©penses d'habillement et de chaussures en 2024 sur le marchĂ© français en valeur, selon une enquĂȘte MĂ©diamĂ©trie. Du cĂŽtĂ© de l'occasion, la plateforme lituanienne Vinted a vu ses ventes en France grimper de 32% en 2023 par rapport Ă  2022, selon l'application Joko.

Princess tam tam et Comptoir des Cotonniers avaient pris des mesures pour "s'adapter aux évolutions du marché de l'habillement", avait déclaré le groupe en juin 2023 pour justifier un plan de sauvegarde de l'emploi.

Le projet visait la suppression de 28 points de vente sur les 67 de Comptoir des Cotonniers et 101 postes sur les 272 CDI. Et pour Princesse tam tam, 27 boutiques sur 69, ainsi que 84 postes sur 235 CDI. S'y ajoutait la suppression de 119 postes au sein de Fast Retailing France.

Le groupe n'a pas communiquĂ© depuis sur la mise en Ɠuvre de ce plan.

Il reste aujourd'hui "une centaine de boutiques Princesse tam tam et Comptoir des cotonniers en France et environ 500 salariĂ©s (chez) Fast Retailing France, incluant le siĂšge", avait dĂ©taillĂ© la mĂȘme source proche du dossier Ă  l'AFP.

- Covid puis inflation -

D'autres enseignes de mode traditionnelles qui avaient Ă©tĂ© placĂ©es en redressement judiciaire avaient rĂ©ussi Ă  trouver un acheteur, avant d'ĂȘtre parfois placĂ©es de nouveau en redressement judiciaire, voire immĂ©diatement liquidĂ©es.

Les commerces de prĂȘt-Ă -porter emblĂ©matiques des centres-villes et zones commerciales avaient dĂ©jĂ  subi la pandĂ©mie de Covid et la mise Ă  l'arrĂȘt l'activitĂ© Ă©conomique, puis l'inflation, la hausse des coĂ»ts de l'Ă©nergie, des matiĂšres premiĂšres, des loyers et des salaires.

Les marques CamaĂŻeu, KookaĂŻ, Burton of London, Gap France, AndrĂ©, San Marina, Kaporal, Jennyfer, Du pareil au mĂȘme, Sergent Major, Esprit, C&A, Naf Naf ou encore IKKS en ont dĂ©jĂ  fait les frais.

Pour lutter contre la "fast fashion", la Commission européenne a proposé en mai d'imposer des frais de 2 euros sur chaque "petit" colis valant moins de 150 euros entrant en Europe (actuellement exemptés de droits de douane), dont l'immense majorité proviennent de Chine.

Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, veut aller plus loin et a appelé mercredi sur RTL à une taxe "à la Trump" sur les petits colis en provenance de Chine, à 100% de leur valeur.

"Je me bats tous les jours pour le prix bas, mais le prix bas à tout prix, il y a une limite", a déclaré à propos de ces colis M. Bompard.

AFP

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