Les éliminations et les désillusions s'enchaßnent, les médailles s'éloignent: la sinistrose guette l'équipe de France qui, aprÚs une nouvelle journée noire dimanche, manque complÚtement le début de ses Mondiaux à Doha (Qatar).
Il n'y avait pas de grand espoir de médaille dimanche, mais c'est surtout une élimination qui fait mal: celle du tenant du titre du 800 m Pierre-Ambroise Bosse (27 ans), incapable de se hisser au niveau des meilleurs lors de sa demi-finale. Alors qu'il avait passé l'obstacle des demi-finales à l'arrachée en 2017 avant de remporter le titre à la surprise générale, il a cette fois subi la course et terminé 7e et dernier en 1 min 47 sec 60, loin du Bosnien Amel Tuka (1:43.65).
"J'Ă©tais vraiment en forme pourtant. Aujourd'hui c'est le jeu du 800 m, j'ai trop jouĂ©. Avant la course je regarde les gens que je connais dans le public tellement je suis sĂ»r de passer. Cette sur-confiance m'a fait dĂ©faut aujourd'hui. C'Ă©tait pas physique, seulement tactique, je me suis fait piĂ©ger. Mais je garde la tĂȘte haute", a dĂ©clarĂ© Bosse aprĂšs son 800 m au cours duquel il a longuement couru Ă l'extĂ©rieur, usant ses forces avant la fin de course.
- "On est loin d'ĂȘtre finis" -
L'Ă©chec du mĂ©daillĂ© de bronze de l'Euro de Berlin en 2018 semble inscrit dans la spirale nĂ©gative des Bleus, toujours sans mĂ©daille depuis le dĂ©but de ces championnats. "Il faut arrĂȘter de parler de spirale. J'ai foi dans les athlĂštes suivants, ils vont mettre un bĂąton dans l'engrenage et faire tourner la spirale dans l'autre sens. L'Ă©quipe de France est belle", a-t-il positivĂ©.
"Hier on Ă©tait avec (Pascal) Martinot-Lagarde et compagnie, on a juste notre sourire qui a baissĂ© petit Ă petit car ce sont des amis qu'on a vu Ă©liminĂ©s, Jimmy (Vicaut), Alexandra (Tavernier)... Mais on est fort et on va le dĂ©montrer, on est loin d'ĂȘtre fini mĂȘme dans ce championnat. Je vous garantis qu'il y aura des mĂ©dailles et des belles, peut-ĂȘtre mĂȘme des surprises."
Bosse s'ajoute donc aux déconvenues des Bleus au lendemain d'une journée noire, notamment pour deux des locomotives habituelles de l'équipe: le champion olympique 2012 et recordman du monde de la perche Renaud Lavillenie a été éliminé en qualifications, et le tenant du titre du 50 km marche Yohann Diniz a abandonné dans la premiÚre partie de course, vaincu par la chaleur. Le tout sans compter sur les éliminations prématurées de Rénelle Lamote (800 m), Jimmy Vicaut (100 m) et Ludvy Vaillant (400 m haies), et la déception d'Alexandra Tavernier (6e au marteau).
- "Beaucoup de stress" -
Et le ciel s'annonce couvert pour l'équipe de France les jours qui viennent: ils sont sûrs à cause des éliminations de rester bredouilles lundi avant de compter mardi sur un authentique mais improbable exploit (Valentin Lavillenie à la perche ou Alexie Alaïs au javelot) pour décrocher un premier podium.
Dimanche, le seul sourire en zone mixte est venu avec la perchiste Ninon Guillon-Romarin, 12e d'une finale trÚs relevée (remportée par la Russe Anzhelika Sidorova avec 4,95 m) en ayant passé 4,70 m, égalant son meilleur saut de la saison.
Plus tÎt dans la soirée, le sprinteur Mouhamadou Fall s'est fait éliminer dÚs les séries du 200 m en courant trÚs loin de son niveau (4e en 20.63, alors qu'il a un record en 20.34), une distance sur laquelle le médaillé de bronze olympique Christophe Lemaitre avait décidé de faire l'impasse, faute d'une forme suffisante.
"Je me suis dit, allez il y a eu des désillusions, essaie de redonner un peu de soleil, a expliqué Fall (27 ans) en zone mixte. Au final, moi aussi je m'inscris sur la liste des désillusions. En tout cas je n'ai pas créé d'exploit..." "Par rapport à l'Euro par équipe à Bydgoszcz (en Pologne en août) l'ambiance n'a rien à voir. Il y a beaucoup de stress, on voit que ce n'est pas aussi +ouvert+ que d'habitude, on n'est pas aussi joyeux, mais ça se comprend. C'est pas terrible pour l'équipe de France en ce moment."
AFP


