"Attention au dérapage de trop !" Une infirmière scolaire de 53 ans a été placée en garde à vue ce lundi 2 novembre à l’occasion du blocage d’un lycée à Montpellier, a-t-on appris auprès de la police. Son interpellation violente, filmée, a suscité l’indignation des syndicats et élus de gauche. Une infirmière scolaire de 53 ans a été interpellée brutalement ce lundi à Montpellier (Hérault). L’infirmière a été placée en garde à vue, avant que celle-ci ne soit levée dans l’après-midi, informe le parquet. Le dossier a ainsi été classé "sans suite par le parquet pour cause d’infraction insuffisamment caractérisée".
Sur des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, on voit une femme devant le lycée Jean Monnet de Montpellier, le seul bloqué dans l’académie selon le rectorat, crier quelque chose en direction des forces de l’ordre. Elle est alors jetée au sol par un policier qui la plaque face contre terre et la menotte.
🔴 Scandale ! À Montpellier devant le lycée Jean Monnet, la police interpelle violemment l’infirmière scolaire ! Votre répression ne fera pas taire les revendications ! @NunezLaurent @Prefet34 https://t.co/ly5gLjRbj8
— CARRIERE Sylvain (@Sylv20CARRIERE) November 2, 2026
Selon la police, l’infirmière scolaire avait "outragé les policiers" et s’était "rebellée auprès d’eux". Deux lycéens de 15 ans, qui avaient refusé d’obéir aux sommations, ont également été interpellés et placés en garde à vue, selon la même source.
Un élève de terminale membre de la coordination lycéenne, Léo, 17 ans, a raconté à l’AFP que les élèves avaient placé les poubelles contre le portail du lycée pour en bloquer l’entrée, quand "plusieurs camions de gendarmes sont arrivés". Selon lui, les élèves étaient assis devant le portail, des professeurs les "protégeant", en première ligne.
"Après trois sommations", selon Léo, les forces de l’ordre "ont commencé à tirer des élèves assez violemment, et certains sont tombés", d’autres se retrouvant "compressés contre les poubelles". "Des profs aussi se sont retrouvés au sol", a ajouté le lycéen.
- Interpellée, la préfète de l’Hérault assume -
L’interpellation musclée de l’infirmière a soulevé l’indignation de plusieurs élus, comme le député insoumis de l’Hérault Sylvain Carrière, qui a dénoncé sur X un "scandale". "Ces faits méritent une condamnation et des sanctions contre les policiers violents. Pas un tweet pour prendre leur défense", a abondé sa collègue Nathalie Oziol. Le sénateur socialiste Hussein Bourgi a interpellé la préfète de l’Hérault sur les réseaux, évoquant "le dérapage de trop".
Interpellée à plusieurs reprises, la préfète Chantal Mauchet a répondu que "la liberté de manifester ne comprend pas celle de bloquer, et encore moins celle de s’en prendre directement aux forces de l’ordre", assurant aussi que l’infirmière intervenait "en tant que participante à un attroupement sur la voie publique visant à bloquer un établissement scolaire". Contacté par l’AFP, le rectorat n’a pas souhaité communiquer.
Saphia Guereschi, secrétaire générale du syndicat Snics-FSU, a dénoncé un "usage disproportionné de la force" contre sa collègue, à qui le syndicat assure ''tout notre soutien". Le syndicat d’infirmières scolaires réaffirme également son soutien "au mouvement lycéen, légitime y compris dans sa colère, notamment par rapport au nombre de postes infirmiers". Pour près de 12 millions d’élèves, en primaire, collège et lycée, la France comptait moins de 900 médecins scolaires et quelque 8.000 infirmières à la rentrée scolaire 2026, des chiffres en forte baisse sur 10 ans.
Après deux semaines de vacances marquées par la poursuite des mobilisations et en dépit des promesses du gouvernement sur Parcoursup et le bâti scolaire, la contestation lycéenne s’est poursuivi en cette rentrée. Selon les chiffres de l’Éducation nationale, seulement 1 % des établissements étaient bloqués ce lundi matin. Mais d’autres rendez-vous ont déjà été donnés pour des blocages mardi 3 novembre et surtout jeudi 5 novembre, jour de grève générale à l’appel de l’intersyndicale.
AFP
