Justice

Nordahl Lelandais devant les assises pour le meurtre de la jeune Maëlys

  • PubliĂ© le 30 janvier 2022 Ă  22:35
  • ActualisĂ© le 31 janvier 2022 Ă  05:25
La cour d'assises de l'IsĂšre oĂč va se tenir le procĂšs de Nordahl Lelandais, le 7 janvier 2022 Ă  Grenoble

PrÚs de cinq ans aprÚs la mort de Maëlys, Nordahl Lelandais va devoir répondre de ses actes à partir de lundi à Grenoble pour un procÚs trÚs attendu, à hauteur de l'immense vague d'émotion qui avait saisi la France aprÚs la disparition de la fillette à la fin de l'été 2017.

La cour d'assises de l'IsÚre se prépare de longue date à ce procÚs qui s'annonce exceptionnel par sa médiatisation -quelque 250 journalistes y sont accrédités- mais aussi par sa durée, les débats étant prévus sur trois semaines, jusqu'au 18 février.

Sont prévus une salle supplémentaire pour suivre l'audience en retransmission, un dispositif de sécurité renforcé et une cellule de soutien psychologique pour les jurés.

L'objectif est que l'affaire MaĂ«lys soit jugĂ©e "comme toutes les autres, avec la mĂȘme sĂ©rĂ©nitĂ© et la mĂȘme dignitĂ© des dĂ©bats", assure Ă  l'AFP Pascale Vernay, premiĂšre prĂ©sidente de la cour d'appel de Grenoble.

L’énigmatique suspect Nordahl Lelandais, ancien maĂźtre-chien militaire de 38 ans, comparaĂźtra pour le meurtre prĂ©cĂ©dĂ© de l’enlĂšvement et de la sĂ©questration de MaĂ«lys De Araujo, 8 ans, en marge d'une soirĂ©e de mariage Ă  Pont-de-Beauvoisin (IsĂšre) le 27 aoĂ»t 2017, ainsi que pour des agressions sexuelles Ă  l'encontre de deux petites-cousines.

Déjà condamné en mai 2021 à 20 ans de réclusion pour le meurtre d'un jeune militaire, Arthur Noyer, Nordahl Lelandais n'a pas fait appel. Pour ce nouveau procÚs, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

La famille de Maëlys attend que la justice prenne "toute la mesure de la dangerosité de Nordahl Lelandais", affirme Me Fabien Rajon qui défend notamment la mÚre et la soeur de la fillette.

Jennifer De Araujo, mÚre de l'enfant, dépeint dans un livre-récit paru cette semaine chez Robert Laffont, "Maëlys", le "processus de dévastation" qui s'amorce cette nuit-là avec sa disparition, et "ce que le combat (lui) a appris".

- 6 mois de mystĂšre -

Cette nuit du 27 aoĂ»t, MaĂ«lys disparaĂźt lors d’un mariage Ă  la salle des fĂȘtes de Pont-de-Beauvoisin, commune de 3.500 habitants. Vers 3H00 du matin, sa mĂšre donne l'alerte et les invitĂ©s lancent les premiĂšres recherches. La gendarmerie, prĂ©venue une heure aprĂšs environ, dĂ©clenche un dispositif d'ampleur.

TrĂšs vite, un homme intrigue par son comportement. InvitĂ© de derniĂšre minute, Nordahl Lelandais a Ă©changĂ© avec la fillette pendant la soirĂ©e et s’est absentĂ© au moment de la disparition, plaçant son tĂ©lĂ©phone en mode "avion". Il reviendra Ă  la salle des fĂȘtes peu aprĂšs, sans participer aux recherches, avant de s'Ă©clipser.

Le 3 septembre, il est mis en examen aprĂšs la dĂ©couverte d'une trace ADN dans son vĂ©hicule, mais il faudra finalement attendre six mois pour qu'il avoue et conduise les enquĂȘteurs jusqu'au corps, abandonnĂ© dans un site escarpĂ© du massif de la Chartreuse. Il admet alors avoir tuĂ© la fillette "involontairement" en lui portant des coups trĂšs violents au visage.

- Zones d'ombre -

Le procÚs de Lelandais pour le meurtre d'Arthur Noyer n'avait pas permis de cerner complÚtement sa personnalité. En audience, il avait été décrit par des experts comme un homme fragile en recherche de contrÎle pour éviter un effondrement psychologique.

Face à ses amis qui l'imploraient à la barre de "se soulager de la vérité", il avait semblé vaciller mais n'était pas revenu sur sa version des faits.

Lelandais a expliquĂ© s’ĂȘtre "perdu" fin 2016 dĂ©but 2017, soit quelques mois avant les dĂ©cĂšs d'Arthur Noyer et MaĂ«lys De Araujo. A l’aumĂŽnier du centre pĂ©nitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (IsĂšre), oĂč il est incarcĂ©rĂ© Ă  l'isolement, il a confiĂ© avoir vĂ©cu "sans garde-fou" Ă  partir de cette Ă©poque.

Décrivant dans un livre sa premiÚre rencontre avec son client en septembre 2017, Me Alain Jakubowicz raconte un homme "paumé" que rien ne semblait intéresser "en dehors de sa passion pour les chiens et les motos" et dont la vie sociale se limitait "à la recherche de partenaires sexuelles sur les réseaux sociaux".

Les versions livrĂ©es par le suspect n'ont cessĂ© d'Ă©voluer durant les premiers mois de l’enquĂȘte. S'il a admis que la petite fille Ă©tait montĂ©e dans sa voiture, on ignore encore dans quelles conditions. Et les circonstances du dĂ©cĂšs de l'enfant restent entourĂ©es de mystĂšre.

"La question d'un Ă©ventuel mobile sexuel se posera vraisemblablement", mĂȘme si les poursuites pour viol ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©es pendant l'instruction faute d’élĂ©ment, note Me Rajon.

AFP

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