Politique américaine

Nouveau coup dur pour Trump, un deuxiĂšme lanceur d'alerte sort du bois

  • PubliĂ© le 6 octobre 2019 Ă  19:49
  • ActualisĂ© le 6 octobre 2019 Ă  22:50
Donald Trump Ă  la Maison Blanche le 4 octobre 2019

Un deuxiÚme lanceur d'alerte est sorti du silence pour livrer des informations sur l'affaire ukrainienne à l'origine d'une procédure de destitution contre Donald Trump, aggravant encore la crise sans précédent que traverse le président américain.

"Je peux confirmer les informations concernant un second lanceur d'alerte défendu par notre équipe juridique", a déclaré dimanche sur Twitter l'avocat Mark Zaid. Cet agent des services de renseignement reste anonyme et l'on ignore s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. Il ou elle a "également fait une déposition protégée par la loi et ne peut pas subir de représailles", a dit l'avocat. "Ce lanceur d'alerte a des informations de premiÚre main", a-t-il ajouté.

Le cabinet de M. Zaid dĂ©fend les intĂ©rĂȘts d'un premier membre des services de renseignement qui s'Ă©tait alarmĂ© d'une conversation tĂ©lĂ©phonique du 25 juillet entre Donald Trump et son homologue ukrainien. Il avait jugĂ© que dans cet appel, M. Trump avait "sollicitĂ© l'ingĂ©rence" de l'Ukraine dans la campagne pour sa réélection en 2020, en lui demandant d'enquĂȘter afin de rassembler des informations compromettantes sur un de ses rivaux, le dĂ©mocrate Joe Biden.

Un autre avocat de la firme de Mark Zaid a laissé entendre que le nombre de lanceurs d'alerte susceptibles de fournir des informations sur cette affaire ukrainienne pourrait encore augmenter. "Je peux confirmer que mon cabinet et mon équipe représentent plusieurs lanceurs d'alerte", a dit Andrew Bakaj.

Le deuxiĂšme lanceur d'alerte a Ă©tĂ© entendu par l'inspecteur gĂ©nĂ©ral des services de renseignement, Michael Atkinson, selon Mark Zaid, citĂ© par la chaĂźne ABC. Mais il n'a pas encore contactĂ© ou Ă©tĂ© contactĂ© par les commissions parlementaires menant l'enquĂȘte. Vendredi soir, le New York Times avait Ă©voquĂ© l'existence d'un deuxiĂšme agent disposĂ© Ă  parler mais qui hĂ©sitait encore.

Le prĂ©sident amĂ©ricain n'avait pas encore rĂ©agi aux annonces du cabinet d'avocats dimanche. Mais il a repris sa ligne de dĂ©fense en affirmant qu'il avait "l'obligation d'examiner toute corruption possible ou probable", pour justifier les demandes adressĂ©es Ă  l'Ukraine mais aussi Ă  la Chine pour qu'elles enquĂȘtent sur Joe Biden ou sur son fils Hunter qui a fait des affaires dans ces deux pays.

La veille, il avait accusé la presse et les démocrates de se fier aux informations "de seconde main" délivrées par le lanceur d'alerte.

- "Serrer les coudes" -

Le premier lanceur d'alerte avait reconnu qu'il n'était pas présent parmi les responsables qui écoutaient l'appel téléphonique entre les présidents américain et ukrainien. Mais il avait indiqué avoir échangé avec plus d'une demi-douzaine de responsables "trÚs troublés" par l'échange.

Fait notable, M. Trump n'avait aucune aucune activité prévue ce dimanche. Il devait rester à la Maison Blanche alors qu'il a l'habitude de se rendre le week-end sur l'un de ses parcours de golf prÚs de Washington. Le milliardaire républicain n'est que le quatriÚme président américain de l'histoire à subir une telle procédure de destitution. Dans un tweet, Donald Trump, qui a assuré à de nombreuses reprises que sa conversation avec Volodymyr Zelensky avait été "parfaite", a appelé les républicains à serrer les rangs pour le défendre.

Les dĂ©mocrates "sont peut-ĂȘtre nuls comme politiciens, avec des politiques vraiment mauvaises (...), mais ils se serrent les coudes", a-t-il lancĂ©. Pour l'instant, la plupart des tĂ©nors rĂ©publicains se gardent d'Ă©mettre des critiques. Parmi les exceptions, Mitt Romney, ex-candidat Ă  la prĂ©sidentielle en 2012 et sĂ©nateur de l'Utah, a jugĂ© "Ă©pouvantable" que le prĂ©sident ait appelĂ© des puissances Ă©trangĂšres Ă  enquĂȘter sur M. Biden. Ce qui lui a valu d'ĂȘtre traitĂ© de "crĂ©tin prĂ©tentieux" samedi par Donald Trump. Une autre sĂ©natrice rĂ©publicaine, Susan Collins, a Ă©galement pris ses distances avec le prĂ©sident.

Car si les dĂ©mocrates votent sa mise en accusation Ă  la Chambre des reprĂ©sentants, qu'ils contrĂŽlent, les rĂ©publicains sont en mesure de faire Ă©chouer la procĂ©dure de destitution au SĂ©nat, oĂč ils sont majoritaires.

Samedi, l'administration Trump a fustigĂ© le "harcĂšlement" des dĂ©mocrates Ă  son encontre, aprĂšs que l'opposition a sommĂ© la Maison Blanche de lui fournir des documents dans le cadre de l'enquĂȘte en vue d'une procĂ©dure de destitution.

Les démocrates, qui ont accusé le président américain d'"entrave" et d'"opérations de dissimulation" en refusant de collaborer avec leurs investigations, ont fait monter la pression sur l'exécutif en exigeant aussi du vice-président Mike Pence qu'il leur fournisse des documents.
En attendant, l'enquĂȘte a apportĂ© de nouvelles rĂ©vĂ©lations. Des SMS Ă©changĂ©s par des diplomates amĂ©ricains, trĂšs embarrassants pour M. Trump et rendus publics jeudi par le CongrĂšs, dĂ©montrent que l'administration amĂ©ricaine a bien insistĂ© auprĂšs de l'Ukraine pour qu'une enquĂȘte sur Joe Biden soit lancĂ©e.

AFP

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