Les sites de La Poste et de La Banque postale étaient de nouveau accessibles jeudi en fin d'aprÚs-midi, alors qu'une cyberattaque les avaient paralysés une grande partie de la journée, un nouvel incident quelque jours aprÚs une précédente attaque massive qui avait fortement perturbé le suivi des colis pendant la période de Noël.
D'aprÚs une page internet du groupe, ce nouvel incident, qui concernait de nombreux services en ligne liés à La Poste, comme le suivi des colis, le coffre-fort numérique Digiposte ou l'application de La Banque postale, a débuté jeudi vers 03H30 et s'est achevé vers 17H00.
Comme la semaine derniĂšre, le groupe a Ă©voquĂ© auprĂšs de l'AFP une attaque d'une "ampleur inĂ©dite". Il s'agissait d'une attaque par dĂ©ni de service: les pirates multiplient volontairement les requĂȘtes vers les serveurs d'un service pour les saturer, ce qui les rend inaccessibles aux utilisateurs lambda.
"Depuis ce (jeudi) matin, plusieurs milliards de tentatives de connexion par seconde sont dirigées vers les systÚmes d'information de La Poste", a ainsi indiqué le groupe.
C'est le mĂȘme modus operandi que la prĂ©cĂ©dente attaque qui avait fortement perturbĂ© l'accĂšs Ă plusieurs services de La Poste, dont le suivi de la livraison des colis, Ă partir du lundi 22 dĂ©cembre et pendant plusieurs jours.
Cette attaque avait été revendiquée par un groupe de hackers prorusses, NoName057(16), responsable de multiples opérations visant principalement l'Ukraine mais aussi ses alliés, dont la France.
AprĂšs une plainte de La Poste, une enquĂȘte a Ă©tĂ© ouverte par le parquet de Paris, confiĂ©e Ă la Direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure (DGSI) et Ă l'unitĂ© nationale cyber.
- Un groupe connu d'Europol -
Les attaques par déni de service, souvent désignées par leur acronyme en anglais DDoS, ne sont pas des intrusions dans les systÚmes d'information. Les pirates n'ont donc pas accÚs à des données sensibles. Elles ont pour unique conséquence de nuire au service attaqué.
Elles peuvent notamment faire appel à un réseau de machines piratées, qui multiplient la force de frappe et saturent les serveurs visés.
Cette prĂ©cĂ©dente attaque n'avait pas empĂȘchĂ© la distribution des colis et des courriers par La Poste, dont 2 millions pour la seule journĂ©e du 24 dĂ©cembre.
L'accÚs au site et à l'application de La Banque postale avait été rétabli plus rapidement que le suivi des colis.
Début décembre, l'autorité bancaire européenne avait mis en garde contre l'instabilité géopolitique qui créait pour les banques du continent des risques opérationnels, notamment les attaques par déni de service.
Dans une opĂ©ration qui avait impliquĂ© une douzaine de pays, les agences Europol et Eurojust avaient annoncĂ© en juillet qu'elles avaient arrĂȘtĂ© deux personnes, en France et en Espagne, liĂ©es au groupe de hackers NoName057(16).
Sept mandats d'arrĂȘt contre des suspects rĂ©sidant en Russie avaient Ă©galement Ă©tĂ© Ă©mis, avait prĂ©cisĂ© Europol.
Le groupe de hackers avait notamment visĂ© des infrastructures importantes en Europe, comme des fournisseurs d'Ă©lectricitĂ© et de transports publics.Â
AFP

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