Guerre

Nouvelles frappes russes en Ukraine, des raffineries touchées en Russie

  • Publié le 4 mai 2023 à 12:34
  • Actualisé le 4 mai 2023 à 13:35

La Russie a de nouveau frappé l'Ukraine avec des drones de fabrication iranienne jeudi, un jour après avoir accusé son voisin d'avoir lancé une attaque inédite aux drones sur le Kremlin.

Côté territoire russe, des drones ont frappé jeudi des raffineries de pétrole dans des zones proches de l'Ukraine, nouvel incident d'une série d'attaques et de sabotages à quelques jours des célébrations militaires du 9 mai, essentielles dans l'agenda du Kremlin.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est lui arrivé jeudi à La Haye aux Pays-Bas pour y rencontrer notamment les dirigeants de la Cour pénale internationale (CPI), après s'être rendu la veille en Finlande.

L'armée ukrainienne a annoncé dans la matinée avoir abattu la majorité de drones lancées par Moscou. "Les envahisseurs ont lancé 24 drones Shahed 136/131. L'armée de l'air ukrainienne, en coopération avec les autres unités de défense aérienne, a abattu 18 drones", a-t-elle affirmé sur Telegram.

Parmi les cibles visées par la Russie, la capitale Kiev, pour "la troisième fois en quatre jours", selon le chef des forces de défense antiaérienne de la ville, Serguiï Popko.

Tous les appareils volants ont été abattus, a-t-il précisé. Des éclats sont tombés dans les rues de trois quartiers de Kiev, endommageant plusieurs voitures mais sans faire de victimes, selon la même source.

D'autres villes d'Ukraine ont subi ces attaques jeudi, dont la ville portuaire d'Odessa dans le sud-ouest, visée par "15 drones" dont 12 "ont été abattus", selon le porte-parole de l'administration régionale, Serguiï Bratchouk. Parmi ces drones, "trois ont touché un dortoir", sans faire de victimes, a-t-il indiqué.

La veille, la ville de Kherson, près du front sud et qui a annoncé un couvre-feu de 58H à partir de vendredi soir, avait été la cible de bombardements "massifs", tuant 23 personnes et en blessant 46, selon un dernier bilan officiel publié jeudi.

- Attaques spectaculaires -

L'intensification des frappes russes en Ukraine ces derniers jours intervient au moment où Kiev dit achever ses préparatifs pour une grande offensive et alors que la Russie et la péninsule ukrainienne de Crimée annexée par Moscou sont touchées par une récente série d'attaques et de sabotages spectaculaires.

Mercredi, la Russie a affirmé avoir abattu deux drones ukrainiens qui visaient le Kremlin à Moscou, la plus spectaculaire attaque imputée à Kiev depuis le début de l'invasion russe. Le président Zelensky a démenti toute implication de ses forces.

Jeudi, des drones ont eux frappé deux raffineries de pétrole dans le sud-ouest de la Russie, près de l'Ukraine. Un premier feu, désormais éteint, s'est ainsi déclaré dans un réservoir d'une installation pétrolière à Ilsky, dans la région de Krasnodar, après une attaque menée par des drones, selon des services d'urgence cités par les agences TASS et Ria Novosti. "Il y avait quatre engins (drones)", dont l'un n'a pas explosé, a précisé à Ria un responsable des services de sécurité anonyme.

Environ une heure plus tard, Vassili Goloubiev, le gouverneur de la région de Rostov, frontalière de l'Ukraine, a lui annoncé qu'un drone s'était abattu sur une raffinerie locale près du village de Kisselevka, causant une explosion et un incendie qui a été "immédiatement" éteint par le personnel de l'usine.

"Pas de victimes, les dégâts portés aux installations sont insignifiants", a affirmé M. Goloubiev.

Le gouverneur de la région Voronej, également frontalière de l'Ukraine, a pour sa part indiqué sur Telegram que la défense anti-aérienne locale avait détruit un drone tôt dans la matinée, sans victimes ni dégâts à signaler.

Depuis près d'une semaine, une série d'attaques de drones et deux sabotages ferroviaires ont frappé des régions russes proches de l'Ukraine et de la Crimée annexée. Aucune d'elle n'a été revendiqué par Kiev.

Par ailleurs, M. Zelensky est arrivé jeudi à La Haye aux Pays-Bas pour notamment y échanger avec les dirigeants de la Cour pénale internationale (CPI), qui enquête sur des crimes de guerre présumés de l'armée russe en Ukraine et a émis mi-mars un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine.

AFP

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