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Peine de mort en 2015: les exécutions au plus haut depuis 1989, s'alarme Amnesty

  • PubliĂ© le 6 avril 2016 Ă  09:36
Manifestation à Paris le 28 janvier 2016 contre l'usage de la peine de mort par le président iranien Hassan Rohani, en visite en France

Les exécutions de condamnés à mort ont bondi de plus de 50% dans le monde l'année derniÚre, atteignant leur plus haut niveau depuis 1989, s'alarme mercredi l'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International.


Dans son rapport annuel sur la peine de mort, Amnesty chiffre Ă  "au moins 1.634" le nombre d'exĂ©cutions dans le monde en 2015, soit une hausse de 54% par rapport Ă  2014. Ces exĂ©cutions, recensĂ©es dans 25 pays, sont concentrĂ©es Ă  89% dans trois d'entre eux: l'Iran avec au moins 977 exĂ©cutions, le Pakistan avec 326 et l'Arabie saoudite avec au moins 158. Viennent ensuite les États-Unis (28).
Comme d'habitude, ces chiffres n'englobent pas la Chine oĂč ce type de statistiques est classĂ© secret d'État. Mais selon Amnesty, ce pays, oĂč "des milliers" de personnes seraient exĂ©cutĂ©es chaque annĂ©e, "reste le premier bourreau mondial".
"La hausse des exécutions que nous avons observée l'année derniÚre est profondément inquiétante. Le nombre des exécutions judiciaires en 2015 a été le plus élevé de ces 25 derniÚres années", a dénoncé Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International, dans un communiqué.
"L'Iran, le Pakistan et l'Arabie saoudite ont fait exécuter un nombre impressionnant de condamnés à mort, à l'issue bien souvent de procÚs d'une iniquité flagrante. Ce massacre doit cesser", a-t-il demandé.
Depuis l'accord historique sur le nucléaire conclu en juillet, l'Iran est engagé dans "d'intenses efforts diplomatiques" avec les grandes puissances occidentales mais "les droits de l'Homme ont été complétement laissés de cÎté", a dit à l'AFP James Lynch, directeur adjoint pour le Moyen-Orient et l'Afrique du nord chez Amnesty.
Au Pakistan, le moratoire sur la peine capitale en vigueur depuis 2008 a été levé suite à l'attaque perpétrée par des talibans dans une école de Peshawar en décembre 2014.
Quant à l'Arabie Saoudite, environ la moitié des personnes exécutées depuis le milieu des années 1980 sont des étrangers, a précisé James Lynch. "Ce sont généralement des travailleurs migrants (...) qui ne parlent pas l'arabe et ont encore moins de chance d'avoir un procÚs équitable."
- 102 pays abolitionnistes -
"Heureusement, les États qui procĂšdent Ă  des exĂ©cutions sont minoritaires et de plus en plus isolĂ©s. Les autres ont pour la plupart renoncĂ© Ă  la peine capitale et, en 2015, quatre nouveaux pays ont complĂštement retirĂ© ce chĂątiment barbare de leur lĂ©gislation", s'est toutefois rĂ©joui Salil Shetty.
L'annĂ©e derniĂšre, la RĂ©publique du Congo, les Ăźles Fidji, Madagascar et le Suriname ont aboli la peine capitale, si bien que le monde compte maintenant une majoritĂ© d'États abolitionnistes (102), relĂšve Amnesty. L'organisation comptabilise un total de 140 pays dans le monde abolitionnistes dans leur lĂ©gislation ou dans les faits, c'est-Ă -dire ceux qui n'ont pas procĂ©dĂ© Ă  des exĂ©cutions au cours des dix derniĂšres annĂ©es.
"Malgré l'augmentation choquante des exécutions en Iran, au Pakistan et en Arabie saoudite, la tendance mondiale sur le long terme est à l'abolition de la peine de mort", souligne Amnesty dans son rapport, rappelant que lorsque l'organisation a commencé à faire campagne contre la peine capitale, en 1977, seuls 16 pays l'avaient abolie.
Pour ce qui est des condamnations à mort en 2015, Amnesty en a recensé "au moins 1.998 dans 61 pays", soit beaucoup moins qu'en 2014 (au moins 2.466 dans 55 pays). "Mais cette diminution est en partie due aux difficultés rencontrées par Amnesty International pour confirmer les données dans plusieurs pays, dont l'Iran et l'Arabie saoudite", regrette l'organisation.
Ces condamnations sont par exemple prononcées pour meurtre, affaires de drogue, adultÚre, viol, apostasie, kidnapping, insultes au prophÚte de l'Islam ou encore pour des infractions liées au terrorisme, énumÚre l'organisation.
Selon Amnesty, au moins 20.292 personnes étaient dans le couloir de la mort à la fin de l'année derniÚre.

Par Fabienne FAUR - © 2016 AFP
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