Russie

Poutine appelle les Russes au patriotisme avant un scrutin sans opposants

  • PubliĂ© le 16 septembre 2021 Ă  13:33
  • ActualisĂ© le 16 septembre 2021 Ă  13:49
Le président russe Vladimir Poutine participe à une réunion par visioconférence de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), à sa résidence de Novo-Ogariovo, prÚs de Moscou le 16 septembre 2021

Vladimir Poutine a appelé jeudi ses concitoyens à faire preuve de "patriotisme" à quelques heures du début des élections législatives, un scrutin dont l'essentiel des détracteurs du Kremlin ont été bannis.

"Je compte sur votre sens citoyen de la responsabilité, de la pondération et du patriotisme, sur votre souci d'élire des députés qui travailleront pour le bien et au nom de notre Russie chérie", a déclaré le président russe dans une vidéo publiée sur le site du Kremlin dans la nuit.

Le président russe a lancé cet appel alors qu'il est à l'isolement, un foyer de dizaines de cas de Covid-19 ayant été identifié dans son entourage, illustration des difficultés de la Russie à enrayer l'épidémie, sur fond de campagne de vaccination poussive. Son court discours intervient à quelques heures du début d'un marathon électoral de trois jours, comprenant des législatives mais aussi des dizaines d'élections régionales et locales.

Le vote se dĂ©roulera du 17 au 19 septembre, afin de limiter le risque Ă©pidĂ©mique, et les premiers bureaux de vote ouvriront en ExtrĂȘme orient, Ă  20H00 GMT jeudi. Des rĂ©sultats sont attendus aprĂšs 18H00 GMT dimanche. L'essentiel de l'opposition anti-Poutine a Ă©tĂ© bannie du scrutin, apogĂ©e de mois de rĂ©pression entamĂ©s avec l'arrestation de sa figure de proue, AlexeĂŻ Navalny, alors qu'il rentrait en Russie en janvier aprĂšs un empoisonnement dont il accuse le Kremlin.

L'ensemble de son mouvement a depuis été interdit pour "extrémisme" et nombre de ses alliés de premier plan ont été contraints à l'exil, assignés à résidence ou interdits de candidatures.
Quelque 108 millions de Russes sont appelés aux urnes pour élire les 450 députés de la chambre basse du Parlement, la Douma. La moitié sont désignés au scrutin proportionnel de liste, l'autre au mode majoritaire uninominal.

- Vote intelligent -

L'opposant emprisonné a appelé ses sympathisants à voter "intelligent", en soutenant dans chaque circonscription le candidat le mieux placé pour mettre en difficulté celui du parti au pouvoir, Russie Unie, bien souvent des communistes. "Depuis 2003, soit depuis PRESQUE 20 ANS, aucun candidat indépendant n'a remporté une victoire aux élections à la Douma", a rappelé M. Navalny mercredi dans un message publié sur ses réseaux sociaux.

Impopulaire, sur fond de scandales de corruption et de baisse du niveau de vie, Russie Unie compte moins de 30% d'opinions favorables selon les sondages.
Mais la formation devrait nĂ©anmoins s'imposer lors des Ă©lections, faute de concurrence rĂ©elle, les autres partis reprĂ©sentĂ©s Ă  la Douma - communistes, nationalistes et centristes - prenant soin d'ĂȘtre d'accord sur l'essentiel avec le Kremlin.

M. Poutine, au pouvoir depuis plus de vingt ans et encore trÚs populaire, a aussi fait campagne pour sa formation à sa maniÚre, en annonçant notamment une aide financiÚre exceptionnelle pour 42 millions de retraités, un électorat clé, à quelques semaines du scrutin. Les autorités russes ont aussi multiplié les efforts pour limiter l'impact du "vote intelligent" de M. Navalny, qualifié "d'extrémiste" et d'illustrations des ingérences occidentales dans les élections russes.

- Géants américains ciblés -

Moscou accuse en particulier les géants américains de l'internet de s'immiscer dans les affaires russes en refusant de supprimer des contenus jugés illégaux. La diplomatie russe a signifié la semaine derniÚre sa colÚre à l'ambassadeur des Etats-Unis. "Les données que nous lui avons transmises sont assez graves", a dit mercredi encore le ministre russe des Affaires étrangÚres Sergueï Lavrov, dénonçant "le refus de toute une série de plateformes en ligne occidentales de supprimer des contenus interdits".

Des représentants d'Apple et Google ont en outre été convoqués jeudi devant une commission de la chambre haute du Parlement, le Conseil de la Fédération, alors que les compagnies américaines n'ont pas supprimé l'application "Navalny" de leurs plateformes. Twitter, Facebook ou encore Telegram ont été condamnés à maintes reprises ces derniers mois pour leur refus d'effacer des publications.

AFP

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