Premier tour des municipales, suspense maximum dans les grandes villes

  • PubliĂ© le 15 mars 2026 Ă  08:09
  • ActualisĂ© le 15 mars 2026 Ă  08:25
Vote pour le premier tour des élections municipales à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, le 15 mars 2026

Quelque 48,7 millions d'électeurs sont appelés à voter pour le premier tour des municipales: si une majorité des communes connaßtront leur maire dÚs dimanche, le scrutin s'annonce trÚs incertain dans les grandes villes et promet de vifs débats sur les alliances d'entre-deux-tours.

AprĂšs la Nouvelle-CalĂ©donie, la RĂ©union et Mayotte, les bureaux de vote ouvriront Ă  08H00 en mĂ©tropole et fermeront au plus tard Ă  20H00, heure Ă  laquelle pourront ĂȘtre publiĂ©s les premiers rĂ©sultats.

Le scrutin, dont le second tour se tiendra le 22 mars, vise à élire pour six ans les conseillers municipaux dans quelque 35.000 communes, ceux-ci étant ensuite amenés à désigner parmi eux leur futur maire.

Grande inconnue, la participation. Elle sera certes nettement plus forte qu'en 2020, oĂč la pandĂ©mie de Covid-19 avait massivement dissuadĂ© les Ă©lecteurs, notamment ĂągĂ©s. Mais sera-t-elle suffisante pour enrayer la lente Ă©rosion observĂ©e d'Ă©lection en Ă©lection (de 78,4% en 1983 Ă  63,6% en 2014), particuliĂšrement chez les jeunes et les habitants des quartiers populaires ?

Si les Français restent attachĂ©s aux maires, plus apprĂ©ciĂ©s que les Ă©lus nationaux, la mobilisation pourrait ĂȘtre pĂ©nalisĂ©e par une fin de campagne Ă©clipsĂ©e par la guerre au Moyen-Orient.

En outre, faute d'édile sortant macroniste, il sera difficile aux électeurs d'utiliser cette élection pour sanctionner l'exécutif, à la différence de 2008 sous Nicolas Sarkozy ou de 2014 sous François Hollande.

Selon les sondages, 75% d'entre eux voteront en fonction de la situation locale, dans ce scrutin moins polarisĂ© qu'au niveau national mĂȘme si certaines prioritĂ©s - lutte contre le narcotrafic, accĂšs aux soins ou au logement - sont identiques.

Le gouvernement a tout fait pour éviter une nationalisation du scrutin, avec des consignes de silence données aux ministres, sauf pour ceux qui sont candidats.

Avec une majorité de listes uniques (68% des communes), le choix sera quasi-inexistant pour les électeurs, qui n'auront aussi plus le droit d'ajouter ou de rayer les noms de candidats ("panachage"), un manque d'alternatives qui pourrait affaiblir la participation.

A l'inverse, la mobilisation pourrait ĂȘtre encouragĂ©e par l'incertitude dans les grandes villes oĂč peu de maires sont assurĂ©s d'ĂȘtre reconduits.

Dans ces agglomérations, sitÎt les résultats connus, une autre élection commencera, avec la question des alliances du second tour. Une liste ayant obtenu plus de 10% peut se maintenir et une ayant récolté plus de 5% peut fusionner avec une ayant dépassé les 10%. Des choix à effectuer avant mardi 18H00.

- Triangulaires, quadrangulaires, quinquangulaires -

A un an de la présidentielle, le débat sur ces alliances est vif à gauche au vu de l'inimitié de plus en plus forte entre socialistes et Insoumis.

Il est Ă©galement intense de l'autre cĂŽtĂ© de l'Ă©chiquier: l'extrĂȘme droite entend supplanter Ă  certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance lĂ  aussi en vue de 2027.

A Paris, les perspectives de victoire d'Emmanuel GrĂ©goire (PS) ou de Rachida Dati (LR) seront ainsi trĂšs diffĂ©rentes si Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (ReconquĂȘte) dĂ©passent ou non les 10% et dĂ©cident ou non de se maintenir.

La question se posera aussi Ă  Marseille pour le maire sortant de gauche BenoĂźt Payan et le candidat RN Franck Allisio donnĂ©s largement en tĂȘte devant Martine Vassal (LR) et l'Insoumis SĂ©bastien Delogu. Ou encore Ă  Toulouse oĂč le divers droite sortant Jean-

Luc Moudenc mise sur une triangulaire avec socialistes et Insoumis.

Grands vainqueurs de 2020, les Ecologistes sont sur la défensive à Strasbourg ou Bordeaux. Mais, à Lyon, le maire Grégory Doucet croit en une "remontada" face à l'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas, dont l'avance a fondu dans les sondages.

Encore peu implanté localement, le RN entend profiter de sa dynamique nationale pour gagner des villes petites et moyennes dans le sud-est et le nord, et ajouter Toulon voire Marseille à Perpignan pour celles de plus de 100.000 habitants.

Quant aux Insoumis, ils espÚrent ravir Roubaix (Nord) et créer la surprise dans certaines villes franciliennes.

A défaut de mesurer véritablement les rapports de force pour la présidentielle, le scrutin pourrait en impacter l'offre: Edouard Philippe a fait de sa réélection au Havre un prérequis à sa candidature et une défaite à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) sonnerait le glas pour le communiste Fabien Roussel.

AFP

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1 Commentaires
Erika 1er tour
Erika 1er tour
3 heures

1er tour
Ou second avec 70 %

Stop aux parti raciste : lépabon