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Premier vaccin expérimental 100% efficace contre la dengue

  • PubliĂ© le 16 mars 2016 Ă  23:21
Des moustiques Aedes aegypti dans un laboratoire de Fort-de-France

Des chercheurs américains ont produit le premier vaccin expérimental pouvant protéger totalement des humains contre la dengue, une maladie virale transmise à l'homme par des moustiques.


Les rĂ©sultats de ce petit essai clinique menĂ© avec 41 volontaires en bonne santĂ©, dont 21 ont reçu une seule dose de ce vaccin et les autres un placebo, sont trĂšs prometteurs pour empĂȘcher une infection par ce virus de la mĂȘme famille que celui du Zika, Ă©galement transmis par une piqure de moustique.
L'avancĂ©e de ces scientifiques des Instituts nationaux amĂ©ricains de la santĂ© est publiĂ©e mercredi dans la revue mĂ©dicale amĂ©ricaine Science Translational Medicine. Elle paraĂźt ĂȘtre le dernier maillon manquant dans le dĂ©veloppement d'un vaccin entiĂšrement efficace contre la dengue qui infecte chaque annĂ©e prĂšs de 400 millions de personnes dans plus de 120 pays.
"Sachant ce que nous savons sur ce nouveau vaccin, nous sommes confiants qu'il va bien fonctionner", a souligné la Dr Anna Durbin, professeur adjointe de santé publique à l'université Johns Hopkins (Maryland), qui a dirigé cette étude.
L'incidence de la dengue progresse actuellement de maniÚre importante ce qui la place aujourd'hui aux rangs des maladies dites "ré-émergentes", selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Alors que dans la plupart des cas, les personnes contractant cette infection survivent avec peu ou aucun symptÎme, plus de deux millions annuellement développent une fiÚvre hémorragique, une complication grave qui fait plus de 25.000 morts par an.
- Quatre souches différentes -
La dengue peut provoquer une forte fiĂšvre avec des maux de tĂȘte, des Ă©ruptions cutanĂ©es et des douleurs derriĂšre les yeux, dans les articulations et les muscles.
On estime que 2,5 milliards de personnes vivent dans des zones Ă  risque. Initialement prĂ©sente dans les zones tropicales et subtropicales, la dengue touche dĂ©sormais l'Europe oĂč les premiers cas autochtones ont Ă©tĂ© recensĂ©s en 2010.
La mise au point de ce vaccin avec un virus affaibli qui est efficace contre la dengue, s'est avérée particuliÚrement ardue étant donné qu'il y a quatre différentes souches de cet agent viral en circulation, expliquent ces scientifiques.
Un vaccin à trois doses, le Dengvaxia avait été autorisé au Mexique, aux Philippines et au Brésil et produisait des anticorps contre le virus dans un essai clinique, conférant une protection pendant la premiÚre année aprÚs la vaccination.
Mais deux ans aprÚs, des enfants de moins de neuf ans qui avaient été vaccinés se sont retrouvés à l'hÎpital avec la dengue en nettement plus grand nombre que ceux qui avaient reçu un placebo.
Ces chercheurs ont alors déterminé que la présence d'anticorps n'était pas une indication suffisante pour savoir si le vaccin protégeait efficacement contre les quatre souches du virus.
Les scientifiques savaient aussi qu'une personne ayant déjà eu la dengue a des symptÎmes plus sévÚres si elle est de nouveau infectée par une souche différente de la premiÚre.
Les chercheurs ont alors produit ce nouveau vaccin le TV003, déjà efficace contre les virus un, trois et quatre de la dengue mais qui peut aussi produire un forte réaction immunitaire contre le virus deux, le plus virulent.
- Vers un vaccin contre le Zika -
Ce petit essai clinique a montré que le vaccin pouvait protéger totalement les volontaires jamais infectés précédemment et qui ont été exposés au virus deux de la dengue six mois aprÚs la vaccination.
Aucun des 21 participants vaccinés n'avait de trace du virus dans le sang ou a développé des symptÎmes.
En revanche tous ceux traités avec un placebo ont été infectés et 80% ont eu des symptÎmes.
L'équipe de chercheurs va commencer un essai clinique étendue de phase 3 fin mars au Bangladesh pour démontrer l'efficacité du vaccin à grande échelle. Un autre essai de ce type est déjà en cours au Brésil.
La professeur Durbin a souligné que les méthodes utilisées dans cette étude pour développer ce vaccin anti-dengue pourraient servir à mettre au point un vaccin expérimental contre le Zika dans les prochains mois.
Le Zika, qui peut aussi se transmettre sexuellement, fait actuellement rage en Amérique latine et dans les Caraïbes et est fortement soupçonné de provoquer des microcéphalies, une malformation irréversible caractérisée par une taille anormalement petite du crùne et du cerveau des nouveau-nés.

Par Jean-Louis SANTINI - © 2016 AFP
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