Campagne présidentielle

Primaire populaire: Taubira ou la confusion ?

  • PubliĂ© le 30 janvier 2022 Ă  07:23
  • ActualisĂ© le 30 janvier 2022 Ă  11:47
Christiane Taubira, candidate à l'élection présidentielle française, en meeting à Bordeaux le 27 janvier 2022

La gauche est suspendue dimanche au verdict de la Primaire populaire. Si Christiane Taubira est donnée favorite, une surprise n'est pas à exclure, y compris la victoire d'un candidat refusant de reconnaßtre le résultat, au risque d'ajouter encore à la confusion. (Photo : AFP)

Les quelque 467.000 inscrits, qui ont commencĂ© Ă  voter en ligne depuis jeudi, ont jusqu'Ă  17h00 pour se prononcer. Le rĂ©sultat devrait ĂȘtre connu Ă  partir de 19h00.

A la base, la Primaire populaire avait un objectif simple: désigner un champion capable de réunir toute la gauche pour porter le fer à la présidentielle et pousser la porte du deuxiÚme tour. Pour cela, cette initiative citoyenne a fini par sélectionner sept candidats, issus des différentes sensibilités de gauche: écologiste, socialiste et insoumise. Limpide.

Sauf que trois des sept candidats et pas des moindres - Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Jean-Luc MĂ©lenchon - ont demandĂ©, en vain, Ă  ne pas ĂȘtre mĂȘlĂ© Ă  cette affaire et refusent quoi qu'il en soit de se plier au rĂ©sultat du vote.

"Pour moi, la page de la primaire populaire est tournée depuis un moment", a répété M. Jadot samedi. Le chiffre de 467.000 inscrits à la Primaire populaire a pourtant été salué comme un vrai succÚs populaire, au regard des 22.000 militants de l'investiture socialiste, des 122.000 participants à la primaire écologiste, des prÚs de 140.000 du congrÚs des Républicains, et des 272.000 parrainages militants de Jean-Luc Mélenchon.

Le signe aussi, selon ses promoteurs, que l'heure n'est plus aux grands partis, mais aux citoyens prĂȘts Ă  se rĂ©approprier la politique et ressusciter une famille de gauche aussi divisĂ©e qu'affaiblie, qui pĂšse Ă  peine un quart des intentions de vote.

Mais que se passera-t-il si dimanche l'un des trois "malgrĂ© nous" est dĂ©signĂ© vainqueur ? Un cas de figure qui n'est pas Ă  Ă©carter car les partis n'ont pas interdit Ă  leurs militants d'y participer. Au contraire, plusieurs fĂ©dĂ©rations socialistes ont mĂȘme appelĂ© Ă  voter et la numĂ©ro 2 du PS, Corinne Narassiguin, a indiquĂ© qu'elle allait le faire.

Le mode de scrutin pourrait également réserver son lot de surprises. Les votants doivent classer les candidats avec les mentions suivantes: "TrÚs bien", "Bien", "Assez bien", "Passable", "Insuffisant(e)". Et le candidat qui obtient la meilleure médiane remporte l'élection.

- "Elle se ralliera Ă  elle-mĂȘme" -

Pour bénéficier du soutien de la Primaire populaire, le vainqueur devra encore ensuite signer un "contrat de rassemblement" et "inclure l'esprit du socle commun programmatique dans son programme".

Un prérequis qui paraßt totalement illusoire pour les candidats réfractaires. M. Mélenchon décrit la Primaire populaire comme "une farce", M. Jadot comme une "machine à perdre", et Mme Hidalgo comme "une démarche qui ne crée aucune obligation".

DÚs lors, le scénario le plus "confortable" reste une victoire de Christiane Taubira face aux trois autres candidats moins connus, le député européen Pierre Larrouturou et deux personnes de la société civile, Charlotte Marchandise et Anna Agueb-Porterie.

A l'inverse de ses trois principaux concurrents, l'ex-Garde des Sceaux a promis de respecter à la fois résultat et modalités pour la suite.
"Je vais rejoindre la personne qui aura été désignée. A charge pour elle évidemment de créer les conditions de l'union", a-t-elle répété vendredi sur BFMTV.

Mais si le vainqueur ne reconnaĂźt pas le processus ? Alors "on n'est pas dans le mĂȘme cas de figure, mais nous verrons tranquillement dimanche", a-t-elle ajoutĂ©, refusant de dire clairement si elle se retirait, ou non, en cas de dĂ©faite.

Pour Anne Hidalgo, qui estime que le scĂ©nario d'une victoire de Mme Taubira est "un peu Ă©crit d'avance", "il n'y en a qu'une qui reconnaĂźt le processus, c'est elle, et donc elle se ralliera Ă  elle-mĂȘme".

Et au final, ajoute la maire de Paris, l'ex-ministre de la Justice ne sera donc qu'"une candidate de plus" Ă  gauche, oĂč il faut Ă©galement compter sur le communiste Fabien Roussel, non sĂ©lectionnĂ© pour la Primaire populaire.

AFP

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1 Commentaires
La fin des haricots
La fin des haricots
4 ans

En constatant la montée des droites en France, je rejoins le Monsieur qui avait dit que la Gauche avait tout détruit : les valeurs morales, les finances, les moeurs, l'éducation, les logements, ... à vouloir tout comprendre et en prÎnant la totale liberté de l'individu. Tout en s'enrichissant sur le dos du peuple. Restent aujourd'hui quelques naïfs pour croire encore en ces belles paroles d'humanisme, de fraternité, de grandeur de la France etc... Tant mieux pour eux.