Un troisiÚme prévenu relaxé

Prison ferme pour deux agresseurs du petit-neveu de Brigitte Macron

  • PubliĂ© le 5 juin 2023 Ă  21:48
  • ActualisĂ© le 6 juin 2023 Ă  05:07
La chocolaterie Trogneux, Ă  Amiens, le 16 mai 2023

Deux hommes jugés à Amiens pour l'agression du petit-neveu de Brigitte Macron aprÚs une manifestation contre la réforme des retraites ont été condamnés à 12 et 15 mois de prison ferme, à l'issue d'un procÚs mettant en évidence leur grande précarité. Un troisiÚme prévenu a été relaxé par le tribunal correctionnel d'Amiens "au bénéfice du doute".

Tous jurent qu'ils ne connaissaient pas la victime: Jean-Baptiste Trogneux, gĂ©rant de la cĂ©lĂšbre chocolaterie du mĂȘme nom, attaquĂ© le 15 mai devant sa boutique, ce qui lui vaudra quatre jours d'incapacitĂ© totale de travail (ITT). A la barre, un voisin rĂ©sume la scĂšne: "J'ai vu un individu se faire massacrer."

Tout débute, selon le récit du président, par un "groupe de personnes", qui place "des conteneurs poubelles" devant le magasin, en plein centre-ville d'Amiens.

"Craignant que sa vitrine vole en éclats", Jean-Baptiste Trogneux "tente" alors "de repousser les personnes". Mais il est "pris à partie" notamment "par un individu qui lui assÚne plusieurs coups de poing".

Parmi les prévenus, un seul, Florian Careel, reconnaßt "une claque" à M. Trogneux. Mais parce qu'il avait "poussé un pote", se défend le jeune homme depuis le box, entre deux haussements d'épaules dans son large sweat gris.

"Pourquoi vous portez ce coup ?", insiste le président. "Il voulait bouger les poubelles qui étaient devant son magasin", répond-il, laconiquement. "C'est un peu normal, non ?". Silence.

Cet homme de 20 ans est condamné à 24 mois dont 12 mois de sursis, avec maintien en détention.

- "Je n'ai pas réfléchi" -

Le président poursuit avec le deuxiÚme suspect: Yoan Leroy, 34 ans, un homme sous curatelle renforcée, qui se défend de toute violence à l'encontre de la victime, en dépit des témoignages.

Il s'explique: "j'ai mis deux poubelles à roulettes devant la porte des Trogneux, je n'ai pas réfléchi, j'ai accompagné les copains."

"Mais vous ĂȘtes mis en cause pour avoir portĂ© plusieurs coups de poing", poursuit le prĂ©sident. "J'ai tentĂ©, mais je n'ai pas rĂ©ussi", rĂ©pond cet homme dĂ©jĂ  condamnĂ© pour violence conjugale et menace de mort. Il reconnaĂźt finalement l'avoir "touchĂ©" avec son "thorax".

Et "vous avez dit +heureusement que je l'ai loupĂ© sinon il serait mort+", lui rappelle le prĂ©sident. "Façon de parler". "Vous considĂ©rez que vous ĂȘtes violent ?", questionne encore le prĂ©sident. "Quand je peux oui", dit-il sans sourciller.

Il reçoit la peine la plus lourde: 30 mois d'emprisonnement dont 15 mois avec sursis et maintien en détention.

Le troisiÚme prévenu, 22 ans, se présente lui comme un journaliste indépendant sur Tik Tok. Il portait un brassard "presse" le soir des faits. Déjà condamné pour des violences, il ne sait ni lire, ni écrire, et fond en larmes dans ses explications. "Je ne l'ai pas touché", répÚte-t-il. Il est relaxé.

- "Des lĂąches" -

Pointant une agression "gratuite, violente et grave", le procureur avait requis des peines de prison pour chacun des trois prévenus, et jusqu'à trois ans et demi de prison ferme contre Yoan Leroy, qui apparaßt comme le principal protagoniste du dossier.

"Ce que je crains, c'est qu'on se retrouve dans quelques annĂ©es devant une cour d'assises parce qu'on n'aura pas pu les empĂȘcher de causer des faits plus graves", a affirmĂ© le procureur Jean-Philippe Vicentini dans son rĂ©quisitoire.

"Le mobile est odieux dans ce dossier, l'ambiance était vindicative vis-à-vis du président de la République, on a vu un moyen de passer ses nerfs sur l'établissement et Jean-Baptiste Trogneux", a-t-il encore estimé.

Face à des prévenus aux parcours de vie difficiles, il balaie: "On est responsable de son destin."

Quatre autres personnes interpellĂ©es dans ce dossier ont Ă©tĂ© relĂąchĂ©es aprĂšs leur garde Ă  vue. Une adolescente de 16 ans, Ă©galement poursuivie, doit ĂȘtre jugĂ©e ultĂ©rieurement par un juge des enfants.

DÚs la révélation des faits, des voix à gauche comme à droite s'étaient alarmées de la violence du débat politique, Emmanuel Macron dénonçant "des actes insupportables et inqualifiables". Brigitte Macron s'indignant de "la lùcheté" des auteurs.

AFP

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