Le Gouvernement a démissionné

Remaniement : Gabriel Attal le mieux placé pour remplacer Elisabeth Borne

  • Publié le 8 janvier 2024 à 21:40
  • Actualisé le 8 janvier 2024 à 21:52

Elisabeth Borne s'est entretenue lundi après-midi à l'Elysée avec Emmanuel Macron, alors qu'un remaniement gouvernemental semble imminent et que le ministre de l'Education Gabriel Attal paraît le mieux placé pour lui succéder à Matignon, selon des sources proches de l'exécutif.

La voiture de Mme Borne a franchi la grille d'honneur peu avant 18h (heure de La Réunion) et la Première ministre en est descendue seule, un dossier sous le bras, puis s'est engouffrée dans le Palais. L'entretien a duré un peu moins d'une heure, et la cheffe du gouvernement a regagné Matignon, présentant un sourire crispé.

Les conseillers du chef de l'Etat n'ont pas précisé le motif de ce rendez-vous, alors qu'ils avaient immédiatement expliqué, dimanche soir, qu'une précédente rencontre avec le président visait à évoquer des "dossiers importants" comme la vague de froid ou les inondations.

Le sort d'Elisabeth Borne était en suspens ces derniers jours, beaucoup de proches d'Emmanuel Macron misant sur un vaste chamboule-tout gouvernemental avec son propre départ.

Le nom du jeune ministre de l'Education nationale Gabriel Attal, 34 ans, est remonté lundi dans les pronostics de la macronie pour lui succéder à Matignon. Il devrait être chargé de former le prochain gouvernement, a indiqué un proche de l'exécutif.

Jusque-là, tous décrivaient une course à deux: Julien Denormandie, 43 ans, marcheur de la première heure et quasiment ombre portée du chef de l'Etat depuis dix ans; et Sébastien Lecornu, 37 ans, actuel ministre des Armées issu de la droite, qui s'est au fil des années taillé une place dans le cercle des conseillers politiques du président.

Si cette nomination de Gabriel Attal se confirmait, il s'agirait d'un profil plus politique, un chef de la majorité capable de livrer bataille en vue des élections européennes de juin.

L'entourage présidentiel avait fait savoir qu'Emmanuel Macron était déterminé à agir rapidement, après un week-end à phosphorer: "Il rêverait de faire cela lundi", avait ainsi affirmé l'un de ses fidèles, avec toutes les réserves d'usage liées à la complexité des équations.

Emmanuel Macron devait enchaîner lundi après-midi avec ses traditionnels voeux au Conseil constitutionnel puis aux autorités religieuses, à huis clos. Elisabeth Borne n'y était pas présente.

Déjà donnée partante l'été dernier, le Première ministre a pour atout sa résilience après avoir fait passer deux lois difficiles (retraites, immigration) et surmonté près d'une trentaine de motions de censure à l'Assemblée.

Le choix de son successeur, est loin d'être neutre pour maintenir l'équilibre précaire du camp présidentiel, mis à mal dernièrement par les divisions sur loi immigration.

Si le patron des députés Renaissance, Sylvain Maillard, a assuré sur LCI que ses troupes "travailleront en toute loyauté" avec le prochain Premier ministre, d'autres redoutent un coup de barre à droite.

- "Rendez-vous" -

Comme la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, attachée au "dépassement" des clivages traditionnel, promesse du macronisme initial, qui a estimé sur franceinfo que "sortir l'aile gauche de la majorité, ce serait faire le jeu des oppositions".

Allié de poids du chef de l'Etat, le patron du MoDem François Bayrou avait montré des réticences à une nomination de Sébastien Lecornu selon lui en contradiction avec cette idée d'un dépassement du clivage droite-gauche.

A cet égard, une nomination de Gabriel Attal, également macroniste de la première heure, offrirait des garanties aux tenant de l'aile gauche de la majorité.

Emmanuel Macron compte inscrire ces mouvements dans une séquence plus large, ouverte depuis ses voeux du 31 décembre, qui doit se prolonger par un énigmatique "rendez-vous avec la nation" courant janvier.

Avec un fil conducteur, à l'heure où ce deuxième quinquennat Macron se cherche encore un récit: "le réarmement", affirme un proche. A savoir le "réarmement civique", notamment grâce à l'école, "le réarmement industriel", ou encore le "réarmement européen" à l'approche d'élections pour lesquelles le camp présidentiel est largement distancé dans les sondages par le Rassemblement national.

Pour cela, le même évoque un "remaniement de réarmement" avec "beaucoup de sortants". Plusieurs membres de la garde rapprochée du chef de l'Etat, dont François Bayrou, appellent à en profiter pour resserrer un gouvernement qui compte aujourd'hui 39 membres.

Cette volonté de "réarmement" se retrouve dans les décisions prises lors de l'éphémère passage de Gabriel Attal au ministère de l'Education, comme l'interdiction de l'abaya dans les écoles et les mesures pour rehausser le niveau des élèves. Il ne sera resté que cinq mois dans ce ministère, désormais présenté comme la priorité d'Emmanuel Macron.

AFP

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1 Commentaires
Ded
Ded
1 mois

"remaniement de réarmement" dit notre chef de guerre qui s'y croit!!!
Dangereux le zozo qui a montré ses capacités avec l'Afrique subsaharienne ! Et qui croit que le monde entier l'admire , non pour ses capacités ( à "baiser" les Français mais uniquement sur sa "bonne bouille d'homme d'affaires" Si Attal devient premier ministre ( c'est la course à l'échalotte des énarques , qui va battre Fabius?) , une fois de plus l'Education nationale va changer de chefaillon ( en fait ce sont les amis énarques du ministères qui décident , d'où les conneries à répétitions , juste pour couler le navire)
Ils pensent tous qu'il y a trop d'élèves , alors qu'ils veulent juste des manœuvres analphabètes et obéissants pour complaire à leurs amis du MEDEF!