Etats-Unis

Sale temps pour Donald Trump

  • PubliĂ© le 22 juin 2020 Ă  21:02
  • ActualisĂ© le 23 juin 2020 Ă  05:11
Donald Trump descend de Air Force One, à son arrivée à Tulsa, le 20 juin 2020

AprÚs le fiasco de son meeting de Tulsa, Donald Trump est dans l'obligation de réagir s'il veut retrouver l'élan victorieux de 2016 et briser l'image d'un président déconnecté des crises qui secouent l'Amérique.

Au-delà d'une foule trÚs en-deçà de ses attentes, son déplacement de samedi dans l'Oklahoma a laissé l'impression d'un showman un peu fatigué tentant à tout prix - parfois maladroitement - de retrouver les recettes d'il y a quatre ans.

Sa mine renfrognée à sa descente de l'hélicoptÚre le ramenant à la Maison Blanche au milieu de la nuit, cravate défaite, résumait mieux que tout une rude réalité: à 133 jours de l'élection, le milliardaire républicain traverse une trÚs mauvaise passe. Et si l'on en juge par l'un des ses premiers tweets lundi matin, écrit en lettres capitales, sa sortie de golf dimanche n'a permis de dissiper ni sa colÚre ni sa frustration.

Reprenant sa virulente dénonciation du vote par correspondance, qui aura une place particuliÚre cette année en raison du Covid-19, il a évoqué, sans le moindre élément tangible à l'appui, une élection "truquée", parlant de "millions de bulletins imprimés par des pays étrangers".

Certes, celui qui a créé le 8 novembre 2016 la plus grande surprise de l'histoire politique moderne n'a pas dit son dernier mot. Il a démontré, tout au long de son mandat, qu'il était doté d'une capacité de rebond peu commune.

Mais les sondages défavorables s'accumulent et, semaine aprÚs semaine, son horizon électoral s'obscurcit. Confronté à deux crises d'une ampleur inédite depuis son arrivée au pouvoir - la pandémie du coronavirus et les manifestations contre le racisme qui mine la société américaine - le président septuagénaire s'est souvent montré distant. Incapable de sentir les doutes, les peurs ou les aspirations de son pays, selon ses détracteurs.

Le Covid-19, qui a fait prÚs de 120.000 morts aux Etats-Unis, inquiÚte ses concitoyens, en particulier les plus ùgés? Il organise un meeting au mépris des recommandation des autorités sanitaires.

En guise de lignes directrices pour les mois à venir chargés d'incertitudes, il plaisante sur le fait qu'il a demandé de ralentir les tests afin de faire baisser le nombre de cas identifiés.

Dans un AmĂ©rique traversĂ©e de secousses, il a, sur un discours de 1 heure et 43 minutes, passĂ© plus de 14 minutes Ă  rejouer une cĂ©rĂ©monie Ă  l'acadĂ©mie militaire de West Point oĂč il Ă©tait apparu fĂ©brile. Mimant son parcours sur la rampe d'accĂšs, Ă©voquant ses semelles en cuir glissantes ou encore sa volontĂ© de ne pas se retrouver "sur le cul".

Il a certes profitĂ© de l'occasion pour dĂ©cocher quelques flĂšches Ă  son adversaire dĂ©mocrate Joe Biden, accusĂ© d'ĂȘtre une "marionnette" manipulĂ©e Ă  la fois par la gauche radicale et par la Chine. Mais face Ă  cet adversaire plutĂŽt discret, qui se dĂ©place peu et s'exprime peu, il peine pour l'heure Ă  trouver l'angle d'attaque.

- "Président d'un mandat"?

Son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, continue lui sa tournée des plateaux de télévision, avant la sortie de son livre prévue mardi. Et dresse, au fil des interviews, le portrait d'un président inapte à diriger la premiÚre puissance mondiale.

Dans un entretien diffusé dimanche soir sur ABC News, il a estimé que Donald Trump représentait "un danger pour la république" et dit espérer qu'il soit le "président d'un mandat". "Mon inquiétude est qu'une fois l'élection passée, et s'il l'emporte, il n'y aura plus aucune contrainte politique", a-t-il expliqué. "Personne ne peut dire ce qui se passerait dans un deuxiÚme mandat", a-t-il ajouté en guise de mise en garde.

Pour l'heure, Washington bruisse d'éventuels changements au sein de son équipe et spécule sur le devenir de Brad Parscale, son directeur de campagne. Aucune refonte de l'organigramme n'a été annoncée à ce jour.

Sa porte-parole, Kayleigh McEnany, qui a promis lors de sa prise de fonction début mai de ne jamais mentir aux journalistes, a elle assuré lundi matin que Donald Trump avait trÚs bien vécu son meeting dans l'Oklahoma, en dépit des innombrables rangées de siÚges vides. "Le président n'était pas du tout en colÚre, le président était enthousiaste. J'étais avec lui aprÚs le meeting, ce fut un énorme succÚs".

AFP

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