Covid-19

Sanofi et GSK promettent 60 millions de vaccins au Royaume-Uni

  • PubliĂ© le 29 juillet 2020 Ă  20:13
  • ActualisĂ© le 29 juillet 2020 Ă  20:23
Un laborantin du groupe pharmaceutique français Sanofi à Val de Reuil, prÚs de Paris, le 10 juillet 2020.

Les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont promis de fournir au gouvernement britannique 60 millions de doses de leur vaccin contre le Covid-19, sur fond de compétition planétaire pour mettre la main sur les précieuses doses.

Cet accord est conclu "sous réserve de la signature d'un contrat définitif", précisent Sanofi et GSK dans un communiqué.

Les deux groupes, qui assurent que leur vaccin pourrait ĂȘtre autorisĂ© dĂšs le premier semestre de 2021, prĂ©cisent dans un communiquĂ© que "des discussions actives sont en cours avec la Commission europĂ©enne, avec la France et l?Italie dans l?Ă©quipe de nĂ©gociation, et d'autres gouvernements pour garantir l'accĂšs mondial" Ă  leur produit.

"Il n'y a aucune garantie" de trouver un jour un vaccin contre le nouveau coronavirus, a relevé le ministre britannique des Entreprises Alok Sharma, cité dans le communiqué. "Cela étant, il est important que nous obtenions un accÚs rapide à un large éventail de candidats vaccins prometteurs."

Il s'agit pour le Royaume-Uni du quatriÚme accord de ce type, aprÚs ceux avec AstraZeneca, Valneva et celui avec BioNTech/Pfizer. Le pays a ainsi sécurisé au total 250 millions de doses.

Pour Kate Bingham, prĂ©sidente du groupe de travail sur les vaccins du gouvernement britannique, Ă©galement citĂ©e dans le communiquĂ©, "cette diversitĂ© est importante parce que nous ne savons pas encore lequel, le cas Ă©chĂ©ant, se rĂ©vĂ©lera gĂ©nĂ©rer une rĂ©ponse sĂ»re et protectrice". Selon elle toutefois, "nous n'obtiendrons peut-ĂȘtre jamais de vaccin et si nous en trouvons un, nous devons ĂȘtre prĂ©parĂ©s Ă  ce que ce ne soit pas un vaccin qui empĂȘche d'attraper le virus, mais plutĂŽt un vaccin qui rĂ©duit les symptĂŽmes."

Sanofi et GSK prévoient de "débuter une étude de phase 1/2 en septembre, suivie d'une étude de phase 3 d'ici à la fin de 2020" pour leur candidat-vaccin.

- Accords économiques, crispations politiques -

Ailleurs dans le monde, d'autres candidats vaccins sont Ă  des stades plus avancĂ©s, mais seules quatre formules sont en "phase 3", oĂč l'efficacitĂ© est mesurĂ©e Ă  grande Ă©chelle.

Alors que la pandĂ©mie est bien loin d'ĂȘtre sous contrĂŽle, les gouvernements du monde entier se sont lancĂ©s dans une course effrĂ©nĂ©e pour garantir des stocks de vaccins, avec des enjeux financiers Ă©normes et nombre de crispations politiques autour des accords conclus un peu partout entre gouvernements et laboratoires.

Sanofi avait par exemple fait polémique en évoquant dÚs mai la perspective de réserver aux Etats-Unis la primeur d'un éventuel vaccin contre le Covid-19.

Le groupe a depuis indiquĂ© prĂ©parer un accord pour fournir 300 millions de doses Ă  l'Union europĂ©enne, lequel pourrait ĂȘtre finalisĂ© dans les prochains jours, selon le laboratoire.

Par ces accords, les entreprises pharmaceutiques, qui investissent notamment pour préparer leur outil de production sans savoir si le vaccin se matérialisera jamais, limitent le risque financier que l'opération comporte. En échange, les pays contributeurs s'assurent un approvisionnement.

Le gouvernement américain a ainsi passé récemment une commande initiale de "100 millions de doses pour 1,95 milliard de dollars et pourrait acquérir jusqu'à 500 millions de doses supplémentaires" du produit mis au point par la biotech allemande Biontech et le laboratoire américain Pfizer.

Sanofi a annoncé en parallÚle mercredi un bond de son bénéfice net au deuxiÚme trimestre, un gain dû principalement à la vente d'une partie de ses actions du groupe américain Regeneron, une cession annoncée fin mai.

Son bĂ©nĂ©fice net trimestriel a atteint 7,6 milliards d'euros, contre une perte de 87 millions sur la mĂȘme pĂ©riode l'an passĂ©. Le "bĂ©nĂ©fice net par activitĂ©s", qui exclut certains Ă©lĂ©ments exceptionnels comme la vente des actions Regeneron, et sert d'Ă©talon interne au groupe, affiche une hausse de 3,6% (+5,6% Ă  taux de change constants) Ă  1,6 milliard d'euros.

AFP

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