Les présidents russe Vladimir Poutine et iranien Massoud Pezeshkian doivent s'entretenir mardi en marge d'un sommet au Kirghizstan du bloc régional de l'organisation de Shanghai censé faire contrepoids à l'influence occidentale, à l'heure où les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis.
Au total, 17 chefs d'Etat et de gouvernements sont à Bichkek, capitale de ce pays montagneux d'Asie centrale, pour participer au sommet commémorant le 25e anniversaire de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
Outre sa rencontre prévue avec le dirigeant iranien, Vladimir Poutine doit aussi rencontrer le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter de la guerre en Ukraine après quatre ans et demi de combats.
L'OCS a pris un nouvel élan ces dernières années sous l'impulsion de Pékin et Moscou et entend contrebalancer l'influence occidentale, même si plusieurs États membres traversent des crises majeures.
Lundi, Vladimir Poutine et le dirigeant chinois Xi Jinping ont loué en marge du sommet la relation entre Moscou et Pékin. Les deux pays ont renforcé leurs liens depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.
"La coopération stratégique entre la Russie et la Chine constitue un modèle de relations interétatiques", s'est félicité Vladimir Poutine. Xi Jinping a lui relevé "les perspectives encore plus prometteuses" de la coopération sino-russe "grâce aux efforts conjugués des deux parties".
La déclaration fondatrice de l'OCS assure que cette organisation "n'est pas une alliance dirigée contre d'autres États".
Les dirigeants russe et chinois se servent de ces sommets pour mettre en avant leur vision d'un monde multipolaire, visant à contrer l'hégémonie américaine qu'ils dénoncent.
Les deux hommes n'ont cependant abordé la guerre en Ukraine que de "façon superficielle", selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
- Guerres et conflits commerciaux -
Ce sommet se tient à un moment où plusieurs États membres de l'OCS sont impliqués dans des guerres ouvertes : l'invasion russe de l'Ukraine et l'offensive israélo-américaine contre l'Iran déclenchée en février.
D'autres sont aussi engagés dans des conflits commerciaux, avec en particulier des droits de douane imposés par les Américains sur les produits chinois et indiens.
Fin août, le gouvernement américain a pris des sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de l'Iran pour asphyxier le régime iranien et Washington a menacé les alliés de Téhéran.
La Chine, un grand importateur de pétrole iranien, a prévenu qu'elle "défendrait fermement" ses intérêts.
Lundi, au cours d'un entretien avec le dirigeant indien Narendra Modi, le président iranien Massoud Pezeshkian a estimé que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de Téhéran.
"Nous sommes convaincus que la poursuite de la guerre n'est ni dans notre intérêt, ni dans celui de la région", a déclaré M. Pezeshkian, alors qu'un premier échange de frappes entre les Américains et Iraniens s'est produit après un mois d'accalmie.
L'OCS regroupe dix États (Bélarus, Chine, Inde, Iran, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan) et quinze partenaires de dialogue, dont la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que deux Etats observateurs, dont l'Afghanistan.
Les retombées concrètes de ce bloc sont incertaines car, si l'OCS revendique de regrouper environ 40% de la population mondiale et 25% du PIB de la planète, le bloc reste hétérogène et miné par des dissensions. La Russie et la Chine sont concurrents en Asie centrale, tandis que Pékin entretient des relations parfois tendues avec l'Inde et le Pakistan.
AFP
