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Syrie: les Occidentaux rejettent un plan russe de transition

  • PubliĂ© le 12 novembre 2015 Ă  02:25
(g-d) Le ministre des Affaires étrangÚres russe, Sergei Lavrov, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura et le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, lors des discussions à Vienne le 30 octobre 2015

Un plan russe de transition politique en Syrie ne sera pas le point central des pourparlers sur le sujet samedi à Vienne, a estimé mercredi le l'ambassadeur britannique à l'ONU.


La Russie a diffusé un plan en huit points qui appelle à un processus de réforme constitutionnelle de 18 mois suivi d'élections.
"Nous sommes au courant des propositions russes. Le plan en huit points lui-mĂȘme n'est pas central dans les discussions de Vienne mais la Russie l'est", a expliquĂ© Matthew Rycroft, ambassadeur britannique auprĂšs de l'ONU.
D'autres pays occidentaux ont rejeté le plan russe, présenté il y a prÚs de deux semaines, car il n'apporterait pas de réponse claire quant au sort réservé au président syrien Bachar al-Assad.
Un diplomate du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies l'a mĂȘme dĂ©crit comme une proposition "faite Ă  la va-vite".
Une vingtaine de pays et d'organisations internationales doivent se retrouver samedi dans la capitale autrichienne pour essayer de se mettre d'accord sur un cadre pour une transition politique en Syrie et d'aboutir à un cessez-le-feu entre le régime de Damas et les différentes factions qui composent l'opposition.
Un premier round de négociations sur la crise syrienne s'était tenu à Vienne fin octobre.
La Russie et l'Iran soutiennent Damas, tandis que les Etats-Unis et leurs alliés européens et arabes soutiennent certains groupes d'opposition tout en demandant le départ du président Assad.
Le plan russe fait partie d'un document intitulé "approche pour le rÚglement de la crise syrienne", qui appelle à instaurer une commission constitutionnelle constituée de membres de groupes d'opposition "locaux et de l'extérieur".
Il est précisé que "le président syrien ne présidera pas la commission constitutionnelle".
Toujours selon le texte, des élections présidentielle et parlementaires pourront se tenir aprÚs qu'une constitution eut été votée par référendum. Sans toutefois interdire formellement à M. Assad de se présenter lors du scrutin présidentiel.
"C'est juste insuffisant", a ajouté le diplomate du Conseil de sécurité, requérant l'anonymat.
"Il doit y avoir plus de clarté que cela, plus de certitude", poursuit-il. "Cela doit faire partie d'un accord final qui, au bout du compte, ne placera pas Assad au pouvoir".
Des diplomates ont expliqué que l'Arabie saoudite en particulier insistait fermement pour que son rival régional, l'Iran, ainsi que la Russie se prononcent en faveur du départ de Bachar al-Assad de la scÚne politique.
Un diplomate russe a affirmé que le texte de Moscou était "une vision plus qu'un plan" et que des discussions sur la marche à suivre en Syrie se poursuivaient.
La proposition russe n'a pas Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e durant une rĂ©union du Conseil de sĂ©curitĂ© Ă  huis clos mardi, mais l'Ă©missaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a exprimĂ© l'espoir qu'un accord de cessez-le-feu puisse ĂȘtre trouvĂ© Ă  Vienne.
M. de Mistura a cité une lettre reçue cette semaine du ministÚre syrien des Affaires étrangÚres qui promet de cesser de recourir à des "armes arbitraires", suggérant une pause dans les combats, ont rapporté des diplomates.
L'émissaire onusien espÚre qu'un cessez-le-feu donne l'occasion à des groupes d'opposition de se placer en interlocuteurs crédibles dans les négociations de paix.
M. de Mistura avait appelé mardi à tirer profit de "l'élan" insufflé par les pourparlers pour sortir la Syrie de la guerre qui déchire le pays depuis quatre ans et demi.
Le conflit syrien a fait plus de 250.000 personnes morts et provoqué la plus grave crise migratoire depuis la Seconde guerre mondiale.

Par Marjorie BOYET - © 2015 AFP
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