Un baby-sitter mis en examen pour viols ou agressions sexuelles sur une vingtaine d’enfants

  • PubliĂ© le 14 mai 2026 Ă  06:25
  • ActualisĂ© le 14 mai 2026 Ă  06:59
Véhicule de police, Calais le 23 octobre 2024. ( AFP / Sameer Al-Doumy )

Fiché pour des agressions sexuelles, il continuait à garder des enfants, dont 18 sont susceptibles d’avoir été agressés sexuellement en deux ans: un babysitter a été mis en examen et placé en détention provisoire, a indiqué mercredi le parquet de Lille.

Cet homme de 37 ans est soupçonné d’avoir violé ou agressé sexuellement entre mars 2023 et décembre 2025, 18 enfants âgés de 2 mois à 5 ans dans la métropole lilloise, précise le procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, dans un communiqué.

Également mis en examen en début de semaine pour détention d’images d’atteintes sexuelles sur un animal domestique, découvertes à l’occasion de la perquisition de son domicile en janvier, il a été placé en détention provisoire.

Il est suspecté de viols et d’agressions sexuelles sur trois enfants, et d’agressions sexuelles sur quinze autres, dont deux sont "de surcroit concernés par des faits de corruption de mineurs", détaille M. Finielz.

L’homme est aussi accusé de viol et agression sexuelle sur un mineur, avec qui il avait été "en contact" à l’été 2014 dans un centre aéré de Poitiers, a-t-il précisé.

Le suspect a "pour l’essentiel exercé son droit au silence, tout en niant la commission des faits" selon la même source.

Fin décembre, la mère d’un enfant de deux ans et dix mois avait porté plainte pour des viols sur son fils qui avait été gardé par cet homme, ce qui avait déclenché l’ouverture d’une enquête.

Entre mars 2023 et décembre 2025, au moins 44 familles de la métropole lilloise avaient eu recours aux services du suspect via une plateforme de mise en relation dédiée à la garde d’enfants, selon le parquet.

Sur les 58 enfants concernés, 18 sont "susceptibles d’avoir été victimes" du baby-sitter ajoute la même source.

Le concours d’une association d’aide aux victimes a été proposé à l’ensemble des familles concernées.

- Déjà condamné -

Cet homme avait pourtant déjà été condamné à Nice en 2020 à cinq ans d’emprisonnement pour une agression sexuelle imposée à un mineur, avec un suivi socio-judiciaire de cinq ans qui incluait notamment "l’interdiction d’exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs".

Il était depuis inscrit au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).

En mai 2025, après avoir été informée par un voisin du mis en cause qu’il exerçait une activité de baby-sitting, la justice avait renforcé son suivi socio-judiciaire en y ajoutant une interdiction totale d’entrer en contact avec des mineurs, avait précisé le parquet au moment de l’ouverture de l’enquête.

Les investigations se poursuivent, notamment pour identifier des victimes potentielles liées aux services proposés par cet homme "sur un autre site sur lequel l’intéressé aurait pu être plus anciennement référencé", précise le parquet.

En récidive légale, le baby-sitter encourt la réclusion criminelle a perpétuité.

Au moment de l’ouverture de l’enquête, le parquet avait souligné que cette dernière visait également à "préciser les conditions dans lesquelles l’intéressé a pu proposer ses services" malgré sa condamnation antérieure.

La plateforme étant un service de mise en relation, qui n’embauche pas directement les baby-sitters, elle n’est pas obligée de faire de vérification, a souligné le procureur mercredi.

Tout particulier recrutant un baby-sitter est néanmoins "en droit de solliciter de l’intervenant la production d’un extrait du bulletin n°3 du casier judiciaire", qui mentionne "les condamnations les plus graves", rappelle le parquet.

La haute-commissaire à l’Enfance Sarah El Haïry a souhaité fin avril que les particuliers puissent exiger une attestation d’honorabilité pour la garde de leurs enfants.

Ce document certifie qu’une personne n’a pas de condamnation ni d’inscription au Fijais l’empêchant d’exercer auprès de mineurs.

Cette vérification n’est actuellement obligatoire que pour les gestionnaire de foyers, pouponnières, crèches et depuis fin avril pour les établissements accueillant des enfants en situation de handicap.

Quelque 4.800 personnes ont été écartées des secteurs de la Protection de l’enfance et de l’accueil du jeune enfant par la généralisation en octobre 2025 du système de vérification des antécédents judiciaires, a indiqué mi-avril Mme El Haïry. 

AFP

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