Un troisiÚme vaccin autorisé et la promesse d'avoir vacciné "tous les Français qui le souhaitent" "d'ici la fin de l'été": le gouvernement tente de passer la vitesse supérieure dans sa gestion de l'épidémie de Covid-19 aprÚs avoir refusé d'imposer un nouveau confinement dans l'immédiat.
A la veille d'un nouveau Conseil de défense, Emmanuel Macron a assuré mardi soir sur TF1 que "d'ici la fin de l'été, nous aurons proposé un vaccin à tous les Français qui le souhaitent". Le chef de l'Etat, qui avait réuni juste avant les grands grands laboratoires français et européens pour les encourager à accélérer la production de vaccins, a aussi estimé que, "début mars", auront été vaccinés les 80% des pensionnaires des Ehpad qui le souhaitent, soit 500.000 personnes.
"Ce n'est pas notre stratĂ©gie de vaccination qui permettra d'Ă©viter Ă court terme un reconfinement ou non", a-t-il toutefoids estimĂ©, invitant les Français Ă se mobiliser et Ă respecter les gestes barriĂšres. Il s'agit "collectivement" d'"ĂȘtre extraordinairement responsables comme nos concitoyens le sont depuis plusieurs semaines, et je les en remercie trĂšs profondĂ©ment".
Les Français disposent depuis mardi d'un troisiÚme vaccin contre le Covid-19: celui d'AstraZeneca, mais pas pour les plus de 65 ans, faute de données actuellement disponibles sur son efficacité dans cette classe d'ùge. "Ces données vont arriver dans les semaines qui viennent, dans l'intervalle, nous recommandons son utilisation chez les moins de 65 ans", a déclaré la présidente de la Haute autorité de santé (HAS) Dominique Le Guludec, en dévoilant en fin de journée un avis trÚs attendu. "Cet avis sera revu à la lumiÚre de données cliniques complémentaires que nous attendons prochainement", a-t-elle souligné.
- Oui, mais -
L'avis de la HAS doit ĂȘtre entĂ©rinĂ© par le gouvernement. Si c'est le cas, la France rejoindra la liste des pays qui dĂ©conseillent le vaccin d'AstraZeneca aux plus ĂągĂ©s et prennent ainsi le contre-pied des recommandations de l'Agence europĂ©enne des mĂ©dicaments (EMA). Parmi ces pays figurent l'Allemagne, la SuĂšde, la Pologne ou l'Italie.
S'il ne pourra pas ĂȘtre injectĂ© Ă tous les Ăąges, le vaccin d'AstraZeneca pourra l'ĂȘtre par davantage de professionnels de santĂ© car il peut ĂȘtre stockĂ© Ă long terme dans des frigos classiques, contrairement aux deux autres dĂ©jĂ disponibles, ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna, qui doivent l'ĂȘtre Ă trĂšs basse tempĂ©rature (-70°C pour le premier et -20°C pour le second).
Le fait que ce vaccin ne soit pas recommandé pour les personnes ùgées contraint la France à adapter sa stratégie. Il sera administré à "deux populations particuliÚres", recommande la HAS: aux professionnels de santé et du médico-social, quel que soit leur lieu d'exercice y compris en ville" ainsi qu'aux "personnes ùgées entre 50 et 65 ans en commençant par ceux qui présentent des comorbidités".
Alors qu'AstraZeneca a subi les foudres des dirigeants européens à cause d'importants retards de livraisons, "on espÚre environ 10 millions de doses (de ce vaccin) dans les 3 mois qui viennent, ce qui permettra de vacciner 5 millions de personnes supplémentaires", a précisé la Pr Le Guludec.
MĂȘme avec des restrictions, l'arrivĂ©e de ce nouveau vaccin pourrait donner un coup de pouce Ă une campagne de vaccination qui plafonne, avec des centres de vaccination qui ont dĂ» reporter des rendez-vous dĂ©jĂ fixĂ©s pour la premiĂšre dose, environ 50.000, selon le ministre de la SantĂ© Olivier VĂ©ran.
- 23.000 cas -
DÚs fin février-début mars, quatre sites pharmaceutiques en France vont commencer à produire des vaccins anti-Covid, a annoncé Emmanuel Macron. Selon un dernier bilan lundi soir, on comptait plus de 1,54 million de premiÚres injections en France, alors que 2,6 millions de doses ont déjà été reçues en France et 1,1 million de plus sont attendues d'ici à la fin de la semaine, selon des données du ministÚre.
Le coronavirus circule toujours activement dans le pays, avec plus de 23.000 cas positifs dans les derniÚres 24 heures mardi soir. Et les variants anglais et sud-africain, plus contagieux, inquiÚtent toujours. En Ile-de-France, "on était plutÎt aux alentours de 6% le 7 janvier (de présence des variants dans la totalité des cas) et on est monté à 15/20% la semaine derniÚre", s'est alarmé le président de la commission médicale de l'Assistance publique-HÎpitaux de Paris (AP-HP) Rémi Salomon, sur franceinfo.
Les marges sont toujours réduites à l'hÎpital, avec 28.029 patients Covid-19 dans tout le pays, chiffre qui se rapproche des pics des deux précédentes vagues (32.000 et 33.000), et 3.270 patients en réa (4.900 à l'automne, 7.000 au printemps). Plus de 77.000 malades du Covid sont décédés en France depuis le début de l'épidémie.
AFP

