Au grand marchĂ© de Saint-Denis, se trouve, cachĂ©e au milieu des statuettes et autres produits d'artisanat, une petite Ă©choppe de tisanes traditionnelles. Cette boutique est tenue par Dominique, vĂ©ritable passionnĂ© de plantes mĂ©dicinales. Il officie dans ce lieu depuis plus de 30 ans. Se dĂ©finissant comme un "donneur de bien-ĂȘtre", Dominique vend ses tisanes sous diffĂ©rentes formes : en infusion, en bain ou en huiles essentielles. Environ 200 variĂ©tĂ©s de plantes sont recensĂ©es dans son commerce, allant du chiendent, Ă la citronnelle, en passant par le camphrier et l'aloĂšs. Les tisanes sont vendues entre 3 et 8 euros, sous forme de sachets dĂ©jĂ prĂ©parĂ©s ou faites sur place Ă la demande du client.
Pour Dominique, son métier est avant tout inné. "Je ne peux pas expliquer comment je suis devenu tisanier. Cela m'est venu naturellement, c'est comme un don", affirme-t-il. "Pour parfaire mes connaissances, je me suis formé à Madagascar auprÚs des sages. Du coup, les plantes n'ont plus aucun secret pour moi" explique le vendeur.Les tisanes qui se vendent le mieux sont celles combattant le diabÚte, le cholestérol et celles aidant à perdre du poids, dit-il. Dominique vend également des tisanes facilitant la fertilité, luttant contre les vers ou encore le stress. "Le chiendent est excellent contre le psoriasis" nous affirme Sophie, une des vendeuses de l'échoppe.
Les écorces d'arbres entrent aussi dans la préparation de nombreuses infusions. Le katafray par exemple, est utilisé pour purifier le sang. Le mandrava sarotra sert quant à lui à redonner du dynamisme à une personne. L'avozo est consommé pour sa faculté à faciliter les purges.
La plupart de ces plantes et Ă©corces viennent de Madagascar, dans la rĂ©gion de Tananarive et de Majunga. "Ă La RĂ©union, il est plus difficile d'aller chercher ces plantes. Elles sont situĂ©es dans des sites classĂ©s. Pour la majoritĂ© d'entre elles, leur commerce est interdit", explique Dominique. "A Madagascar, il y a moins d'entraves et leur commerce est parfaitement lĂ©gal", tient Ă prĂ©ciser le vendeur de tisanes, qui "n'a pas de soucis" au niveau des douanes. Les tisanes de Dominique mettent environ 2 mois Ă ĂȘtre acheminĂ©es sur l'Ăźle. "Cela me coĂ»te du temps et de l'argent, mais au moins tous mes produits sont vendus de maniĂšre lĂ©gale", ajoute-t-il.
La majorité des clients de la boutique sont des habitués. "Tout se fait grùce au bouche-à -oreille. De plus, ces clients savent à l'avance ce qu'ils veulent comme produit. J'ai un public d'initiés", se réjouit le commerçant. Mais ce "succÚs" a aussi une autre explication. "C'est vrai que depuis quelques années, il y a un retour vers ce type de médecine", admet Dominique. Selon lui, de plus en plus de personnes se tournent vers les soins naturels car la médecine moderne "ne répond plus à leurs attentes". "C'est vrai que les tisanes ne peuvent pas tout soigner. En revanche, je pense que tisanes et médecine moderne sont complémentaires", précise le gérant de la boutique.
StĂ©phanie, une des vendeuses de Dominique, a quant Ă elle un avis plus tranchĂ© sur la question. "La sociĂ©tĂ© nous rend malades. On nous force inconsciemment Ă acheter des produits pharmaceutiques, alors qu'on n'en a peut-ĂȘtre pas besoin. Avec tous les scandales qu'il y a actuellement, on se rend plus compte des mĂ©faits de certains mĂ©dicaments", souligne-t-elle. "Il faut que les gens reviennent vers une vie plus saine" insiste-t-elle. Mais les gens ne viennent pas uniquement rechercher des potions pour se soigner. "Nous leur offrons Ă©galement une Ă©coute qu'ils ne retrouvent plus tellement chez les mĂ©decins", ajoute-t-elle.
La petite échoppe du grand marché continue son petit bonhomme de chemin, distillant confort et réconfort à tous les amoureux des plantes...à boire.
Samuel Irlepenne pour











Avez vous une tisane pour la fertilité pour un couple qui a des difficultés à concevoir un enfant ?
Avez vous une tisane pour diabĂšte et mette de poids svp
avez vous une tisane pour faciliter le problĂšme d'uriner ?