IVG : La RĂ©union est au-dessus de la moyenne nationale

Les Réunionnaises avortent de plus en plus

  • PubliĂ© le 15 juillet 2015 Ă  10:58
Couple

Une enquĂȘte publiĂ©e le 9 juillet 2015 a rĂ©vĂ©lĂ© que le nombre d'avortements est en augmentation Ă  La RĂ©union. La direction de la recherche, des Ă©tudes de l'Ă©valuation et des statistiques a indiquĂ© que 206 interruptions volontaires de grossesse supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© effectuĂ©es dans l'Ăźle en 2013, par rapport Ă  2010.

Au total, 4555 avortements ont Ă©tĂ© pratiquĂ©s Ă  La RĂ©union en 2013 (derniers chiffres disponibles - ndlr). Ce nombre est un peu plus Ă©levĂ© qu’en 2010 puisque la DREES n’en comptait que 4349. Dans son bilan 2013, la direction de la recherche comptabilise 21,1 IVG pour 1000 RĂ©unionnaises ĂągĂ©es de 15 Ă  49 ans, soit un rĂ©sultat plus haut que la moyenne nationale qui est de 15,6.  Pour les femmes mineures ĂągĂ©es de 15 Ă  17 ans, on en compte 20,2. Globalement, les chiffres sont plus Ă©levĂ©s dans les dĂ©partements d’outre-mer : la moyenne de la Martinique, de la Guyane, de la Guadeloupe et de La RĂ©union est de 26,5 contre 15,3 IVG pour 1000 femmes en mĂ©tropole, tous Ăąges confondus.

Du cĂŽtĂ© du planning familial, les femmes qui viennent pour interrompre leur grossesse sont de plus en plus jeunes, d'aprĂšs l'un des agents qui y travaille. "MalgrĂ© sa facilitĂ© d’accĂšs", l’absence de contraception, les garanties de l’anonymat et de la gratuitĂ© favoriseraient le recours Ă  l’IVG. "Des jeunes filles viennent pour l’IVG alors qu’on leur a prescrit la pilule un mois avant. Aujourd’hui c’est trop facile. A l’époque les femmes se cachaient de leur mari pour prendre une contraception, aujourd’hui on a tout et elles avortent quand mĂȘme", dĂ©plore ce membre du personnel.

"Des jeunes femmes voulaient vérifier si elles n'étaient pas stériles"

Ce dernier affirme ne pas intervenir dans les choix de la patiente, mais s'Ă©tonne - voire s'inquiĂšte - de certains cas qui se sont prĂ©sentĂ©s Ă  lui. "Nous avons eu des jeunes femmes qui voulaient vĂ©rifier si elles n’étaient pas stĂ©riles, mais qui ne voulaient pas forcĂ©ment d’enfants. On a aussi des trĂšs jeunes filles, qui ont 12 ans parfois. D’autres n’ont pas 25 ans et ont dĂ©jĂ  6 enfants. Il y a aussi les victimes de viol intra-familiaux", tĂ©moigne-t-il. "

Cette augmentation du nombre d'avortement Ă  La RĂ©union tracasse tout particuliĂšrement Marie-ThĂ©rĂšse Baillif : "c’est trĂšs inquiĂ©tant, notre jeunesse est en mal de repĂšres." Pour la prĂ©sidente du collectif pour l’élimination des violences intra-familiales, les jeunes ne sont pas assez informĂ©s : "l’éducation Ă  la sexualitĂ© est Ă  revoir, nos jeunes mettent en danger leur santĂ©. [
] Sur le plan psychologique et personnel, l’IVG n’est pas quelque chose de facile, c’est une dĂ©cision importante. [
] Ce n’est pas tolĂ©rable qu’un adolescent devienne parent, il n’a pas encore la maturitĂ© nĂ©cessaire."

La pilule de plus en plus boudée

DĂ©nonçant Ă©galement le trop grand nombre de cas de violences sexuelles, Marie-ThĂ©rĂšse Baillif souhaite que les autoritĂ©s "prennent cette affaire Ă  bras le corps." IsraĂ«l Nisand, chef du pĂŽle gynĂ©cologie-obstĂ©trique au CHRU de Strasbourg, estime quant Ă  lui que "l'augmentation des IVG est liĂ©e Ă  une mauvaise gestion de la crise française de la contraception orale. L'anathĂšme a Ă©tĂ© jetĂ© sur les contraceptifs de 3e gĂ©nĂ©ration." "Beaucoup de femmes ont arrĂȘtĂ© la contraception orale sans la remplacer par une autre mĂ©thode mĂ©dicale de contraception. Il n'y a pas eu de tel scandale autour des pilules de 3e gĂ©nĂ©ration dans les autres pays", a-t-il commentĂ©, interrogĂ© par Le Figaro.

Pour rappel, l’interruption volontaire de grossesse est autorisĂ©e en France depuis 1975 suite Ă  l'adoption d'une loi portĂ©e par la ministre de la santĂ© Simone Veil. Une IVG peut s’effectuer par un processus mĂ©dicamenteux avant cinq semaines de grossesse, ou par intervention si cette pĂ©riode de gestation est dĂ©passĂ©e. De 15 Ă  18 ans, l’IVG ainsi que tous les moyens de contraception (pilules de premiĂšre et de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration, implant, stĂ©rilet
) sont pris en charge Ă  100% par l’assurance maladie. Les plannings familiaux assurent par ailleurs un suivi totalement anonyme et gratuit.

Johanna Martin pour www.ipreunion.com

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3 Commentaires
gemijuco
gemijuco
10 ans

Si les frais d'une IVG pour les jeunes n'Ă©taient pas pris Ă  100 % par la SĂ©cu, il y en aurait moins, pourquoi se priver ?? Il y a suffisamment de moyens de contraception maintenant, alors que nos parents n'en avaient pas, eux.J'ai l'impression que les jeunes filles et surtout les trĂšs trĂšs jeunes, 12 ans !! veulent jouer aux adultes, et ne sont pas suffisamment informĂ©es des risques pour une IVG,( la stĂ©rilitĂ© peut-ĂȘtre ??) c'est assez traumatisant comme cela.

Candide
Candide
10 ans

Sans doute car les politiques nous b
.. de plus en plus !

@mytho
@mytho
10 ans

C , François du Vatican qui va faire la gueule