Ce dimanche 15 juin 2014, le compte à rebours est lancé. En effet, dans moins de 24 heures, les futurs bacheliers feront travailler leurs méninges sur l'épreuve de philosophie. L'occasion pour les lycéens d'écrire leur plus belle dissertation ou explication de texte, après avoir étudié pendant des mois les Platon, Hegel et autres Marx. Mais les candidats ne sont pas les seuls à avoir patienté de longs moments. Les sujets du baccalauréat ont également vécu une longue histoire. Voici le récit de ce périple sous bonne escorte, entre codes cryptés, coffres-forts et enveloppes scellées.
Diplôme national oblige, les lycéens réunionnais découvriront leur sujet du baccalauréat en même temps que les élèves de métropole. Ce timing - à des milliers de kilomètres d’écart - n’est qu’une facette de toute l’organisation qu’impose le bac en 2014. Car avant de se retrouver sur les tables des salles d’examen, les sujets sont placés sous haute protection. " Les équipes du rectorat sont mobilisées depuis quasiment une année sur le baccalauréat 2014 ", précise Erwan Polard, secrétaire général adjoint à l’Académie de La Réunion.
C’est en février que débute le voyage des sujets du baccalauréat. Très loin de l’époque de Napoléon où il n’y avait que 21 bacheliers en 1808, en 2014, les sujets arrivent par voie dématérialisée à l’Académie de La Réunion. "Ils arrivent de manière sécurisée via une liaison cryptée. Selon la matière, une seule personne est en charge de les récupérer", explique l’une de ces petites mains du rectorat qui a pour consigne de rester anonyme. Les différentes épreuves sont alors imprimées en un unique exemplaire, et placées dans un coffre-fort. La version numérique est alors détruite des serveurs de l’Académie.
Après quelques mois de repos en sécurité, les sujets du baccalauréat reprennent du service en mai. Ils sont alors pris en charge par le service de reprographie du rectorat, soit une fine équipe de 12 personnes. "Peu de personnes ont accès à ces sujets. Ces personnes sont identifiées et habilitées par le rectorat", souligne Erwan Polard. La tâche n’est pas mince pour ces quelques employés : il faut alors produire du papier pour les 10 897 candidats de La Réunion. Les sujets sont alors mis sous enveloppe scellée, avant de retourner dans un coffre-fort.
Le précieux trésor du rectorat de La Réunion n’arrive que quelques jours avant le début des épreuves dans les différents établissements de l’île. Pour la dernière fois, les sujets sont placés dans des coffres sécurisés. Les enveloppes ne seront ouvertes que lors du jour de l’épreuve, devant les candidats. Comme pour un mariage, deux témoins - des correcteurs - vérifient si elles ont bien été scellées.
Une fois l’épreuve terminée, les copies sont "anonymées." Elles prennent alors la direction centres de correction et de délibération. Les corrections se font soit dans ces centres - ce qui est la règle en bac pro - soit au domicile des professeurs. Bien évidemment, les services du rectorat s’arrangent pour qu’un enseignant ne corrige pas les écrits de l’un de ses élèves. Rapidement, les copies prennent la direction du jury pour recevoir une note finale. Les résultats seront alors découverts par les candidats à partir du vendredi 4 juillet prochain.
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