Suite au meurtre d'une femme victime de violences conjugales

L'Etat condamné pour faute lourde

  • PubliĂ© le 10 mai 2014 Ă  11:00
Les violences intra-familiales sont en baisse de 8,3% en juin 2010

Dans un jugement rendu le 7 mai 2014, le tribunal de grande instance de Paris a dĂ©cidĂ© de condamner l'Etat aprĂšs le meurtre d'une femme victime de violences conjugales. Le TGI a estimĂ© que "l'abstention fautive et rĂ©pĂ©tĂ©e des services de gendarmerie constitue une faute lourde en lien direct et certain avec l'assassinat." Audrey Vella, harcelĂ©e par son ex compagnon, avait prĂ©venu Ă  plusieurs reprises les autoritĂ©s des menaces dont elle a Ă©tĂ© victime. MalgrĂ© les deux plaintes dĂ©posĂ©es auprĂšs des gendarmes, l'enquĂȘte n'avait pas abouti suite Ă  une erreur technique. Elle sera alors frappĂ©e Ă  mort par son ancien concubin, recevant neuf coups de couteau.

Entre le 13 octobre 2006 et le 23 mars 2007, Audrey Vella reçu 352 appels de son ancien compagnon, comme le rĂ©vĂšle Le Monde. Un harcĂšlement violent et intensif, accompagnĂ© de messages injurieux comme "Va chĂ© t keuf, espĂšce t’sal pute montre leur meme lĂ© texto kan j’vĂ© tvoir, jvĂ© trefair ta guel viel pute" ou encore "komence a trouvĂ© l tuteur pourtafil." Entre le mois de janvier et celui de novembre, la femme se rendra Ă  trois reprises Ă  la gendarmerie pour signer qu’elle est menacĂ©e et frappĂ©e rĂ©guliĂšrement par son ex concubin.

AlertĂ©e, la gendarmerie dĂ©cide de lancer une requĂȘte pour identifier l’auteur des appels. Effectuant une erreur dans la composition du numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone, la demande ne donne rien, et l’homme n’est pas inquiĂ©tĂ©. L’enquĂȘte est close. Le 23 mars 2007, Audrey Vella est battue Ă  mort, dĂ©cĂ©dant d’une hĂ©morragie interne aprĂšs avoir reçu neuf coups de couteau.

Le tribunal a relevĂ© "l’inaptitude du service public de la justice Ă  remplir la mission fondamentale dont il est investi de protection des citoyens", soulignant que "la violence faite aux femmes constitue une prioritĂ© nationale." Pour les juges, l’attitude des gendarmes a entretenu un sentiment d’impunitĂ© chez l’ancien compagnon de la victime, l’incitant "Ă  rĂ©itĂ©rer des actes de violence de plus en plus grave." L’Etat, jugĂ© responsable dans cet affaire, a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  verser prĂšs de 150 000 euros de dommages et intĂ©rĂȘts Ă  la famille Valla.

En France, 121 femmes sont mortes sous les coups d’un homme en 2013. A La RĂ©union, les atteintes volontaires Ă  l’intĂ©gritĂ© physique ont progressĂ© de 8,27 % d’aprĂšs les derniers chiffres de la prĂ©fecture. Cette augmentation s'explique notamment par les menaces ou chantages (7,15 %) ou les violences sexuelles (9,57 %), qui sont de plus en plus signalĂ©es par les victimes. PrĂšs de cinq plaintes sont dĂ©posĂ©es chaque jour dans le dĂ©partement. En 2011, six RĂ©unionnaises sont mortes sous les coups de leur conjoint, soit 4 % des dĂ©cĂšs en France. Pourtant, la population de l’üle reprĂ©sente uniquement 1 % des Français.

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1 Commentaires
daaazibao
daaazibao
12 ans

Superbe...un gendarme fait fait une erreur et c'est nous qui payons 150000€. Ben oui l'Ă©tat c'est nous, vous moi et les autres....navrant.
Et le gendarme qui a fait l'erreur lui il paye quoi??? Dans le privé ce serait une faute lourde passible d'un licenciement il me semble.
IPR faites votre travail jusqu'au bout et donnez nous des nouvelles de ce (ces) super-gendarmes(s)