Selon Médiapart : le gouvernement demande aux services de renseignement de mentir et d'accuser LFI d'être responsable des violences

  • Publié le 20 octobre 2026 à 12:31
Les pompiers éteignent un véhicule en feu à Paris, lors de la manifestation contre la "vie chère", le 17 octobre 2026

"On nous demande d’écrire que LFI est derrière le mouvement" : autour du 17 octobre, la fabrique d’un bouc émissaire, c'est le titre d'un article publié par Mediapart ce lundi 19 octobre 2026. Le média en ligne a recueilli le témoignage d'un commissaire du renseignement territorial (RT) révélant cette demande qui viendrait du gouvernement (Photo AFP)

Dans chacune de ses sorties depuis le début de la mobilisation lycéenne, le pouvoir exécutif ne cesse de mettre en cause "l’ultragauche", mais aussi La France insoumise (LFI) et ses élu·es note Mediapart.

"La participation d’élus LFI à ces mouvements est irresponsable" a ainsi déclaré le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, dès le 28 septembre.

Lire aussi - Ignorer le désespoir des manifestants et se focaliser sur la violence des émeutiers, une faute politique lourde

- Les accusations d’interférences de LFI contestées au sein même des services de renseignement -

Après les graves violences urbaines du samedi 17 octobre, des centaines de magasins pillés et des bâtiments publics incendiés, le même Laurent Nuñez a affirmé "ce qui est certain, c’est qu’on a repéré partout sur le territoire national énormément de militants de l’ultragauche. Il y avait des anarcho-autonomes, des antifas, des mouvements de l’extrême gauche radicale, des syndicats étudiants qui n’hésitent pas à parfois faire le coup de poing".

Pourtant, selon les informations de Mediapart, "ces accusations d’interférences politiques sont contestées jusqu’au sein même des services de renseignement".

Dans des échanges écrits datés du 18 octobre et consultés par le média en ligne, "un commissaire du renseignement territorial (RT) n’en revient pas : "Il y a des choses indicibles, mais quand on nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT, forcément on a des décisions politiques", déplore-t-il auprès de ses collègues.

Interrogé sur ce point précis par Mediapart, le ministère de l’intérieur dément avoir donné des consignes en ce sens.     

- "Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans l’histoire de ce fiasco" -

"J’ai été très étonné par ces accusations concernant LFI qui serait responsable du chaos de samedi et des saccages" indique aussi à Mediapart, le responsable d'un syndicat policier. 

"Je ne vois pas ce qu’a à voir LFI dans l’histoire de ce fiasco. C’est dangereux de politiser ainsi un échec aussi grossier et surtout de ne pas en assumer l’entière responsabilité. Pourtant, je ne porte pas LFI dans mon cœur compte tenu des attaques incessantes contre les policiers" ajoute le policier cité par nos confrères. 

Il ajoute que selon lui, "l’ultragauche est minoritaire : elle représenterait, selon les remontées du terrain et des renseignements, 20 %, et le reste, les 80 % sont des pilleurs sans qu’on pose d’appartenance politique à ces délinquants".

Lire aussi - Incendies et jets de galets à La Réunion : une "bascule" dans la violence, des forces de l'ordre en sous-effectifs et des autorités dépassées

Dans un communiqué publié ce mardi, le député LFI Perceval Gaillard s'indigne : "les faits dévoilés par Mediapart le 19 octobre sont d'une immense gravité". Il ajoute : "cette manoeuvre grossière du gouvernement est d'abord faite pour ne pas assumer ses propres responsabilités dans la crise : aucune réponse politique aux revendications légitimes du peuple, une incompétence totale à assurer l'ordre public".

Le Premier ministre "Sébastien Lecornu est responsable de la crise sociale et sécuritaire en France. Il est coupable d'une vaste opération de barbouzerie contre le principal parti d'opposition. Il doit partir. Il n'a plus aucune légitimité à gouverner la France" termine-t-il.

Lire aussi - Scandale d'état révélé par Mediapart : Lecornu doit partir

www.imazpress.com / [email protected]

guest
0 Commentaires