Ce vendredi 4 avril 2014, les salariés de la SIB (Société industrielle de Bourbon) ont franchi pour la derniÚre fois les grilles de l'usine du Port, dont la fermeture a été avancée d'un mois par la direction du groupe Colgate/Palmolive. Une journée qui s'annonce trÚs difficile et pleine d'émotion pour la trentaine d'ouvriers ayant tout tenté pour sauver, en vain, leur outil de travail.
Ils ne pourront pas dire quâils nâont pas essayĂ©. Depuis lâannonce par le groupe Colgate/Palmolive de la fermeture de son site rĂ©unionnais, le 21 novembre 2013, les salariĂ©s de la SIB (SociĂ©tĂ© industrielle de Bourbon) ont tout tentĂ© pour sauver sinon leur outil de travail, au moins leurs emplois.
Mais ce vendredi 4 avril 2014, ils ont pris pour la derniĂšre fois le chemin de lâusine du Port. Le coeur gros et lâangoisse chevillĂ©e au corps. Car le plan de reclassement proposĂ© par la direction, en dĂ©pit des promesses avancĂ©es, ne constitue en rien une garantie.
Ce sont ainsi plus dâune trentaine de salariĂ©s qui se retrouvent sur le carreau. Si la fermeture du site, prĂ©vue au mois de mai, a Ă©tĂ© avancĂ©e dâun mois, leur sort a Ă©tĂ© scellĂ© depuis bien longtemps. Probablement depuis le 21 novembre dernier. Les multiples nĂ©gociations, les semaines de manifestation et de protestation, les grĂšves de la faim, les rĂ©unions Ă la prĂ©fecture ou Ă la direction du travail, rien nâaura fait bouger le mastodonte quâest le groupe amĂ©ricain Colgate/Palmolive.
AprĂšs plus de quatre mois de vaine lutte, la colĂšre a laissĂ© place Ă la rĂ©signation et au fatalisme, pour des salariĂ©s ayant eu le sentiment de prĂȘcher leur cause dans le dĂ©sert. OubliĂ©s par bien des Ă©lus et soutenus du bout des lĂšvres par leur propre syndicat de tutelle.
Aujourdâhui, certains salariĂ©s seront accompagnĂ©s de leur famille. Un soutien prĂ©cieux pour tourner cette lourde page. Pour beaucoup, au-delĂ de la fermeture du site, câest toute une part de vie qui prend fin ce vendredi.
Mais le monde Ă©conomique globalisĂ© dâaujourdâhui est ainsi fait. Un monde oĂč quelques dirigeants new-yorkais peuvent dĂ©cider du sort dâune trentaine de familles rĂ©unionnaises dâun trait de plume et fermer un site qui, aux dires des experts sollicitĂ©s, gĂ©nĂ©rait pourtant des bĂ©nĂ©fices.
Ce vendredi, les employĂ©s de la SIB ont donc endossĂ© leur bleu de travail pour la derniĂšre fois afin dâadresser un ultime adieu Ă cette usine qui reste encore, le temps dâune journĂ©e, leur usine.
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