Les Réunionnais y excellent

Pelote basque, lutte, muay thaĂŻ... Ces sports dont on ne parle pas beaucoup

  • PubliĂ© le 2 juillet 2017 Ă  10:50
Pelote Basque

Le footballeur Dimitri Payet n'est plus à présenter. Daniel Narcisse, ou plus récemment, le jeune Benoßt Kounkoud, sont des handballeurs reconnus pour leur talent, eux qui ont frappé leurs premiÚres balles à La Réunion. Lucie Ignace, multiple championne d'Europe de karaté, ou Jérémy FlorÚs, surfeur de renom, sont eux-aussi des sportifs connus du grand public. Mais s'ils sont souvent les guest-stars des matchs des plus hautes compétitions, nombre de Réunionnais excellent dans des disciplines bien moins médiatisées que le football ou le handball. Dans l'ombre, ils sont eux aussi la fierté du monde sportif de La Réunion.

Le paysage sportif rĂ©unionnais compte son lot de tĂ©nors dans plusieurs sports tels que le trail, le handball ou le football, gĂ©nĂ©ralement mĂ©diatisĂ©s, au niveau local comme national. Mais il y a des disciplines dont les colonnes des mĂ©dias parlent peu mais oĂč les RĂ©unionnais excĂšlent.

Ces sports dont on ne parle qu'au moment des Jeux olympiques

La lutte, la gym, le tir à l'arc sont des sports qui ne cotoßent le grand public qu'au moment des compétitions internationales, notamment dans le cadre des Jeux olympiques. En dehors de ces échéances, ces disciplines comptent des athlÚtes locaux au haut niveau, à l'instar de la jeune Loan His, multiple championne de gymnastique qui a longtemps évolué à La Réunion, en dehors de sa participation aux Jeux de Rio.

 

Son entraßneur Eric Boucharin, déplorait, lors de sa visite sur l'ßle en avril dernier, le manque de visiblité de la gym dans les journaux "qui pourtant consacrent plusieurs page au football par exemple"

MĂȘme chose pour le tir Ă  l'arc, qui ne compte pas moins de trois athlĂštes rĂ©unionnais de haut niveau, qui s'illutrent rĂ©guliĂšrement aux championnats de France.

La lutte fait partie des premiĂšres disciplines Ă  figurer parmi celles disputĂ©es lors des JO. Aujourd'hui, La RĂ©union n'est pas reste de champions issus du PĂŽle espoir de Saint-Joseph. Charles-AndrĂ© Afa, Ă  l'aube de la majoritĂ© fait dĂ©jĂ  partie de l'Ă©quipe de France junior et ne s'arrĂȘtera pas sur sa lancĂ©e. Lui et Valentin Damour sont champions de France, s'illustrant Ă©galement au niveau europĂ©en.

La lutte, qui bĂ©nĂ©ficie "d'une culture particuliĂšre" sur l'Ăźle, n'est pas loin de dĂ©crocher l'or durant les prochaines Ă©chĂ©ances europĂ©ennes et mondiales, comme l'explique Johny Damour, trĂ©sorier du club de Saint-Joseph et lui-mĂȘme pĂšre de lutteur.

Selon lui, c'est lorsqu'"il y aura des médailles", que le sport prendra une ampleur différente. A noter que les championnats d'Europe, pour lesquels trois réunionnais luttent actuellement en Allemagne, s'achÚve ce dimanche 2 juillet.

Le 5 juillet prochain, le collÚge et le lycée de Saint-Joseph, champions de France UNSS, représenteront la France en Inde, lors des championnats UNSS au niveau mondial, les "combat games". Une chance de l'illustrer au milieu des grandes nations de la lutte.

La pelote basque figurera elle-aussi dans la liste des sports olympiques, mĂȘme si seule l'Espagne peut se vanter d'avoir eu l'or dans toute l'histoire de la discipline, en 1900 Ă  Paris. Depuis, relĂ©guĂ©e aux compĂ©titions nationales, les champions de France de pelote basque sont... RĂ©unionnais ! FrĂ©dĂ©ric Fontano et Jeannot Welmant, dont les noms ont Ă©tĂ© donnĂ©s au terrain de pelote du Chaudron sont Ă©galement vice-champions d'Europe.

 

Et les autres

Populaire en culture urbaine, le street workout, appelé aussi le parkour, fait briller les Réunionnais aux championnats du monde qui se dérouleront en Guadeloupe, en décembre prochain. Les athlÚtes de la team "Bek la Barre" défendront les couleurs de notre ßle pour l'une des premiÚres compétitions de ce sport sorti des rues.

Si l'on parle de la natation grĂące Ă  ses tĂȘtes d'affiche, les nageurs locaux bĂ©nĂ©ficient moins de ce rayonnement, malgrĂ© leur performances notables. L'actuelle championne de France du 400 mĂštres nage libre est la RĂ©unionnaise AlizĂ©e Morel, tandis que le jeune Corentin Triniez, 15 ans, fait partie des nageurs trĂšs prometteurs de l'Ăźle.

La natation synchronisée se fait elle aussi plutÎt rare dans les pages sportives. Pourtant, ce sont de jeunes Réunionnaises qui sont actuellement championnes de France, dans l'équipe des Aquanautes, issue de Saint-Gilles.

Sur la terre ferme, ou plutÎt sur le ring, les Réunionnais représentent leur ßle au delà des océans, comme pour le muay thaï. Le combattant péi Mathias Gallo est champion de France pro. Johny Tancray, Réunionnais de naissance, cumule un palmarÚs impressionnant : multiple champion du monde et tenant du titre à ce jour, l'athlÚte cumule des titres nationaux, européens et mondiaux, à 35 ans.

A La Réunion, Florent Kaouachi, compagnon de la double championne d'Europe de karaté, Lucie Ignace, évolue dans la catégorie des moins de 90 kilos... Il est lui aussi, champion du monde. Manu Payet est lui aussi champion du monde dans sa catégorie.

La canne de combat, sport datant du XVIIIe siÚcle, compte également ses adeptes et ses illustres athlÚtes à La Réunion. Ce sport, géré par la fédération multisports Ufolep, compte des Réunionnais au niveau national, à l'instar de Wilfried Richechou, qui en remporte l'open de France.

L'escrime, la pétanque ou encore le ski nautique font aussi les beaux jours du sport réunionnais dans leurs différentes compétitions.

"Il faudrait médiatiser un peu plus ces disciplines-là, car il y a des rencontres, des compétitions ou des stages au moins deux fois par mois (...) il y a de l'activité autour de ces sports (...) le football est trÚs médiatisé, tous les jours dans les médias, mais pas les autres disciplines" estime David Jenaha, délégué départemental de l'Ufolep.

Il est vrai que les camĂ©ras s'arrĂȘtent rarement sur bon nombre de disciplipes dans lesquelles s'illustrent largement les sportifs RĂ©unionnais. Peut-ĂȘtre parce que "ces disciplines utilisent la voie pĂ©dagogique : l’entrĂ©e dans les Ă©coles, dans les collĂšges et les lycĂ©es via l’UNSS - Union nationale du sport scolaire - ou l’USEP - Union sportive de l'enseignement 1er degrĂ©. Ce sont aussi beaucoup de projets dans les quartiers" car, "il y a plus de facilitĂ© Ă  avoir des financements dans ce cadre qu'en restant essentiellement sur la pratique sportive pure et la compĂ©tition" ajoute David Jenaha.

Des disciplines dont, qui vivent plus à travers leur pratique qu'à travers les médias, mais qui ne manquent pas, au détour de tournois, d'offrir le spectacles aux amateurs et passionnés de La Réunion et d'ailleurs.

jm/www.ipreunion.com

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1 Commentaires
Timizo
Timizo
8 ans

Excellent article que je complÚte en rappelant que Nicole Chane Foc (premiÚre réunionnaise championne du monde) a aussi gagné le dernier Open de France de canne de combat, y'a pas que les hommes....
Rip Simone Veil