Campagne sucrière : la FDSEA accuse Tereos de faire porter la responsabilité de la crise aux planteurs

  • Publié le 7 août 2026 à 07:56
  • Actualisé le 7 août 2026 à 13:47
usine sucriere de bois rouge

(Actualisé) Dans un communiqué publié ce vendredi 7 août 2026, la Fédération Départementale des Syndicats d'Exploitants Agricoles, FDSEA Réunion, rejette les explications avancées par Tereos sur la baisse de pureté des cannes et estime que les difficultés rencontrées à l’usine de Bois-Rouge ne doivent pas être imputées aux planteurs. Le syndicat réclame davantage de transparence sur les analyses, une indemnisation des pertes subies et une reconnaissance des responsabilités de l’industriel. Le syndicat demande un contrôle indépendant sur les analyses de pureté (Photo d'illustration : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Par communiqués interposés, Tereos et syndicat s'affrontent.

Ce jeudi 6 août 2026, Tereos démentait toute casse mécanique à l'usine de Bois-Rouge. L'industriel expliquait que les difficultés rencontrées depuis le début de la campagne sont liées à une forte baisse de la pureté des cannes à sucre livrées sur le bassin nord-est : "Partout dans le monde, le fonctionnement normal des sucreries de canne n’est pas conçu pour traiter des cannes dont la pureté est aussi faible" lance Tereos.

"En effet, cette pureté affiche des niveaux très en dessous des moyennes historiques. Il s’agit d’un phénomène concentré sur le bassin cannier de Bois-Rouge qui n’est pas observé sur les cannes livrées sur le bassin de l’usine du Gol" pouvait-on lire dans ce communiqué.  

Faux, répond la FDSEA. 

Selon le syndicat, la richesse en sucre diminue à cause de la longue attente de la canne coupée au soleil.

"Nos agriculteurs coupent et livrent avec la même rigueur que chaque année. Si la richesse ou la pureté fluctuent, l'usine doit adapter son outil d'usinage et assumer ses investissements, pas faire payer la facture aux planteurs ! Quand les tracteurs font la queue des heures durant et que la canne sèche au soleil, c'est le portefeuille de nos familles qui souffre" assure la FDSEA.

La FDSEA demande une compensation financière une "indemnisation intégrale pour le temps d'attente et la perte de valeur des cannes en souffrance".

- "Il appartient à l’industriel d’anticiper les risques" estiment les jeunes agriculteurs  -

Les Jeunes agriculteurs de La Réunion montent eux aussi au créneau : "Il appartient à l’industriel d’anticiper les risques inhérents à son activité et de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour garantir la continuité de la réception des cannes. Maintenance préventive, équipements de secours, procédures de fonctionnement dégradé, organisation des équipes ou toute autre solution technique doivent permettre de limiter les interruptions et d’éviter que les conséquences des difficultés industrielles ne soient reportées sur les exploitations agricoles".

"Les planteurs ne demandent ni traitement de faveur, ni dérogation particulière. Ils demandent simplement que l’outil industriel soit organisé de manière à remplir sa mission première : réceptionner la canne qui lui est livrée" lance les jeunes agriculteurs dans un communiqué. 

Ils ajoutent : "Aujourd’hui, les planteurs ont le sentiment d’être devenus la variable d’ajustement des difficultés industrielles de l’usine. Cette situation n’est plus acceptable. Une campagne sucrière ne peut être conduite au rythme des arrêts,
des fermetures et des difficultés de fonctionnement de l’outil industriel. Il appartient désormais à Tereos de prendre toutes les dispositions nécessaires afin de garantir une réception continue des cannes et de cesser de faire peser sur les exploitations agricoles les conséquences de dysfonctionnements qui relèvent exclusivement de sa responsabilité".

À lire aussi : Usine de Bois-Rouge : Tereos assure que le ralentissement de la campagne est lié à la faible pureté des cannes

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