Des chambres froides contenant des stocks issus de dons du sang ont subi une cyberattaque, qui ciblait un prestataire frigorifique de l'Établissement français du sang, sans "impact sanitaire", ont confirmé ce mercredi le ministère de la Santé et l'EFS, après une information du Canard enchaîné. (Photo d'illustration Imaz Press Réunion)
Des frigos ont été une nouvelle fois la cible d'une cyberattaque. Un piratage informatique a visé les chambres froides d'un prestataire frigorifique de l'Établissement français du sang, ont confirmé le cabinet de la ministre de la Santé et l'EFS ce mercredi, après une information du Canard enchaîné. Ces chambres froides contenaient des échantillons de prélèvements sanguins ainsi que des poches de plasma destinées à des transfusions sanguines mais aussi à la fabrication de médicaments.
Après un "incident de cybersécurité" ayant touché lundi des installations de supervision et de pilotage de chambres froides dans trois sites régionaux, notamment en Bourgogne-Franche-Comté, "des anomalies ont été signalées, entraînant une altération des paramètres de fonctionnement de chambres froides équipées de la solution du prestataire", selon un communiqué de l'EFS.
- "Aucun impact sanitaire" -
Toutefois, "aucun impact sanitaire n'a été identifié et aucune perte de produits sanguins n'est à déclarer", a assuré l'EFS. "La sécurité des stocks a pu être préservée grâce aux dispositifs de surveillance et d'alarme des installations, ainsi qu'aux mesures de précaution immédiatement mises en œuvre", a renchéri le cabinet de Stéphanie Rist. Les accès à distance des équipements concernés ont été neutralisés, la surveillance des installations et les conditions de conservation des produits ont été renforcées et les produits stockés dans ces chambres froides ont été transférés vers d'autres installations.
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Selon le cabinet de la ministre, "des investigations techniques se poursuivent afin de préciser : le mode opératoire et les circonstances de l'incident, le nombre total d'équipements potentiellement concernés, les conditions et le calendrier de remise en service des installations affectées". Cette nouvelle cyberattaque touchant le monde de la santé, via un prestataire frigorifique, intervient peu de temps après une cyberattaque ayant visé les réfrigérateurs et congélateurs de supermarchés d'une douzaine de pays européens, dont la France.
- "Les températures sont montées à 110 voire 150 degrés"-
En Bourgogne-Franche-Comté, le seul site concerné est celui de Besançon, dont les chambres froides sont pilotées à distance par le prestataire piraté. Christophe Barisien est le directeur collecte et production à l'EFS : "les équipements concernés sont des congélateurs qui permettent de conserver des échantillons ou des produits sanguins à -25 degrés. Et c'est la société qui fournit ces appareils qui a été piratée, avec une atteinte au niveau du système de pilotage de ces enceintes frigorifiques. Mais on a des équipements de surveillance des températures, qui eux ont fonctionné et permis de mettre en évidence des hausses de température, ce qui a déclenché l'intervention des équipes".
Celles-ci ont déplacé les produits, ou bien sont intervenues pour reprendre la main sur le pilotage des températures explique Christophe Barisien. "Les températures sont montées à 110 voire 150 degrés" confie le médecin. "Mais il n'y a pas eu d'altération des échantillons".
AFP
