Surendettement : les dépôts de dossiers en forte hausse en Outre-mer en 2025

  • Publié le 13 mars 2026 à 14:51
  • Actualisé le 13 mars 2026 à 14:58
iédom

Les situations de surendettement continuent de progresser dans les départements et collectivités d’outre-mer de la zone euro. Selon une étude publiée en mars 2026 par l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (Iedom), près de 3.915 dossiers ont été déposés en 2025, soit une hausse de 20,2 % sur un an. A La Réunion, 282 dossiers sont déposés pour 100.000 habitants. (Photo iédom photo Sly imazpress)

Les commissions de surendettement des territoires ultramarins ont enregistré 659 dossiers supplémentaires par rapport à 2024, portant le total à un niveau inédit sur la dernière décennie. La progression touche l’ensemble des territoires, à l’exception de Mayotte, et varie selon les zones entre +9 % et +28 %.

Au total, 3.689 dossiers ont été examinés par les commissions de surendettement en 2025. Parmi les demandes déposées, 81 % ont été jugées recevables, tandis qu’environ 12 % ont été rejetées, principalement en raison de dettes liées à une activité professionnelle ou d’une inéligibilité du demandeur.

Malgré cette hausse, le taux de surendettement reste inférieur à celui de l’Hexagone, avec 223 dossiers pour 100 000 habitants contre 267 en France hexagonale. Les disparités restent toutefois importantes selon les territoires : le taux varie de 29 dossiers à Mayotte à 282 à La Réunion.

Dans 84 % des dossiers traités, les commissions ont adopté une solution durable pour les ménages concernés. Les deux principales mesures sont :

- les mesures imposées avec ou sans effacement partiel des dettes, qui concernent 37 % des dossiers ;
- le rétablissement personnel, aboutissant à l’effacement des dettes, qui représente 35 % des situations.

Cette proportion importante s’explique notamment "par le fait que plus de la moitié des ménages concernés ne disposent d’aucune capacité de remboursement et que 86 % possèdent un patrimoine inférieur à 2 000 euros", note l'Iedom. 

- Des profils souvent fragiles -

L’étude met en évidence plusieurs profils particulièrement exposés au surendettement :

- personnes vivant seules (45 %) ;
- familles monoparentales (36 %) ;
- actifs - y compris en recherche d’emploi - (70 %) ;
- ménages locataires (63 %) ou hébergés à titre gratuit (24 %) ;
- ménages surendettés ne disposant d’aucune capacité de remboursement pour faire face à leurs dettes (53%).

La grande majorité des personnes concernées appartient à la tranche d’âge 25-64 ans, qui regroupe 86 % des situations de surendettement. Les 35-44 ans sont les plus représentés, mais la progression la plus marquée concerne les 45-54 ans.

"Les femmes représentent près des 2/3 de cette tranche d’âge. Cette plus grande vulnérabilité des femmes peut s’expliquer par la part élevée des foyers monoparentaux : en Outre-mer, plus de 20 % des femmes vivent seules avec leurs enfants (21 % à La Réunion, 26 % dans les Antilles- Guyane), contre 10 % dans l’Hexagone", détaille l'Iedom.

Par ailleurs, la situation professionnelle joue un rôle majeur : 70 % des surendettés sont des actifs, et plus de la moitié d’entre eux sont au chômage. Cette proportion est nettement plus élevée que dans l’Hexagone.

- Une meilleure information encore nécessaire -

Malgré un taux de pauvreté plus élevé dans les territoires ultramarins, le recours à la procédure de surendettement reste relativement limité. L’IEDOM souligne que "cela peut s’expliquer par la solidarité familiale mais aussi par une méconnaissance du dispositif".

L’institut veut renforcer ses actions de sensibilisation auprès des travailleurs sociaux et des organismes d’accompagnement. 

En 2025, 380 intervenants sociaux ont été formés aux procédures de surendettement et d’inclusion bancaire.

www.imazpress.com / [email protected]
 

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