Ce jeudi 18 juin 2026, le président du Département a reçu à l'Hémicycle les Cheffes de cour de la Cour d'appel de Saint-Denis, consacrée à l’Observatoire Départemental de la Protection de l’Enfance (ODPE). Parmi les mesures annoncées, la création de 30 postes supplémentaires pour renforcer les équipes de travailleurs sociaux dans les services territoriaux, ou encore la création d'un village fratrie avec 40 places pour accueillir des frères et soeurs. À ce jour, 1.325 dossiers de violences sexuelles sur mineurs doivent être réexaminés par les services de la Justice à La Réunion. (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Devant l’augmentation significative des situations d’enfants en danger et à risque de danger, avec une aggravation des violences sexuelles sur les enfants de moins de 3 ans, le Conseil départemental a décidé de renforcer ses actions en matière de repérage, de prévention et de protection des plus vulnérables.
Parmi les mesures déployées depuis le 1ᵉʳ juin 2026, la mise en place d’une équipe dédiée à l’évaluation des situations d’informations préoccupantes des enfants de moins de 3 ans. Le dispositif vise à atteindre 14 professionnels supplémentaires début 2027 avec le concours de l’État.
Autre mesure : le lancement de l’appel à projet pour la mise en place d’un numéro d’écoute en direction des enfants, des femmes à la fin du mois de juin, afin de libérer la parole des victimes d’agressions sexuelles au sein de leur milieu familial.
L’objectif est d’identifier un opérateur ayant une bonne connaissance des publics (enfants, femmes victimes, professionnels), du réseau des partenaires avec des modes opératoires adaptés aux publics.
- Aider les associations : un budget en hausse -
Le Département annonce une augmentation des aides financières aux associations signataires du Plan de prévention des VIF qui interviennent dans le repérage des situations d’enfants en danger, et l’accompagnement des enfants victimes, notamment ceux qui vivent au sein des familles avec des violences conjugales. De plus, la mobilisation des équipes de PMI dans les interventions à domicile sera demandée.
- Préventions dans les écoles -
Le département souhaite mettre en place des actions dès la rentrée scolaire de septembre en partenariat avec les communes : séances de sensibilisation de la CRIP au sein des équipes qui gèrent le périscolaire au sein des établissements du 1er degré afin de donner des outils pour l’observation et le repérage et le circuit de traitement d’une IP.
Autres actions : prioriser les interventions des caravanes dont la gestion a été confiée à la SCOPAD dans la détection et l’accompagnement des familles, notamment les jeunes parents, dans les quartiers les plus isolés et défavorisés en lien avec le PMI et les associations : les caravanes au pied des immeubles.
De nouvelles recherches intitulées : action VIF marmailles visent à organiser des travaux avec l’ensemble des acteurs de terrain associatifs et institutionnels, pour mieux comprendre et mieux agir face aux violences intrafamiliales faites aux enfants.
Le projet a pour objectif de mieux comprendre les mécanismes qui favorisent l'apparition, le maintien et la transmission des violences afin de concevoir des réponses publiques plus adaptées et plus efficaces.
- Création d'un village fratrie et recrutement d'assistants familiaux et de travailleurs sociaux -
Dans les mois à venir, 30 postes supplémentaires seront ouverts pour renforcer les équipes de travailleurs sociaux dans les services territoriaux, 15 d'entre eux, créés à la commission permanente du 17 juin. Un appel à projets sera lancé, à la fin du mois de juin pour la création d’un village fratrie de 40 places.
De son côté, le recrutement des assistants familiaux continue. Le Département envisage, la mise en place du dispositif d’accueil familial spécialisé d’ici le mois de novembre (recrutement en cours, mise en place des formations).
- 1.325 procédures de violences sexuelles dans les services de la justice réunionnaise -
Le département s’engage dans une démarche de contractualisation renforcée avec les acteurs de la Justice : actualisation du protocole relatif au circuit des IP entre le Département / le Parquet / l’Education Nationale / l’Agence Régionale de Santé / la DTPJJ , avec une signature au mois de septembre,
• Signature d’une convention entre la Justice et le Département au cours du dernier trimestre 2026 pour la mise en place d’une porte d’entrée unique pour toutes les décisions de justice (convention PLEX ),
• Une convention de prise en charge des mineurs victimes de violences au sein du milieu scolaire entre le Département / Le Parquet / L’Education Nationale.
• Elaboration d’une convention cadre de partenariat Département / Parquet / Cour d’appel sur une collaboration / articulations renforcées dans le domaine de la protection de l’enfance, avec la mise en place d’une instance quadripartite au cours du mois de novembre.
À La Réunion, la Cour d'appel a dévoilé ce mardi 9 juin les chiffres des procédures sexuelles au préjudice de mineurs.
À ce jour, 1.325 dossiers de violences sexuelles doivent être réexaminés par les services de la Justice. Des plaintes déposées pour 718 d'entre-elles aux services de la police nationale et 607 aux services de la gendarmerie nationale.
Dans les tribunaux de La Réunion, 1.417 affaires sont enregistrées. Pour le tribunal judiciaire de Saint-Denis, 733 dossiers sont en cours (461 plaintes côte police et 272 côté gendarmerie). 674 affaires sont enregistrées au parquet de Saint-Denis et envoyées en enquête.
Pour le ressort du sud du tribunal judiciaire de Saint-Pierre, 592 procédures dans les services d’enquête (257 plaintes côté police nationale et 335 côté gendarmerie nationale). 743 affaires sont enregistrées au parquet de Saint-Pierre et envoyées en enquête.
- Des milliers de jeunes victimes d'atteintes sexuelles à La Réunion -
En 2024, 995 enfants ont été victimes d'atteintes sexuelles, dont 382 dans un cadre intrafamilial, et 158 viols ont été recensés, en hausse de 23%, selon la gendarmerie.
En novembre 2025, un agent (non-éducatif) de l'école primaire Sainte-Marguerite, à Saint-Benoît, a été visé par 11 plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs. L'enquête est toujours en cours. Le mis en cause a été entendu par les services de la gendarmerie.
En 2018, un ancien professeur d'anglais au collège Jules Reydellet à Saint-Denis était passé devant le tribunal correctionnel pour des faits d'atteinte sexuelle sur une de ses élèves de 14 ans. L'enseignant parlait d'une "relation amoureuse consentie". La justice n'avait pas été du même avis, l'ancien professeur étant condamné à six mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer une activité en lien avec des mineurs.
En France, 1 enfant sur 10 subit chaque année des violences sexuelles et près de 50 % des agresseurs sont des membres de la famille. De plus, 25 % des violences sont commises par une personne d’autorité (enseignant, entraîneur, etc.)
En cas d'urgence, le seul numéro à composer est celui de Police Secours.
Le 112, numéro d'urgence européen
Le 114 pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques
Vous pouvez signaler des faits de violences , directement auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche sur le www.servicepublic.fr/cmi Anonyme et gratuit, ce tchat est accessible 24h/24 et 7j/7 pour échanger avec des policiers ou des gendarmes spécialement formés aux violences sexistes et sexuelles.
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