[Vidéos] Garderie municipale, confort thermique, cantine gratuite... Saint-Paul consacre plus de 51 millions d'euros à l'éducation

  • Publié le 17 août 2026 à 13:41
  • Actualisé le 17 août 2026 à 14:00
Rentrée scolaire Saint-Paul

À la veille de la rentrée scolaire, ce lundi 17 août 2026, le maire de Saint-Paul, Emmanuel Séraphin, et ses élus ont présenté les priorités et les actions déployées par la Ville pour cette nouvelle rentrée 2026-2027. Sous le baobab de l'École élémentaire Jean-Luc Daly-Eraya, le maire a notamment évoqué les solutions de la municipalité face à la baisse de contrats PEC, la cantine gratuite, les travaux d'aménagements engagés dans les écoles ou encore le projet de gratuité des effets scolaires, pour la rentrée 2027. (Photos Ville de Saint-Paul)

Cette rentrée s'est préparée dans un contexte tendu, marqué par la forte diminution des contrats PEC. Pour maintenir le fonctionnement des écoles et du périscolaire, la municipalité annonce avoir repris directement 380 contrats et mobilisé 3 millions d’euros supplémentaires.

"Cette rentrée n’est pas comme les autres. Elle n’était pas acquise", prévient Emmanuel Séraphin. À quelques heures du retour des marmailles dans les classes, le maire de Saint-Paul a tenu à insister sur les difficultés rencontrées pour préparer cette année scolaire. Écoutez.

Sur le territoire communal, 12.164 élèves doivent retrouver les bancs de 66 écoles, du littoral jusque dans les Hauts, en passant par le cœur de Mafate. À Rocheplate, l'école récemment réhabilitée connaîtra même une rentrée singulière puisqu'elle accueillera cette année une seule élève.

- 380 anciens contrats PEC repris par la commune - 

La principale difficulté de cette rentrée reste la diminution des contrats aidés accordés à la collectivité. En 2026, seulement 91 contrats sont attribués à la ville de Saint-Paul, contre 434 en 2025. Des personnels qui participent notamment à l'entretien des locaux, à la restauration scolaire, à l'accompagement ou à la surveillance des élèves.

Afin d'éviter le service dégradé, la municipalité a choisi de reprendre directement 380 contrats et d'engager 3 millions d'euros supplémentaires pour l'année scolaire. "Nous avons choisi de protéger l'école", affirme le maire, Emmanuel Séraphin. Une décision qui oblige la collectivité à revoir certaines de ses priorités budgétaires."Un budget n'est pas extensible, et lorsque 3 millions doivent être trouvés en cours d'année, cela oblige à revoir l'ensemble des calendriers, à réexaminer l'ensemble des priorités et parfois à différer un certains nombre de dépenses", il souligne.

Emmanuel Séraphin en profite également pour interpeller l'État sur sa politique en matière de contrats aidés. S'il reconnaît la nécessité de favoriser davantage la formation et l'emploi pérenne, il réclame « une transition juste, préparée, adaptée aux réalités réunionnaises », rappelant que plusieurs agents municipaux aujourd'hui titularisés ont commencé leur parcours professionnel par un contrat aidé.

- Quatre garderies municipales pour éviter une rupture du périscolaire - 

Les conséquences de la baisse des contrats aidés touchent également le secteur associatif. Plusieurs associations ont indiqué ne plus être en mesure d'assurer l'accueil périscolaire dans quatre établissements saint-paulois.

La Ville a donc décidé de prendre le relais avec la création de quatre garderies municipales, dans les écoles de Grande Fontaine, Laperrière, Petite France et Jean-Luc Daly Eraya. L'accueil est prévu le matin de 7 heures à 8 heures et l'après-midi de 15 h 30 à 17 h 30. "C'est une mesure que nous proposons, afin qu'aucune de ces familles ne se retrouve du jour au lendemain sans solution", explique Emmanuel Séraphin. Regardez.

- Plus de 51 milions d'euros consacrés à l'éducation -

Au-delà de la gestion de l'urgence, la municipalité entend poursuivre sa politique articulée autour de trois priorités : "mieux accueillir, mieux manger et mieux apprendre". En 2026, plus de 51 millions d'euros sont consacrés à l'éducation, soit 21 % du budget communal, selon Emmanuel Séraphin. Après la livraison des écoles de Bellemène, Rocheplate et Grand Fond, la Ville annonce un nouveau cycle d'investissements dans son patrimoine scolaire.

Parmi les principaux chantiers, la ville de Saint-Paul mobilise 11 millions d'euros pour la rénovation thermique de cinq écoles, 5,2 millions pour le réaménagement de deux cours et 3,9 millions pour la réhabilitation de l'école du Ruisseau. Soit un total de 20,3 millions d'euros pour ce nouveau cycle d'investissement. Écoutez.

La question du confort thermique occupe une place croissante dans la politique de développement de la Ville : protection solaire, ventilation naturelle végétalisation ou encore amélioration de l'isolement doivent permettre d'adapter les bâtiments aussi bien aux fortes chaleurs du littoral qu'aux températures beaucoup plus fraîches mesurées dans certaines écoles des Hauts.

"Notre ambition est de construire progressivement une école réunionnaise véritablement pensée pour son climat", résume le maire, qui demande également à l'État de mieux prendre en compte les réalités ultramarines dans les dispositifs nationaux de rénovation du bâti scolaire. 

- La gratuité des fournitures scolaires annoncée pour 2027 -

La ville de Saint-Paul poursuit également ses mesures destinées à réduire les dépenses supportées par les familles. Après la gratuité du transport scolaire dans le primaire et celle de la restauration, elle prépare désormais la gratuité des fournitures scolaires à partir de la rentrée 2027-2028. Le dispositif doit être élaboré avec les directeurs d'école et l'ensemble de la communauté éducative avant le lancement des marchés publics.

"Le but, ce n'est pas de donner pour donner. L'objectif, c'est que les marmailles apprennent mieux et qu'on gomme les inégalités sociales à l'intérieur des écoles", défend Emmanuel Séraphin. 

La municipalité souhaite poursuivre ses actions en matière de réussite éducative, de numérique, de sport, de culture, de santé et d'inclusion. Une unité d'enseignement adaptée doit notamment accueillir cinq enfants en situation de handicap à Notre-Dame-des-Grâces, tandis qu'une expérimentation consacrée au sommeil et à la disponibilité cognitive sera menée à partir d'octobre dans trois écoles maternelles.

Pour Emmanuel Séraphin, malgré une rentrée particulièrement complexe à organiser, l'objectif premier est atteint : "nos 66 écoles ouvriront leurs portes et nos enfants seront accueillis dans les meilleures conditions. C'est notre première responsabilité et nous l'avons tenue".

vg / www.imazpress.com / [email protected]

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