La préfecture de police de Paris avait annoncé son interdiction ce matin (actualisé à 15h00)

Loi travail : La manifestation interdite serait finalement "autorisée", selon la CGT et FO

  • Publié le 22 juin 2016 à 11:07

Ce mercredi 22 juin 2016, la préfecture de police a annoncé l'interdiction de la manifestation de jeudi à Paris. Cette interdiction fait suite aux violences qui ont émaillé la manifestation nationale du 14 juin dans la capitale. Il n'y avait plus eu de manifestation interdite en France depuis la guerre d'Algérie. Pour Eric Marguerite, représentant syndical de Force ouvrière, c'est une "provocation du gouvernement".

15h - Les syndicats pourront manifester à Paris jeudi "sur un parcours proposé par le ministre de l'Intérieur", depuis la place de la Bastille jusqu'au bassin de l'Arsenal

14 h - L'interdiction de la manifestation prévue jeudi à Paris contre la loi travail est "une décision de gestion opérationnelle de l'ordre public" et ne relève pas d'un "arbitrage" du président de la République, a-t-on indiqué mercredi dans l'entourage de François Hollande.

Suite à cette annonce, les secrétaires généraux de Force ouvrière Jean-Claude Mailly et de la CGT Philippe Martinez ont demandé mercredi à "être reçus rapidement par le ministre de l'Intérieur" .

"Dans ce cas, ils n'ont qu'à interdire l'Euro aussi"

11h30 - A La Réunion, c'est un rassemblement devant le Medef à Sainte-Marie qui est prévu, ce jeudi 23 juin à 10h, à l'appel de l'intersyndicale.

"Nous n'avons jamais eu de problème pour obtenir des autorisations de manifester à La Réunion. C'est vrai qu'il n'y a pas de problèmes de violences lors de nos dernières manifestations. Mais je trouve la décision de la préfecture inadmissible, inacceptable, insupportable, martèle Eric Marguerite. Dans ce cas, ils n'ont qu'à interdire l'Euro aussi, puisque il y a eu des violences en marge des matchs!" Surtout, pour le représentant syndical, c'est même une décision inutile, "puisque la manifestation aura de toute façon lieu, même si elle est interdite.

Le PCR dénonce une "régression" de l'idéologie de gauche

Pour le parti communiste réunionnais, cette décision est une "censure" de la liberté de manifestation, estime Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan dans un communiqué. "Après les cadeaux offerts au patronat et à la grande finance, après la remise en cause des acquis sociaux, après les attaques portées au droit du travail et à la représentation syndicale, après avoir muselé le débat parlementaire par l’usage du 49.3, voilà que le gouvernement socialiste censure la liberté de manifestation ! Le Parti Communiste Réunionnais dénonce cette atteinte à la liberté d’expression. Il est peu de référence dans l’histoire de France où l’idéologie de Gauche aura connu autant de régression que sous cette mandature présidentielle. Cela justifie et amplifie le soutien du PCR et de ses militants aux manifestions et aux combats syndicaux contre cette loi dite " Travail "".

"Refus d'une manifestation statique"

Pour rappel, les syndicats d'Ile-de-France, reçus mardi matin par la préfecture de police de Paris, avaient refusé "catégoriquement" la demande des autorités d'organiser un rassemblement statique jeudi, et avaient annoncé faire "des propositions alternatives de manifestations itinérantes", dans un communiqué.

"Le préfet a insisté pour que l'action de jeudi soit contrainte à un rassemblement place de la Nation ou sur une autre place parisienne. Les organisations syndicales d'Ile-de-France ont catégoriquement refusé cette proposition", écrivent dans un communiqué commun la CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl, qui vont faire mardi après-midi "des propositions alternatives de manifestations itinérantes" auprès de la préfecture.

Parmi les représentants politiques à s'être montré contre l'interdiction de manifester, Nicolas Sarkozy. Le président du parti Les Républicains (LR) a estimé mardi à Berlin qu'il n'était "pas raisonnable" d'interdire aux syndicats de défiler jeudi contre le contesté projet de loi travail, comme l'a évoqué le gouvernement. "S'agissant des syndicats, je pense que ce n'est pas raisonnable de dire à des syndicats qu'on leur interdit de manifester", a estimé M. Sarkozy devant la presse à Berlin, après avoir rencontré la chancelière Angela Merkel. Une position en totale contradiction avec la ligne officielle de LR, le porte-parole du parti, Guillaume Larrivé, ayant appelé lundi à l'interdiction de la manfestation de jeudi.

AFP

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le retour de Pierre Laval
le retour de Pierre Laval
7 ans

En 1911, il est candidat socialiste malheureux à une élection législative partielle dans la circonscription de Neuilly-Boulogne mais en 1914, Laval est élu député de la 2e circonscription de Saint-Denis. Ce sont les syndicats qui avaient insisté pour l'avoir comme candidat. À presque 31 ans, il est le benjamin des 103 députés socialistes.

Il est mort fusillé le 15 octobre 1945 à la prison de Fresnes, après sa condamnation à mort pour trahison, compte tenu de son rôle primordial dans le régime de Vichy.