Concilier vie privée et vie professionnelle

46% des Réunionnais font garder leurs enfants

  • Publié le 13 juillet 2011 à 07:00
46% des Réunionnais font garder leurs enfants

Concilier vie privée et vie professionnelle n'est pas toujours chose aisée quand on élève des enfants. Selon une enquête de l'Insee (institut national de la statistique et des études économiques), en partenariat avec la préfecture, les parents Réunionnais font appel à différents modes de gardes pour leurs petits. Entre entourage familial, voisinage, crèches et micro-crèches, les solutions à leur disposition ne manquent pas.

"Nous avons réalisé cette enquête pour dresser un descriptif des systèmes de garde présents à La Réunion et pour prendre en compte les besoins et les difficultés ressenties par les foyers", explique Michel Lalande, préfet de La Réunion. "De nos jours, nous ne sommes plus dans le stéréotype de l'homme qui doit travailler et de la femme qui doit rester au foyer pour élever les enfants. Les hommes et les femmes sont tous deux présents sur la sphère publique, ils sont tous deux sur le marché de l'emploi et doivent trouver des solutions pour garder leurs enfants. Ainsi, au niveau de la sphère privée, des besoins nouveaux s'expriment dans les systèmes de garderie", ajoute-t-il.

En 2010, près de la moitié des familles réunionnaises utilise un système de garde pour leur plus jeune enfant, âgé de moins de 11 ans selon les paramètres définis de l'enquête. En priorité, les parents confient généralement leur petit à un proche de la famille, notamment aux grands-parents. Ils peuvent aussi se tourner vers des professionnels de l'enfance.

Selon l'enquête de l'Insee, 46% des familles réunionnaises qui ont un enfant de moins de 11 ans déclarent confier leur enfant à une tierce personne ou à une structure d'accueil autre que l'école. L'entourage (famille, amis ou voisins) est sollicité par 35% des parents. Parmi ces derniers, les grands-parents sont particulièrement mis à contribution, sollicités par 28% des familles. Les 16% restants des familles réunionnaises qui font appel à un mode de garde se tournent vers les professionnels de l'enfance. Dans cette configuration, ce sont les centres d'accueil qui sont privilégiés : crèches, garderies, centres de loisirs. Ils sont préférés aux nourrices, qui assurent une garde personnalisée de l'enfant, et qui coûtent généralement plus cher. Cependant, il faut noter que 54% des familles réunionnaises déclarent se passer d'un mode de garde, et s'occupent elles-mêmes de leurs enfants.

Le recours au mode de garde est directement relié à la situation des parents sur le marché de l'emploi : 72% de parents qui travaillent font appel à un moyen de garde, contre 25% de parents sans emploi, et 35% pour un couple où un seul des deux parents travaille. A la scolarisation des enfants, le recours à un mode de garde pourrait être moins fréquent, mais il est quasiment équivalent, car l'entrée à l'école est synonyme d'un retour sur le marché du travail pour certains parents.

Concernant les structures d'accueil, l'Etat, la Caisse d'allocations familiales et le Conseil général ont lancé un plan crèche depuis 2007. Dans un premier temps, il permet le déplacement des plafonds de financement des institutions pour la création d'une quarantaine de crèches. Dans un second temps, la création de micro-crèches est accompagnée et encouragée, notamment par la formation des personnels et la mise à disposition par les communes de lieux d'accueil adaptés.

Dans le cadre de ce plan, fin 2010, 418 places ont été créées en micro-crèches et 421 en établissements d'accueil du jeune enfant. A noter qu'une micro-crèche propose environ 10 places et que son dispositif est plus simple à mettre en place que celui d'une crèche. "Une micro-crèche se monte en trois, quatre mois. Elle permet aussi des adaptations d'horaires, en fonction des demandes de parents, et facilite la vie des personnes qui habitent dans les zones retirées. C'est un système qui correspond bien à notre département", signale Sophie Elizéon, déléguée aux droits des femmes à la préfecture.

Samia Omarjee pour
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