Le procès de François Caillé, David Vital et leurs co-mis en cause s'est terminé ce mercredi 11 février 2026 au tribunal judiciaire de Saint-Denis. Dans cette affaire de faits supposés de corruption, fausses factures, marchés publics truqués, blanchiment, abus de biens sociaux et association de malfaiteurs, la procureure a réclamé de la prison ferme contre François Caillé et David Vital. Les avocats de la défense ont plaidé la relaxe de leurs clients au motif qu'ils n'avaient pas "d'intention délictuelle". Le tribunal rendra sa décision le vendredi 10 avril (Photo sly/www.imazpress.com)
Cette ultime journée d'audience a débuté avec l'examen de la personnalité de chacun des prévenus. Rien de bien particulier, sauf à quelques exceptions. Ainsi, on apprend qu'en 2000 François Caillé avait été condamné pour fraude fiscale.
On découvre aussi qu'outre ses fonctions au sein du groupe, la directrice du groupe, a été élue comme juge consulaire au tribunal de commerce.
Lorsque l'affaire éclate, elle refuse de démissionner de sa fonction mais décide simplement de se mettre en retrait. Une situation ambiguë que fustige la procureure Véronique Denizot. Enfin, concernant David Vital, le tribunal relève les cinq mentions qui entachent son casier judiciaire entre juin 2007 et mars 2019.
Les avocats des parties civiles ont ensuite pris la parole.
- "Pour David Vital, c'est un mode de vie de ne pas déclarer ses revenus". -
C'est Maître Bruno Quentin, pour la filiale d'Air Austral, Madève, qui commence. "Les faits sont têtus et ils doivent amener la condamnation de David Vital et Joseph Brema (ancien dirigeant de la compagnie aérienne). Alors que la société ne survit que par de l'argent public, les faits ont été commis par le dirigeant de cette entreprise. Cette créance ne repose sur rien, affirme l'avocat parisien.
Joseph Bréma était poursuivi pour abus de biens sociaux ou de crédit d'une société par actions par un dirigeant à des fins personnelles. Il lui est reproché une fausse facture adressée à la société Madève pour des prestations qui n'ont jamais été effectuées.
C'est ensuite l'avocate des services fiscaux qui prend la parole. Elle se constitue pour fraude fiscale contre David Vital, son fils, et la société Promethée (gérée par le fils de David Vital -ndlr). Elle remarque que "pour David Vital, c'est un mode de vie de ne pas déclarer ses revenus".
David Vital a déjà fait l’objet d’un redressement fiscal de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Pour l'avocat du groupe Ethève, "le détournement de fonds est non seulement important mais aussi avéré". Pour rappel, l’affaire porte sur cinq factures de près de 300.000 euros établies en 2023 par la société Ciné Grand Sud dans le cadre de la construction du multiplexe de Saint-Pierre. L'entreprise de travaux électriques destinataire des fonds n'est jamais intervenue sur le chantier.
L'ancien responsable financier du groupe Etheve a été jugé en janvier dernier en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Il a été condamné à 18 mois avec sursis et 10.000 euros d'amende, dont 3 avec sursis.
- "La commune de Saint-Paul est doublement atteinte" -
C'est ensuite à l'avocate de la mairie de Saint-Paul de prendre la parole. "La commune est doublement atteinte. En premier, par la trahison de son employé (soupçonné d'avoir divulgué des informations confidentielles sur des marchés publics pour favoriser le groupe Caillé - ndlr) et ensuite par l'atteinte à sa réputation" lance l'avocate.
"Il est un personnage central des appels d'offres. C'est un système structuré qui a été mis en place. Il fait cela pour être embauché par le groupe Caillé. Il y a bien corruption et favoritisme" estime la juriste.
Enfin, Maître Armand Feste-Guidon, l'avocat des principales entreprises "victimes", clôt les plaidoiries des parties civiles. "Fondamentalement, tout le monde reconnaît les faits. Les faits sont parfaitement caractérisés pour l'ensemble des prévenus".
- La procureure demande de la prison ferme -
La parole est donnée à la procureure Véronique Denizot. Durant près d'une heure, la magistrate démontre l'implication de l'ensemble des prévenus.
Elle prononce ensuite ses réquisitions. Elle demande :
- trois ans de prison, dont un an ferme, 200.000 euros d'amende et 5 ans d'interdiction de gérer une entreprise requis contre François Caillé
- six ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé et exécution provisoire, 375.000 euros, 15 ans d'interdiction de gérer et d'exercer une profession commerciale contre David Vital
- 18 mois de prison avec sursis, 50.000 amende, interdiction de gérer une entreprise pendant 5 ans et une inéligibilité de 5 ans (avec exécution provisoire) contre la directrice du groupe Caillé
- deux ans de prison avec sursis, 100.000 euros d'amende, interdiction à vie d'exercer dans la fonction publique et refus de la non inscription de la peine au casier judiciaire contre l'ancien directeur de la logistique à la mairie de Saint-Paul
- 18 mois de prison avec sursis, 50.000 euros d'amende et une interdiction de gérer une entreprise pendant 5 ans contre Joseph Bréma, ancien dirigeant d'Air Austral
- 12 mois de prison avec sursis et 10.000 euros d'amende dont 5.000 avec sursis et une interdiction de gérer une entreprise durant 5 ans contre le fils de David Vital
- 18 mois de prison avec sursis et une interdiction de gérer une entreprise durant 5 ans contre le père de David Vital.
- "Pas d'élément intentionnel" même si François Caillé a reconnu avoir fait des fausses factures -
Toute l'après-midi a été occupée aux plaidoiries de la défense. La majorité des conseils plaident la relaxe de leur client respectif. Tous se basent sur le même raisonnement. Certes, il y a eu infraction, mais tous soulignent que l'élément intentionnel n'existe pas.
A noter qu'à la barre du tribunal de Saint-Denis, François Caillé a admis avoir utilisé un système de fausses factures d’un montant global de 156.000 euros pour payer David Vital.
"On m’a dit que mon groupe était mauvais dans (les réponses) aux appels d’offre" a-t-il expliqué. "J’ai passé un accord avec Vital pour qu'il me renseigne sur mes adversaires. Pour cette prestation, il veut que je le paye en cash et j’ai dit oui" a encore dit le chef d’entreprise.
"Mais je n’ai payé que lui. Comment il fait (pour avoir des renseignements) ? Cela ne me regarde pas, (…) je ne lui ai jamais demandé de corrompre quelqu’un" a affirmé François Caillé en niant toute volonté de corruption.
Il a ajouté : "on décide de tout arrêter en septembre 2023 avec une dernière fausse facture qui, pour moi, est un solde de tout compte concernant David Vital".
"Fin 2022, nous redevenons une entreprise normale (les difficultés financières du groupe ont été aplanies - ndlr) et en 2023, il n'y a plus de raisons de faire des choses illégales" a déclaré sereinement à la barre le chef d’entreprise.
Selon les avocats de François Caillé, leur client a répondu avec constance aux questions du tribunal durant ces 3 jours : "Il a expliqué le contexte particulièrement difficile dans lequel son groupe se trouvait alors. Monsieur François Caillé, a admis devant ce tribunal s’être laissé emporter dans une spirale qu’il regrette. Mais il a fermement contesté, notamment, l’infraction de corruption."Écoutez.
- "Ce dossier repose sur l'interprétation d'un commandant de police" -
Me Cyril Tragin, qui défend la directrice du groupe Caillé, tous regrettent qu'il n'y ait pas eu d'instruction.
"Ce dossier est un choix du parquet qui repose uniquement sur l'interprétation d'un commandant de police", plaide le conseil parisien en tentant, comme ses confrères, de démontrer qu'elle n'avait aucune intention de commettre les infractions ni même les éléments matériels.
Sans avocat David Vital a quand même pu s'exprimer pour sa défense.
C'est par le biais d'une lettre lue à l'audience qu'il a plaidé sa cause. "Je regrette de n'avoir pas été assisté par mon avocat. Je ne comprends pas ce refus. Cela m'a privé de ma défense. Il n'y a pas eu de procès équitable me concernant. Dans d'autres procès aussi importants, les prévenus ont obtenu des renvois. Pourquoi pas moi ? Je conteste ce que l'on dit de moi. Pour moi, c'est un préjudice sérieux. La peine de six ans demandée par la Procureure est inhumaine alors que je n'ai même pas un avocat", dit-il.
Face aux journalistes, il dit : "Contre Sarkozy où il était question de millions on a réclamé 5 ans. Contre moi, pour 300.00 ou 400.00 euros on demande 6 ans". Regardez
Les autres prévenus ont, quant à eux, décidé de ne pas s'exprimer à la fin de l'audience. Ils seront fixés sur leur sort le vendredi 10 avril prochain.
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Dommage on a pas traité LES affaires de didier robert candidat a ...... Saint Paul.
Apres ce sera au tour de SPL ESTIVAL avec Selly et Atchapa qui n'a rien foutu a Bras Panon.
Ensuite les Vira.
Olivier Riviere de St Philippe avec notamment l'affaire Nexa.