(Actualisé) Ce jeudi 22 janvier 2026, 18 personnes comparaissent devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis selon la procédure de plaider-coupable pour abus de biens sociaux, de recel ou encore de blanchiment, faux et usage de faux. Les faits sont présumément liées à l'affaire mettant en cause l'homme d'affaire David Vital. Ce jeudi, dix personnes ont déjà été condamnées. Les peines vont de six mois de prison ferme sous bracelet à 90 jours d'amendes. L'un des mis en cause a refusé la procédure de plaider-coupable et sera juré ultérieurement par le tribunal correctionnel. Sept prévenus restent à juger (Photo www.imazpress.com)
Tous les mis en cause sont des chefs ou des dirigeants d'entreprise. Selon les faits reprochés, certains d'entre eux se seraient servis de leurs fonctions pour établir des fausses factures, notamment dans l'espoir d'obtenir des marchés publics.
D'autres auraient utilisé les comptes de leur entreprise pour payer des dépenses personnelles. Ces malversations supposées ont souvent un lien avec David Vital, lui-même poursuivit dans l'affaire de corruption mettant en cause François Caillé, dirigeant du groupe éponyme.
Les 18 prévenus jugés ce jeudi pour abus de biens ou du crédit d'une société par un gérant ou un dirigant à des fins personnelles, ont donc déjà reconnu les faits. Selon la procédure de plaider-coupable, chaque personne mise en cause est reçue par le parquet qui propose une peine.
Si le prévenu accepte, il est présenté à un juge qui homologue la peine. Si le mis en cause refuse la peine ou si le juge refuse son homologation, la personne est renvoyée devant le tribunal correctionnel.
À 11h30, neuf prévenus avaient déjà été jugés. L'un d'eux a refusé le plaider-coupable et sera donc jugé ultérieurement en correctionnelle.
Après une suspension d'audience à la mi-journée, deux autres personnes ont été condamnées.
Les dix autres ont été condamnés à des peines allant de 6 mois ferme sous bracelet à 8 mois de prison avec sursis. Des peines d'amende allant de 40.000 euros à 10.000 euros ont également été prononcées à leur encontre.
Les autres prévenus sont en cours de jugement.
- Septembre 2024 : perquisitions et gardes à vue pour François Caillé -
Les jugements prononcés ce jeudi sont le prélude du procès qui aura lieu du 9 au 11 février prochain. François Caillé David Vital et plusieurs autres personnes seront alors jugées pour des faits présumés de corruption.
Rappel des faits
Tout commence à la mi-2023, lorsqu’un signalement est adressé aux autorités sur le train de vie fastueux d'un certain David Vital, 52 ans. Une perquisition à son domicile et l’analyse de son téléphone révèlent "une véritable caverne d’Ali Baba" selon la brigade financière du STPJ, le Service territorial de police judiciaire.
Des échanges de messages avec différentes personnalités mettent au jour des soupçons de corruption, de fausses factures et de marchés publics truqués, dont certains avec la commune de Saint-Paul. Dans le même temps, David Vital fait l’objet d’un redressement fiscal de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Le 17 septembre 2024, la brigade financière frappe un grand coup. À l’aube, les locaux du groupe Caillé à Saint-Denis sont perquisitionnés. François Caillé, 73 ans, sa directrice Nelly Darouèche, David Vital, son père Joseph Vital et un agent de la commune de Saint-Paul sont placés en garde à vue pour favoritisme, corruption, trafic d’influence et blanchiment.
Selon les enquêteurs, des informations auraient fuité lors de remises de plis en réponse à des appels d’offres afin de favoriser le groupe Caillé dans l’obtention de marchés publics pour la vente de véhicules. L'appartement appartenant à David Vital au sein de la SCI Clavit est saisi fin septembre 2024 par le Groupe interministériel de recherche qui travaille à l’identification et la saisie du patrimoine acquis avec le bénéfice de trafics.
- Des dizaines d’entreprises éclaboussées -
Entre septembre 2024 et le premier semestre 2025, de nombreux chefs d’entreprise sont entendus par la brigade financière. Dix-sept reconnaissent avoir établi de fausses factures et commis des abus de biens sociaux. Certains ont été confondus grâce à leurs échanges avec David Vital, d’autres sont venus se dénoncer.
Le fil rouge, selon une source proche du dossier : la passion commune du poker, source de besoins réguliers en liquidités. Ce goût pour le jeu expliquerait en partie le train de vie dispendieux de David Vital, qui a fini par attirer l’attention de la justice et précipiter l’effondrement de ce "château de cartes".
Les autres prévenus dont François Caillé, David Vital, Nelly Darouèche, Joseph Vital, un agent de la commune de Saint-Paul et Joseph Brema comparaîtront les 9, 10 et 11 février 2026 devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Ils sont poursuivis pour une longue liste d’infractions : corruption active et passive, favoritisme, blanchiment, abus de biens sociaux, abus de confiance, association de malfaiteurs, complicité, recel et fraude fiscale.
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