Assassinat de Lizabete à Nice : le principal suspect de 45 ans mis en examen et écroué

  • Publié le 25 janvier 2026 à 18:26
  • Actualisé le 25 janvier 2026 à 18:34
Assassinat de Lizabete à Nice

L’homme de 45 ans soupçonné de l’assassinat par balles ce mercredi à Nice de Lizabete, une jeune mère de 23 ans qui se trouvait avec son bébé dans une voiture, a été mis en examen pour assassinat et écroué ce dimanche, a annoncé le procureur de la République de Nice.

Le suspect a été mis en examen et placé en détention provisoire pour "assassinat" par un juge d’instruction, devant lequel "il a gardé le silence", a précisé le procureur Damien Martinelli dans un communiqué.

Visé par deux mandats d’arrêt, un national et un européen, le suspect, né au Portugal, serait un ancien compagnon de la belle-mère de la victime.

Il a été arrêté ce samedi en début d’après-midi sur les hauteurs de Grasse, par les enquêteurs de la police judiciaire de Nice "avec l’appui" des policiers spécialisés de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) et du Raid, a indiqué le procureur de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué.

Deux autres personnes ont été interpellées et placées en garde à vue ce samedi, soupçonnées de lui avoir apporté de l’aide, en le logeant pour l’une d’elles, selon une source policière.

Les enquêteurs avaient rapidement porté leurs soupçons sur l’homme arrêté à Grasse, qui avait, quelques jours avant l’assassinat de mercredi, été placé en garde à vue pour des violences aggravées sur son ex-compagne. Déféré dimanche, il avait été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’approcher cette femme.

- Il a tiré à une dizaine de reprises -

Le drame a eu lieu mercredi, à une intersection proche d'un lycée dans l'ouest de la ville. Un homme circulant à scooter s'est porté à la hauteur de la conductrice et a tiré à une dizaine de reprises à bout portant à travers la vitre du véhicule, a détaillé le procureur de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué.

Arrivés rapidement sur les lieux, les pompiers ne sont pas parvenus à réanimer la jeune femme mais ont pu prendre en charge l'enfant de sept mois, qui était sur le siège passager dans son fauteuil bébé et miraculeusement indemne.

La police a rapidement retrouvé le scooter juste derrière la gare, selon le parquet, qui a annoncé l'ouverture, jeudi soir, "d'une information judiciaire du chef de meurtre avec préméditation."

Le propriétaire du deux-roues s'est présenté à la police et a été placé en garde à vue, avait déjà indiqué le procureur.

Selon une source policière, le petit ami de la victime a lui aussi été entendu et, selon une source judiciaire, il ne s'agit pas du propriétaire du scooter.

Si le déroulement des faits pouvait initialement laisser penser à la piste d'un homicide sur fond de criminalité organisée, les enquêteurs ont recueilli "des éléments relatifs à une piste intrafamiliale", explique le procureur.

Le beau-père du petit ami de la victime, un homme d'environ 45 ans, avait placé en garde à vue la semaine dernière pour des violences aggravées sur la mère du compagnon de la défunte.

- Intervention du Raid -

Cet homme, jusque-là connu de la justice uniquement pour conduite sans permis, avait été déféré dimanche et placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'approcher cette femme, détaille le parquet.

Tard mercredi soir, le Raid est intervenu pour tenter d'interpeller le suspect à son domicile mais il ne s'y trouvait pas et est désormais activement recherché, selon une source policière.

Selon plusieurs médias locaux, cette intervention a eu lieu au sein d'une école située dans le nord de Nice, où l'homme travaillait et disposait d'un logement. Jeudi dans la matinée, le calme régnait aux abords de l'établissement, selon une journaliste de l'AFP.

"De très nombreuses investigations sont en cours pour localiser le ou les personnes impliquées et préciser les circonstances et le motif des faits", ajoute le procureur qui a ouvert dès mercredi soir une enquête pour meurtre aggravé, confiée à la police judiciaire du département.

Ce fait divers a immédiatement fait réagir les candidats aux municipales à Nice. Le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) a parlé sur le réseau social X d'un "acte d'une barbarie inouïe". Un qualificatif repris par Juliette Chesnel-Le Roux (PS-PCF-Verts) qui s'est dite "sidérée et révoltée" par "cette violence d'une barbarie absolue".

Cette dernière a suspendu sa campagne pour trois jours, appelant les autres candidats à faire de même dans un geste d'unité et de responsabilité pour "ne jamais banaliser l'inacceptable" dans un "engagement constant contre les violences faites aux femmes".

Eric Ciotti, candidat UDR-RN, a accepté la proposition "face au choc immense qui a frappé notre ville".

L'équipe de campagne de M. Estrosi a pour sa part évoqué des consignes pour qu'aucune action militante ne soit menée, "dans un esprit de solidarité et de décence", tandis que le maire a proposé d'accorder le statut de pupille de Nice à l'enfant pour l'accompagner jusqu'à sa majorité. 

AFP

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