À La Réunion, le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent chez les hommes et le deuxième chez les femmes après le cancer du sein. Chaque année, environ 393 nouveaux cas sont diagnostiqués et 151 décès surviennent. Si le dépistage précoce sauve des vies, à La Réunion, le taux de participation au dépistage dans l'île est de 26,3%, bien en-deçà de l’objectif national de 65%. Ce test est pourtant simple, rapide et pris en charge à 100%. À l’occasion de Mars Bleu, les professionnels de santé et acteurs associatifs se mobilisent pour sensibiliser la population (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
La CGSS Réunion et l’ARS La Réunion, en partenariat avec Cap Onco Réunion, les professionnels de santé et les acteurs associatifs organisent de nombreuses actions de sensibilisation et de dépistage dans toute l’île au cours du mois de mars.
- Renforcer l’accès au dépistage du cancer colorectal -
Depuis fin 2023, sept plateaux téléphoniques nationaux ont été déployés par l’Assurance Maladie pour aller vers les publics fragiles et éloignés du système de soins, et notamment pour accompagner un maximum de personnes éligibles dans la réalisation du dépistage du cancer colorectal.
À La Réunion, l’activité de la plateforme a permis de renforcer le dépistage colorectal dans la région en contribuant à lever les freins et à inciter les publics à réaliser leur dépistage.
En complément de ce dispositif national, l’ARS La Réunion soutient le déploiement de médiateurs en santé sur l’ensemble du territoire pour renforcer la proximité avec les habitants, notamment dans les communes et quartiers prioritaires. Ces actions de terrain permettent d’expliquer ce qu’est le dépistage, de lutter contre les idées reçues et de faciliter concrètement l’accès au test, dans un objectif de réduction des inégalités de santé et d’amélioration de la participation au dépistage du cancer.
- Pourquoi se faire dépister ? -
Le dépistage est une démarche qui permet de diagnostiquer tôt certains cancers. Il vise à détecter, en l’absence de symptômes, des lésions susceptibles d’être cancéreuses ou d’évoluer vers un cancer.
Le cancer colorectal a un excellent pronostic lorsqu’il est détecté tôt, avec des chances de guérison de 95% à 5 ans. Sa détection précoce permet une meilleure qualité de vie et un recours à des traitements moins invasifs.
Qui est concerné ?
Le programme de dépistage organisé du cancer colorectal concerne tous les hommes et toutes les femmes âgées de 50 à 74 ans qui sont invités à réaliser un test de dépistage tous les deux ans. En cas d’antécédent familial ou de prédisposition génétique, un suivi médical spécifique plus régulier est nécessaire et à discuter avec son médecin traitant.
Comment est-on invité ?
L’Assurance Maladie envoie tous les 2 ans une invitation par courrier ou sur l’espace personnel Ameli aux personnes concernées pour réaliser un test de dépistage du cancer colorectal, visant à détecter la présence de sang invisible dans les selles.
En cas de non réalisation du test, une première relance est faite sur l’espace Ameli au bout de 6 mois puis une seconde après 12 mois. Lors de cette seconde relance, un kit de dépistage est systématiquement envoyé au domicile.
Comment récupérer son kit de dépistage ?
La personne peut récupérer son kit de dépistage gratuitement :
- Chez son médecin traitant, chez un gastroentérologue ou un gynécologue, même sans invitation ;
- Dans les 211 pharmacies habilitées de l’île, même sans invitation ; la liste des pharmacies est à retrouver sur www.caponco.re/liste-des-pharmaciens
Avant de remettre le kit de dépistage, le professionnel de santé procède à un rapide questionnaire médical pour s’assurer que la personne est bien éligible au dépistage organisé et pouvoir l’orienter vers une prise en charge adaptée si besoin. Le test est destiné aux personnes ne présentant pas de risque élevé de cancer.
Comment se déroule le test de dépistage ?
Il consiste à prélever un petit échantillon de selles et se réalise à domicile.
Le kit de dépistage contient :
- Le mode d’emploi ;
- Une fiche d’identification,
- Une enveloppe préaffranchie pour renvoyer le test ;
- Le matériel nécessaire pour réaliser le test (tube, sachet).
Une fois le prélèvement effectué, celui-ci doit être envoyé par courrier grâce à l’enveloppe T incluse dans le kit de dépistage au laboratoire chargé de l’analyser. L’analyse du test a lieu dans l’Hexagone et est prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie. Il est recommandé de poster le prélèvement en début de semaine et d’éviter les veilles de week-end et de jour férié.
Comment obtenir ses résultats ?
La réception des résultats se fait par un lien d’accès envoyé par SMS au numéro de téléphone renseigné sur la fiche d’identification du kit de dépistage ou, à défaut, par courrier. Le délai minimal de réception des résultats est d’environ 2 semaines. Les résultats sont également adressés au médecin traitant par voie électronique sécurisée, ainsi qu’à Cap Onco Réunion.
En l’absence de symptômes, le test est recommandé tous les deux ans dans le cadre du programme de dépistage organisé. Si des symptômes apparaissent entre les tests, il est important de consulter un médecin pour un examen plus approfondi.
Et si le résultat est positif ?
Dans ce cas, le médecin traitant prescrit une coloscopie afin de vérifier si des anomalies sont présentes ou non dans le côlon et le rectum :
- Dans 60% cas, aucune anomalie n’est détectée ;
- Dans 30 à 40% des cas, un polype est détecté. Il peut être retiré durant la coloscopie évitant ainsi qu’il ne se transforme en cancer ;
- Dans 8% des cas, on détecte un cancer qu’on traite d’autant mieux qu’il est découvert tôt.
- Qu’est-ce que le cancer colorectal ? -
Quels sont les facteurs de risque ?
Le risque de cancer colorectal est lié à plusieurs facteurs de mode de vie :
- L’alimentation pauvre en fibres et riche en viandes rouges ou transformées ;
- La sédentarité et le manque d’activité physique ;
- Le surpoids et l’obésité ;
- La consommation d’alcool ;
- Le tabagisme.
À ces facteurs dits modifiables s’ajoutent des éléments non modifiables :
- L’âge : 95% des cancers colorectaux surviennent après 50 ans ;
- Les antécédents familiaux : si un parent proche a eu un cancer colorectal, le risque est triplé ;
- La prédisposition génétique : les cancers colorectaux héréditaires représentent moins de 5% des cas et surviennent généralement avant 40 ans.
Bien que certains risques ne soient pas contrôlables, des changements de mode vie tels que l’adoption d’une alimentation riche en fibres et la pratique régulière d’une activité physique, ainsi que la participation tous les 2 ans au dépistage organisé permettent de réduire considérablement les risques de développer un cancer colorectal et d’agir à un stage précoce avec des traitements plus légers et de meilleures chances de guérison.
Quels sont les symptômes du cancer du côlon et du cancer du rectum ?
Les cancers du côlon et du rectum peuvent évoluer longtemps sans provoquer de signes perceptibles.
Lorsqu’ils apparaissent, les symptômes sont souvent peu spécifiques :
- Des troubles du transit intestinal ;
- Du sang dans les selles ;
- Des symptômes généraux : perte de poids, grande fatigue, etc.
Comme d’autres maladies peuvent provoquer les mêmes symptômes, il est important d’en parler à son médecin traitant lors d’une consultation.
Le cancer colorectal se développe dans la muqueuse du côlon ou du rectum, la dernière partie du tube digestif.
Il commence très souvent par l’apparition de polype, petite excroissance bénigne de la muqueuse intestinale qui se développe sur la paroi intestinale. Avec le temps, ces excroissances peuvent devenir cancéreuses. En moyenne, un polype sur 30 à 40 peut évoluer en cancer sur une période de plus de 10 ans. Cette transformation étant lente, cela laisse du temps pour le détecter et agir grâce au programme de dépistage organisé du cancer colorectal.
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