Actuellement, l'Hexagone connaît "des chaleurs extrêmes", obligeant professeurs et élèves à travailler dans des salles de classe surchauffées au point que le ministère de l'Éducation a envisagé le report des oraux du baccalauréat. À La Réunion, lorsque agents, professeurs et élèves - qui étudient dans les mêmes conditions - protestent… ils sont à peine écoutés. Même par fortes chaleurs, sans ventilateurs efficaces, les horaires et jours de cours sont inchangés. Pourquoi ce traitement différencié ? "Il n’y a rien d’inédit dans le fait que sur un territoire tropical, la période de l’été austral connaisse des températures élevées" rétorque le Rectorat interrogé par Imaz Press. Manière polie de dire "continuer suer, il n'y a rien d'autre à faire" (Photo www.imazpress.com)
Dans l'Hexagone, où les températures dépassent actuellement les 30 degrés, le ministre de l'Éducation a déclaré que "les élèves convoqués à des oraux du baccalauréat dans des centres d'examen jugés trop chauds seront prévenus d'un éventuel report", faute de pouvoir "accueillir les élèves et professeurs dans les bonnes conditions pour passer l'examen - mais aussi pour les jurés qui vont passer leurs journées à faire passer les examens".
Au-delà de la situation liée aux examens du baccalauréat, Édouard Geffrey se désole que "certains professeurs doivent faire cours dans des températures extrêmes. Si cela ne permet pas de faire cours dans des conditions de sécurité normales, à ce moment-là, on peut fermer l'école ou l'établissement", affirme-t-il, renvoyant la décision au cas par cas aux autorités compétentes.
🔴 BAC : les élèves face à la canicule ➡️ "Si [...] les conditions ne sont pas remplies, ils recevront une autre convocation, jeudi ou au plus tard vendredi matin, leur indiquant que l’oral est décalé de quelques jours", déclare Édouard Geffray, ministre de l’Éducation pic.twitter.com/i3ABTLLtBu
— franceinfo (@franceinfo) June 17, 2026
"Pendant ce temps à La Réunion, les cours continuent avec 34 degrés affichés au thermomètre et davantage en ressenti. Professeurs et élèves composent tant bien que mal avec une chaleur de plus en plus insupportable", s'indigne un professeur de collège de Sainte-Marie qui a souhaité conserver l'anonymat.
- À La Réunion, des écoles inadaptées au climat d’aujourd’hui -
Luc Briand est professeur d'anglais au lycée Leconte de Lisle à Saint-Denis. "Il fait 32 degrés dans les salles. C'est épuisant, les élèves sont amorphes, apathiques, on est rincé", confie-t-il. "On nous dit c'est normal à La Réunion mais en même temps, ce sont ceux qui passent la journée dans la climatisation qui disent cela", dit-il.
Luc Briand poursuit, "certains de mes collègues vont même une heure dans leur voiture, enfermés dans la clim", cherchant à trouver un air plus respirable... ou pas.
Le professeur d'anglais de Sainte-Marie le constate, "avec les fortes chaleurs, parfois les élèves ne viennent pas".
- Il fait chaud à La Réunion, rien d'"exceptionnel" pour le rectorat -
Mais alors pourquoi un tel décalage entre l'Hexagone et La Réunion ?
"Il y a deux poids deux mesures car nous sommes nés sous les tropiques donc pour l'État nous sommes nécessairement adaptés au chaud", s'insurge Gladys Robert du Saiper.
"À La Réunion, cette situation n'a malheureusement rien d'exceptionnel. Chaque année, pendant l'été austral, des milliers d'élèves et de personnels travaillent dans des salles où les températures dépassent largement les conditions acceptables pour apprendre, enseigner ou simplement rester concentré", s'indigne Jocelyne Latchimy, co-secrétaire départementale de la FSU.
Contacté, le Rectorat de La Réunion a souhaité rappeler à Imaz Press qui"il n’y a rien d’inédit dans le fait que sur un territoire tropical, la période de l’été austral connaisse des températures élevées", n'oubliant pas au passage de nous rappeler le "contexte inédit par son intensité, son étendue géographique et surtout sa précocité" dans l'Hexagone.
"Au niveau national, l’indicateur thermique qui mesure la température moyenne à l’échelle du territoire de l’hexagone a atteint en mai des températures records (24,9° le mardi 26 mai, c’est du jamais-vu). Au plus fort de l’épisode, jusqu’à 90° du territoire s’est retrouvé sous des températures égales ou supérieures à 30° C. Cela peut justifier le fait que certaines municipalités aient décidé des fermetures de classes", dit encore l'administration de l'Académie.
À en croire donc le Rectorat, il serait faux, voire malveillant, qu'il existe deux poids deux mesures entre l'Hexagone et La Réunion sur les conditions d'accueil par fortes chaleurs puisque "nous sommes sur un territoire tropical"...
Le Rectorat estime aussi que professeurs et élèves "sont entendus" par le ministère de l'Éducation car "chaque année, des mesures de prévention des risques liés au soleil et à la chaleur pendant les activités scolaires sont diffusées équipes pédagogiques des écoles et établissements scolaires (hydratation régulière, activités réduites en extérieur, ventilation naturelle)".
Merci de nous rappeler qu'en buvant de l'eau nous aurons moins chaud et qu'il faut éviter de s'agiter en plein soleil.
- Beaucoup de promesses -
En 2025, Luc Briand a débrayé avec une trentaine de ses collègues durant une heure. "À la suite de cela, on nous a dit qu'il y aurait des climatisations dans les bâtiment", explique-t-il. S'il reconnait que cela commence doucement à être fait, plus d'un an après, le compte n'y est pas. "On nous dit ça va être fait, on nous dit que c'est en panne et que l'on ne peut pas réparer… Nous sommes suspendus aux paroles faites à l'oral", lance Luc Briand.
Beaucoup d'établissements restent insuffisamment adaptés au climat réunionnais : manque d'isolation thermique, absence de brasseurs d'air dans certaines salles, cours bétonnées créant des îlots de chaleur, végétalisation insuffisante, équipements vieillissants et préfabriqués parfois absence d'espaces de repli lors des épisodes de fortes chaleurs.
"Il est urgent d'engager également un plan pluriannuel ambitieux d'adaptation climatique des écoles, collèges et lycées de La Réunion. Cela passe notamment par la rénovation thermique des bâtiments, l'installation de dispositifs de ventilation adaptés, la végétalisation des établissements, la création d'espaces ombragés et la définition de protocoles clairs permettant de protéger les élèves et les personnels lors des épisodes de chaleur extrême mais les réponses doivent être également plus larges que des ajustements du calendrier scolaire, des horaires et du bâti scolaire", lance Jocelyne Latchimy de la FSU.
Pour prouver les efforts faits, le rectorat liste quelques exemples de ce qui est fait. "La ville de Saint-Denis investit chaque année près de 2 millions dans le confort thermique, au Port, le maire a lancé une stratégie de résilience climatique en trois volets : confort thermique, avec comme objectif 100 % des écoles équipées de brasseurs d’air d’ici 2028, performance énergétique, grâce au remplacement des éclairages par des LED et protection des bâtiments, en passant par l'isolation des toitures et la végétalisation des cours, à l’Étang-Salé, la municipalité dit avoir investi 60.000 euros dans l'achat de brasseurs d'air et de ventilateurs...".
Le Département, en charge des collèges, mise de son côté sur l'installation de brasseurs d’air, l'amélioration de l’aération naturelle des salles de classe ou encore la pose de voiles d'ombrages et de résine de couleur pour limiter la réverbération sur les plateaux sportifs, afin d'améliorer les conditions de travail et du confort thermique. "Ces opérations permettent de réduire de 2 à 4 degrés la température ressentie dans les espaces les plus exposés", indique le Département.
"En parallèle, près de quarante collèges disposent déjà de fermes photovoltaïques qui contribuent également à limiter l’échauffement des toitures", précise le Département.
- Trois milliards d'euros mis sur la table par le ministère l'Éducation nationale -
Le ministre de l'Éducation lui concède que "l'idéal serait que nous ayons nos 60.000 écoles, collèges, lycées parfaitement isolés, rafraîchis", mais il rappelle que "tous ces bâtiments appartiennent aux collectivités territoriales, pas à l'État".
Les écoles appartiennent en effet aux communes, les collèges aux départements et les lycées aux régions. "Nous, on finance les trois milliards d'euros qui ont été mis sur la table" pour rénover le bâti.
"Aujourd'hui, il y a 24 millions de mètres carrés qui sont en cours de rénovation", précise Édouard Geffray. "Mais je ne peux pas rénover un bâtiment qui ne m'appartient pas", pointe-t-il.
- La chaleur, un danger pour la santé des professeurs et élèves réunionnais -
À La Réunion on vit 34-37 degrés plusieurs mois, donc l’argument "exceptionnel" ne tient pas. Pour être entendu, il faut passer de "il fait chaud" à "le bâti met en danger la santé"", lance l'enseignant de Sainte-Marie.
Il rappelle, via le Snalc, "qu'au-delà de 30°C pour activité sédentaire, la chaleur peut constituer un risque".
Selon ce professeur, "le ministère et les collectivités ont des plans, mais il faut les activer localement". D'après lui, ce qui marche c'est : "signaler dans le Registre de Santé et Sécurité au Travail si la chaleur est intenable. Ça engage la responsabilité de l’employeur, demander une fermeture au maire/préfet, ou encore exiger l’application du "plan chaleur"".
Il faut également selon lui, "relever les températures en classe avec photos datées. Le programme "Racine" a relevé 37°C dans des salles. Ces chiffres marquent. Interpeller les élus car ce sont elles qui financent stores, ventilation, végétalisation".
À La Réunion, "la modification du calendrier scolaire permettra de résoudre partiellement le problème de la chaleur en allongeant la durée des vacances au mois de janvier, mais comme le recteur l’a indiqué à différentes reprises, nous faisons face à un phénomène de changement climatique auquel nous devons collectivement nous adapter, notamment pour ce qui concerne le bâti scolaire, qui a été conçu à une époque où le réchauffement climatique n’était pas un sujet", précise l'Académie.
D’ici à 2030, 9,4 des 11,8 millions d’élèves français pourraient être exposés de 2 à 8 jours de fortes chaleurs par an, soit 2 à 5 fois plus que pendant la période 1976-2005 selon des EduRénov.
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Rah la la ! Toujours en train de pleurer, la gauche. Comment on a fait pendant les décennies précédentes, pour le pas dire plus d'un siècle ? Faut croire que les marmailles (nous) étaient climatologiquement adaptés... ou alors que le bon sens avait encore cours... Aujourd'hui on veut rafraîchir les classes, il faut les bichonner ces pauvres bambins, tandis qu'ils ne savent plus écrire deux lignes sans 10 fautes à chaque phrases et qu'ils deviennent de plus en plus crétins chaque année qui passe... et ça demande de voter Lfi... non mais je rêve...
ceux qui sont dans le BTP et les agriculteurs par exemple font comment....................... Je pense qu'il serait judicieux d'interdire les gens d'aller à la plage, on ne sait jamais
Il faut dire merci as l'éducation nationale française,elle uniforme tous, autrefois les cours finissait plus tôt et les vacances était plus longue en période de forte chaleur
"À La Réunion, lorsque agents, professeurs et élèves - qui étudient dans les mêmes conditions"
Ah bon ? 40° à l'ombre à la Réunion ?
C'est bien ce que j'ai toujours pensé :
10 poids 10 mesures !
Nous sommes français et européens tant que cela arrange la haute sphère.
Face au changement climatique, il n'y a qu'un mot à retenir "adaptabilité " et cela doit être valable naturellement pour l'hexagone.
Une question se pose :
Combien de personnes seraient prêtes à limiter les déplacements inutiles et les déchets pour obtenir au moins une légère amélioration ?
Arrêtons de subir, réagissons et c'est l'affaire de tous !
La petite victimisztion de la din de semaine
A st andre viralegines y donne pain chocolat pou bouche les yeux creoles. Il a ete formaté.