Une vaste opĂ©ration anti-fraude Ă©tait organisĂ©e sur le rĂ©seau Citalis, ce jeudi 30 mars 2017. ContrĂŽleurs, mĂ©diateurs et policiers, au total, une soixantaine de personnes Ă©tait mobilisĂ©e pour faire la chasse aux fraudeurs sur le rĂ©seau Citalis. En plus des contrĂŽles habituels, ces opĂ©rations "inter-rĂ©seaux" devraient ĂȘtre mises en place tous les mois, sur les diffĂ©rents rĂ©seaux de l'Ăźle. Chaque annĂ©e, Estival, Citalis, Kar'Ouest, AlternĂ©o, Car Sud et Car Jaune estiment que 3 millions d'euros leurs passent sous le nez, Ă cause de la fraude.
En moyenne l'an dernier, 10% des voyageurs ont fait l'impasse sur le ticket, avec des disparitĂ©s selon le rĂ©seau. Ainsi, seuls 6% des usagers de Car Jaune n'ont pas de titre en rĂšgle, quand ils sont 18% dans les bus Citalis.Â
Ce sont autant dâinvestissements en moins pour dĂ©velopper les transports et crĂ©er de l'emploi, regrette Willy Chane-Pane, directeur des transports Ă la Sodiparc. Mais cela coĂ»te cher aussi aux fraudeurs, et c'est aussi ce que nous voulons faire savoir avec ce type d'opĂ©rations". Ce jeudi, ceux qui ont pris le bus sans ticket avaient deux options : payer une amende minorĂ©e de 20 euros immĂ©diatement, qui grimpe ensuite Ă 28 euros.
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Les contrÎles peuvent désormais finir au poste
Depuis mars 2016, la loi Savary a changĂ© le travail des contrĂŽleurs. DĂ©sormais, les contrĂŽleurs ont plus de pouvoirs et un passager sans ticket qui rechignerait Ă obtempĂ©rer est passible de poursuites. S'il donne une fausse identitĂ© ou une fausse adresse aux agents assermentĂ©s, il pourra Ă©coper d'une amende de 3750 euros et de deux mois dâemprisonnement.
Le dĂ©lit de soustraction est aussi une nouveautĂ©, qui vient combler un vide juridique qui permettaient jusquâalors aux fraudeurs de quitter les lieux sans que les agents assermentĂ©s ne puissent les en empĂȘcher. Avec les nouvelles dispositions lĂ©gislatives, un contrevenant qui ne peut pas justifier de son identitĂ© devra attendre l'intervention de lâOfficier de police judiciaire. La violation de cette obligation est punie de deux mois dâemprisonnement et de 7500 ⏠dâamende.
Les fraudeurs "rĂ©guliers" seront Ă©galement plus sĂ©vĂšrement punis avec le "dĂ©lit dâhabitude" : une personne qui a fait l'objet, sur une pĂ©riode infĂ©rieure ou Ă©gale Ă douze mois, de plus de cinq contraventions pourra Ă©coper d'une peine de six mois d'emprisonnement et de 7 500 ⏠d'amende.
Enfin, l'outrage adressé à un agent d'un exploitant de réseau de transport public de personnes est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 ⏠d'amende, et puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 ⏠d'amende quand il est commis en réunion.
Les agents assermentés peuvent également procéder à des fouilles, refuser l'accÚs au bus à des usagers jugés trop virulents, ou encore demander une intervention policiÚre.
PrÚs de 22 000 personnes verbalisées en 2016 sur le réseau Citalis
 "La plupart du temps, la seule prĂ©sence de la police suffit Ă pacifier les contrĂŽles", estime le commandant Chassagne, mĂȘme si certains contrĂŽles finissent au poste. "Hier encore, sur 40 personnes, 2 personnes ont Ă©tĂ© amenĂ©es au commissariat. Statistiquement, c'est peu, mais le problĂšme, c'est que les agents sont confrontĂ©es Ă ces situations plusieurs fois par semaine", illustre-t-il.
Si ces sanctions peuvent paraßtre sévÚres, "les contrÎles sont bien perçus par les usagers qui sont en rÚgle", assure Fabrice Grolleau, responsable du service ContrÎle médiation santé (CMS) à Transdev Service Réunion.
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"Les gens qui ont leur titre de transports aiment bien voir les contrÎleurs, ceux qui n'en ont pas ne nous aiment pas, ça c'est sûr, rigole Brigitte Fontaine, contrÎleuse depuis dix ans chez Citalis. Certains essayent parfois de parlementer mais il y a beaucoup de mauvaise foi. Quand ce sont des personnes en situation difficile, on les redirige vers le service dédié, mais bon, c'est la rÚgle, si on ne paye pas, on ne prend pas le bus".
Sur les 21 000 000 de personnes transportĂ©es lâannĂ©e derniĂšre par Citalis, 1 134 072 ont fait lâobjet dâun contrĂŽle, parmi lesquelles 21 890 personnes ont Ă©tĂ© verbalisĂ©es.
ch/www.ipreunion.com
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