Le 1er août 2010, les "pitons, cirques et remparts" de La Réunion étaient inscrits au Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, soit 105 838 hectares (40% du territoire réunionnais). Un an après, le 1er août 2011, Daniel Gonthier, directeur du Parc National, fait un premier bilan de l'inscription. S'il se réjouit de l'attrait des hauts de l'île, le président du Parc estime qu' "il y a encore du travail à faire". "Il faut une prise de conscience collective de la richesse que nous possédons désormais", insiste Daniel Gonthier. Entretien.
* Monsieur Gonthier, un an après l'inscription de La Réunion au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, qu'est ce qui a changé dans la vie des Réunionnais ?Rien n'a changé. C'est important de le signaler car pendant longtemps, de nombreuses polémiques ont circulé autour de cette labellisation. On entendait dire que le parc national allait devenir un sanctuaire, que les Mafatais allaient être dépossédés de leurs biens ou que les sentiers allaient disparaître, rien de cela ne s'est produit. Il faut désormais que ces polémiques cessent et que les Réunionnais s'approprient ce patrimoine mondial.
* Qu'entendez-vous par "s'approprier ce patrimoine mondial" ?
Il faut une prise de conscience collective de la richesse que nous possédons. Ce label, c'est le signe que les hauts de La Réunion abrient un paysage et des animaux uniques au monde. Il faut désormais que les Réunionnais puissent véhiculer ce message afin que le monde entier sache que notre île est un trésor, comme le Mont Saint-Michel ou les pyramides égyptiennes. C'est pour cette raison que nous avons mis en place diverses actions pour rencontrer les Réunionnais et leur expliquer les atouts de ce label.
* Pensez-vous avoir réussi à toucher le Réunionnais lambda à travers ces actions ?
C'est bien le but. Nous avons ciblé toutes les catégories de la population. Les écoliers, les universitaires, les chercheurs, les professionnels du tourisme et plus largement tous les Réunionnais. Le message que nous avons voulu faire passer c'est que "nous sommes nos meilleurs ambassadeurs". Il y a encore du travail à faire et nous le poursuivrons. Nous devons par exemple poursuivre notre politique de lutte contre la pollution de nos sites. L'objectif à terme est de faire en sorte que ceux qui entrent dans le parc avec leurs déchets les ramènent avec eux.
* Lors de l'inscription de La Réunion au patrimoine mondial de l'humanité, vous mettiez en avant l'impact touristique d'un tel label. Un an après, les touristes sont-ils au rendez-vous ?
Les touristes sont de plus en plus nombreux à visiter le parc national. Nous ne saurons l'ampleur de cette croissance que dans quelques mois, lorsque nous aurons relevés les compteurs installés aux diverses entrées du parc. En général, l'inscription d'une zone au patrimoine mondial de l'Unesco s'accompagne d'une hausse du flux touristique de 10% à 15%. Nous espérons être dans cette tranche.
* Quelles sont les actions prévues par le parc national dans les prochains moins pour valoriser nos pitons, cirques et remparts ?
Nous travaillons actuellement sur la charte graphique des signalétiques "patrimoine mondial de l'humanité" que nous installerons à chaque entrée du parc. Les plaquettes d'information du parc ont également été modifiées pour prendre en compte ce nouveau label. Des équipes de chercheurs sont attendues sur l'île pour effectuer des recherches sur les papangues. L'actualité, c'est aussi la remise du diplôme attestant de l'inscription de nos pitons, cirques et remparts au patrimoine mondial de l'humanité. Le comité du patrimoine mondial de l'Unesco devrait nous le remettre d'ici la fin de l'année. A cette occasion, une plaquette commémorative sera inaugurée au siège du parc national, à la Plaine des Palmistes. Nous réfléchissons enfin à installer un centre de ressources documentaires concernant le parc national, en partenariat avec l'Etat et les collectivités. Cela pourrait se concrétiser d'ici deux ans.
Mounice Najafaly pour
