Les baleines à bosse, mâles, chantent durant leur période de reproduction. Précieux, ces chants permettent aux scientifiques de comprendre leurs déplacements. Alors que La Réunion est dotée depuis déjà deux ans, d'hydrophones permettant de capter ces chants; l'île de Madagascar, elle, n'est pas encore très bien équipée. Pour y remédier, un projet de coopération régionale, financé par l'Europe, a été mis en place. Projet auquel l'association réunionnaise Globice participe. Le directeur administratif, Laurent Moysset explique de quoi il s'agit.
"Les chants des baleines nous permettent, par exemple, de comparer leur frĂ©quentation explique le membre de l'association Globice. Les hydrophones nous ont ainsi permis de voir que la zone la plus frĂ©quentĂ©e durant cette saison des baleines, Ă©tait Saint-Gilles, suivie de Saint-Pierre et ensuite de Saint-Benoit".Â
Comparer la fréquentation des baleines
En partenariat avec Globice, les associations malgaches Cetamada et Mada Megafauna ont déployé quatre nouveaux hydrophones il y a dix jours, le 19 juillet 2018. Et ce, à Sainte-Marie, Fort-Dauphin (dans le sud), à Nosy Be (dans le nord) et à Tulear (dans le sud ouest). "Ces installations permettront de comparer la fréquentation des baleines sur ces quatre sites et à La réunion. On pourra aussi voir quand a lieu l'activité de reproduction précise Laurent Moysset. A Fort-Dauphin et à Tulear, il n'y a pas d'étude scientfique pour voir si les baleines arrivent à la même période là -bas qu'à La Réunion".
Quels modes de dĂ©placement pour les baleines?Â
Les appareils vont aussi rĂ©vĂ©ler des informations sur le mode de dĂ©placement des baleines : "Par exemple, si on dĂ©tecte des notes de chant en premier Ă La RĂ©union et qu'elles apparaissent plus tard Ă Madagascar, on pourra en dĂ©duire que les baleines passent d'abord par La RĂ©union avant de se rendre Ă Madagascar" explique le directeur administratif de l'association Globice.Â
Il rappelle que dans les années 70, des balises satellites ont été posées dans les Mascareignes. Mais les hydrophones représentent une "autre technique pour avoir de nouvelles informations".
A La RĂ©union, 15 balises satellites ont Ă©tĂ© installĂ©es et ont permis de voir que "la moitiĂ© des baleines Ă©quipĂ©es Ă©tait partie Ă Madagascar les jours qui ont suivi son passage Ă La RĂ©union". Aussi, ces mĂŞmes baleines ne seraient pas revenues Ă La RĂ©union dans la foulĂ©e. "On en dĂ©duit que la connexion serait plus Ă©vidente des Mascareignes Ă Madagascar que dans le sens inverse et que les baleines ne resteraient pas sur un seul site de reproduction : elles visitent diffĂ©rents secteurs durant la pĂ©riode migratoire" indique le spĂ©cialiste.Â
L'association Globice a l'habitude de travailler en partenariat avec les associations malgaches. Au moins de juin, certains membres se sont rendus Ă Sainte-Marie pour apporter du matĂ©riel et transfĂ©rer certaines de leurs compĂ©tences aux associations malgaches.Â
Dans le cadre de ce programme intitulĂ© Et Cetra et financĂ© par des fonds europĂ©ens, l'association rĂ©unionnaise envisage mĂŞme l'embauche d'une personne pour le mois d'octobre. Afin de "travailler sur les facteurs environnementaux pour expliquer la variation du nombre de baleines aperçues Ă l'Ă©chelle du sud ouest de l'OcĂ©an Indien".Â
38 baleines différentes identifiées depuis mi-juin contre trois ou quatre l'année dernière
Car, en effet, le nombre de cĂ©tacĂ©s identifiĂ©s fluctue quasiment chaque annĂ©e. Pour preuve, alors qu'Ă La RĂ©union, la saison n'a commencĂ© qu'Ă la mi-juin, 38 baleines diffĂ©rentes ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© identifiĂ©es. "D'habitude, Ă cette mĂŞme pĂ©riode, on identifie trois ou quatre..." ajoute Laurent Moysset.Â
A Rodrigues ou encore Ă Sainte-Marie (Madagascar), la saison des baleines a elle aussi commencĂ© très tĂ´t cette annĂ©e. "Mais attention, on n'est pas Ă l'abri de surprises pour la suite de la saison prĂ©vient l'association Globice. D'un jour Ă l'autre, on peut ne plus en voir".Â
sw/www.ipreunion.com
