Pour Elie Hoarau, député européen, l'avenir du sucre réunionnais après 2014 est "incertain". Et pour cause, c'est à ce moment là que sera révisé l'OCM Sucre (Organisation communautaire du marché) qui accorde aux régions ultrapériphériques de l'Union et aux pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique) une protection économique contre la concurrence de grands pays producteurs de sucre. Elie Hoarau craint que la filière canne-sucre connaisse le même destin que la filière banane dont l'OMC vient d'être révisé à la baisse.
Jusqu'en décembre 2009, une barrière tarifaire existait pour les bananes produites en dehors des régions ultrapériphériques et les régions ACP. Cette barrière s'élevait à 178 euros par tonne de bananes. En décembre 2009, cette protection a été abaissée à 114 euros par tonne de bananes. "Mais l'Union Européen vient de céder une fois de plus aux pressions des grands producteurs étrangers", souligne Elie Hoarau qui annonce que cette barrière va être abaissée, à 73 euros par tonne de bananes."La révision de l'OMC banane est un désastre pour les producteurs qui avaient noué un partenariat avec l'Union Européenne", explique Elie Hoarau. Parmi ces producteurs, la Martinique dont la banane constitue 60% de la production agricole. Un système de compensation sera mis en place, 200 millions d'euros pour les pays ACP. Le montant pour les RUP n'est pas encore connu mais l'élu estime que cette somme "ne servira qu'à la reconversion de ces producteurs". "On va assister à la liquidation de cette production dans ces régions", ajoute le député européen.
Ce constat établi, Elie Hoarau craint que la production de sucre connaisse le même sort en 2014, lors de la révision de l'OCM sucre. Ce qui mettrait en grande difficulté l'agriculture réunionnaise. En effet, la culture de la canne constitue 30% de la production agricole locale. Et les pays producteurs de sucre comme le Brésil, la Thaïlande ou l'Australie "font pression" sur l'Union Européenne pour que la barrière soit abaissée. Une première diminution de 36% avait été enregistrée en 2006. Une nouvelle baisse n'est pas exclue en 2014. "Il faut s'y préparer", souligne l'élu communiste. Le député européen demande qu'une étude d'impact soit menée sur une éventuelle réduction de cette taxe.
Mounice Najafaly pour
