Ce vendredi 5 juillet 2024, Santé publique France a publié le point épidémiologique régional de la semaine 26 (du 24 au 30 juin 2024). Les cas de leptospirose et de dengue continuent de baisser. À noter pour la leptospirose, qu'il existe toujours un risque de se contaminer lors d’activités à risque quelle que soit la saison. Nous publions ci-dessous le communiqué de Santé publique France. (Photo : AFP)
- Leptospirose -
Entre le 1er janvier et le 3 juillet 2024, 251 cas de leptospirose autochtones ont été déclarés à l’ARS (Figure 1.a), soit 7 cas de plus que la semaine précédente. Parmi ces cas, 221 ont été confirmés par PCR sang et/ou urines (soit 88% de cas confirmés) et 30 par sérologie (soit 12% de cas probables).
En 2024, la recrudescence saisonnière a été précoce. Le nombre de cas déclarés fin 2023 avec 23 cas sur les deux derniers mois de l’année (11 cas en novembre et 13 en décembre) était supérieur aux années précédentes (5 cas en moyenne entre 2014-2022). Après la survenue de 25 cas au cours du mois de janvier, elle s’est caractérisée par 3 mois de pic épidémique supérieur à 60 cas (63 cas en février, 61 en mars et 65 en avril). Cette durée et cette intensité de pic n’avait jamais été décrit historiquement. A partir de la mi-avril 2024, le nombre de cas survenus depuis le début de l’année avait dépassé le nombre de cas annuel maximal déclaré depuis le début de la surveillance, soit 169 cas en 2022. Ensuite, le nombre de nouveaux cas déclarés a diminué à 20 cas en mai et 17 cas en juin.
Au cours des 6 premiers mois de l’année 2024, le nombre de nouveau cas de leptospirose par semaine était compris entre 1 et 21 (pic hebdomadaire de cas atteint en S13/2024), (Figure 1.b)
Dès la S03 (mi-janvier), le nombre de cas a augmenté, passant de 2 cas en S01 et 3 cas en S02 à 10 cas en S03. Il a ensuite fluctué entre 8 et 21 cas hebdomadaires pendant 15 semaines. Enfin, depuis la S17 (fin avril) et malgré une augmentation ponctuelle en S24 (mi-juin), le nombre de nouveaux cas hebdomadaire de leptospirose était en diminution et restait inférieur à 10.
Les cas résidaient pour plus de la moitié dans le sud de l’île (56% avec 140 cas) (Figure 1.c). Les communes de Saint- Pierre, Saint-Joseph, Le Tampon, Saint-Louis et Petite Ile ont été particulièrement impactées. L’Est totalise 20% des cas (avec 50 cas) et les communes de Saint-Benoît, Salazie, Saint-André rapportaient le plus de cas.
Parmi les 19% de cas résidant dans l’Ouest, plus de moitié (28/47) résidaient à Saint-Paul. Le Nord était le secteur le moins impacté avec seulement 5% des cas (soit 13 cas). Un cas a été rapporté chez un touriste, résidant en France hexagonale, qui se serait contaminé à La Réunion.
Les hommes représentaient 94% des cas, avec un âge médian de 56 ans (min=9 ; max=86).
Les 15 cas de sexe féminin avaient un âge médian de 43 ans (min=13 ; max=74).
Un cas a été rapporté chez un enfant de 9 ans et 8 cas chez des enfants âgés de 10 à 19 ans. Les 40-69 ans représentaient plus de 66% des cas.
Le taux d’hospitalisation tout service, comme le taux d’hospitalisation en service de soins critiques se situaient respectivement à 64% et 24%.
Trois décès ont été identifié depuis le début de l’année.
- Infection respiratoire aigüe et virus grippaux -
En S26, les passages aux urgences pour motif de syndrome grippal restaient stables. Les urgences ont enregistré 27 passages pour un motif de syndrome grippal en S26 comme la semaine précédente (Figure 2). Le nombre d’hospitalisations pour syndrome grippal était également stable avec 5 hospitalisations rapportées en S26 comme en S25.
La part d’activité des urgences pour un motif de grippe représentait moins de 1% de l’activité totale.
En médecine de ville, la part d’activité des Infections Respiratoires Aigües (IRA) était en forte hausse avec 6,8% de l’activité totale en S26 versus 4,7% de l’activité totale en S25. La part d’activité pour IRA se situait au-dessus de la moyenne 2013-2023 (Figure 3).
La surveillance virologique identifiait en S26 une circulation exclusive de grippe de type A(H1N1)pdm09 (Figure 4)
Le taux de positivité représentait 8% des tests positifs pour les virus grippaux en S26 comme pour la S25.
- Bronchiolite (chez les enfants de moins de 2 ans) -
Les passages aux urgences pour motif de bronchiolite chez les enfants de moins de 2 ans étaient stables en S26 comparés à la semaine précédente (Figure 5). En S26, 23 enfants âgés de moins de 2 ans ont consulté aux urgences pour une bronchiolite contre 20 en S25 (Figure 5).
Les nouvelles hospitalisations étaient en augmentation (n=12) par rapport à la semaine précédente (n=5) (Table 1).
La part de passages aux urgences pour bronchiolite parmi l’ensemble des passages d’enfants de moins de deux ans était stable avec 7,6% de l’activité en S26 contre 7,5% pour la S25.
Concernant la surveillance virologique, le taux de positivité pour le VRS chez les moins de deux ans était de 23% en S26 (Figure 6). Il était de 7% en S25.
- Gastro-entérites aigues (GEA) -
En S26, les passages aux urgences tous âges pour un motif de gastro-entérite étaient en augmentation. Le nombre de passages aux urgences était de 78 en S26 versus 65 en S25 (Figure 7). Le nombre d’hospitalisations était aussi en hausse avec 12 hospitalisations en S26 contre 5 hospitalisations en S25.
Chez les enfants de moins de 5 ans, les passages aux urgences pour un motif de gastro-entérite augmentaient fortement en S26 (n=42) comparés à la semaine précédente (n=25) (Figure 8). Les hospitalisations après un passage aux urgences étaient en revanche stables avec 5 hospitalisations en S26.
En S26, la part de l’activité des urgences chez les moins de 5 ans pour la gastro-entérite était à la hausse par rapport à la semaine précédente (8,5% en S26 vs 5,5% en S25).
En médecine de ville, la part d’activité pour diarrhée aigüe augmentait légèrement pour se situer à 2,5% en S26 (Figure 9). Elle demeurait au-dessus du niveau de la moyenne des années 2013-2023.
- Dengue -
Depuis le début de l’année, 1 218 cas de dengue ont été rapportés. La baisse hivernale se poursuit : le nombre de cas passe de 15 cas en S24 à 9 cas en S25. La circulation rejoint progressivement celle de 2022 et de 2023 à la même période.
Les 9 cas sont localisés dans les communes suivantes : St Joseph (3 cas), St Paul (4 cas), La Possession (1 cas) et St
Denis (1 cas).
Le sérotype circulant est toujours le DENV2.
L’impact sanitaire est faible : 169 passages aux urgences (CHU Sud très majoritairement) pour syndrome compatible avec la dengue ont été recensés depuis le début de l’année et aucun en S25. L’impact hospitalier est également resté faible également avec 83 hospitalisations depuis le début de l’année. En 2024, 4 décès directement liés à la dengue ont été signalés.
Depuis le début de l’année, 36 cas importés ont été signalés au retour de voyage – principalement au retour de Maurice et de Rodrigues mais également quelques cas au retour des Antilles ou des Comores.
- Covid-19 -
En S26, 15 patients ont consulté aux urgences pour motif de COVID-19 versus 9 patients la semaine précédente (Figure 3). Cinq nouvelles hospitalisations pour motif de COVID-19 ont été enregistrées en S26 contre 3 en S25 (Figure 4).
La surveillance virologique mise en place avec les données de virologie du laboratoire de microbiologie du CHU (CNR Arbovirus Associé, CNR Virus respiratoires Associé, La Réunion) montre un Taux de Positivité (TP) de la COVID-19 en hausse modérée en S26 comparé à la S25. Il y avait 15 tests positifs parmi 183 tests en S26, soit un TP de 8% vs 11 tests positifs parmi 187 tests en S25, soit un TP de 6%.
- Mortalité toutes causes -
En S24, le nombre de décès observé tous âges et toutes causes était de 93 personnes. Comparé à la semaine précédente, le nombre de décès observé était en baisse (n=110 en S23). Le nombre de décès observé en S24 était en dessous du nombre de décès attendu (n=110).
Chez les plus de 65 ans, en S24, 74 décès ont été observés vs 83 décès attendus. Ce chiffre était en baisse comparé à ce qui était observé en S23 (85 décès observés).
