Suite à l'ouverture des débats parlementaires sur le projet de loi de finances 2012, la FRBTP (fédération réunionnaise du bâtiment et des travaux publics) a présenté ses propositions pour ne pas aggraver la situation déjà dramatique du secteur bâtiment à La Réunion. La fédération rappelle que "depuis 2008, l'activité s'est effondrée de plus de 30%, s'accompagnant de la perte de 10 000 emplois". Pour lutter contre cela, les représentants de la FRBTP ont décidé d'adopter une démarche constructive. "Plus que de simples revendications, nous avons la volonté d'amener des solutions à travers des propositions qui nous semblent les meilleures pour les entreprises réunionnaises", annonce Stéphane Brossard, président de la FRBTP.
Les propositions de la FRBTP s'articulent autour de trois axes. Elles ont été soumises par courrier à Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-mer, mais aussi à l'ensemble des parlementaires réunionnais, députés et sénateurs.Le premier volet concerne les mesures à mettre en place pour éviter l'amplification de la crise subie depuis trois ans par le secteur du bâtiment. Il est constitué de trois demandes. Tout d'abord, la prolongation de l'exonération des charges sociales sur le bonus exceptionnel de la LODEOM. Cet accord régional interprofessionnel, instauré en mai 2009, dans un contexte socio-économique difficile, permet un bonus de 50, 55 ou 60 euros, en fonction des tranches de salaire, exonéré des charges sociales. Mais il arrive à son terme le 31 décembre 2011, ce qui pose une problématique de taille : qui, des salariés ou des patrons, devront payer ces charges, et combien ? Les deux autres demandes du premier volet concernent le maintien de l'abattement d'un tiers des bénéfices réalisés par les entreprises des DOM, et le maintien de l'avantage fiscal sur l'investissement Scellier DOM, sans "coup de rabot".
Le second volet concerne la préservation et la consolidation des dispositifs efficaces pour La Réunion. "Nous avons la volonté de maintenir le dispositif actuel car il augmente la production et favorise la relance de l'activité", explique Stéphane Brossard. Ainsi, selon lui, il faut préserver la LBU (ligne budgétaire unique) comme socle du financement du logement social dans les DOM, car "en terme de logement social, les chiffres 2011 sont meilleurs que ceux de 2010 et quand un système fonctionne, il ne faut pas causer de rupture", ajoute-t-il. Il signale que cette année, 4600 logements ont été mis en chantier contre 3500 l'an dernier. Un chiffre encore insuffisant pour la FRBTP, mais une évolution positive dans le sens où elle permet "un niveau d'activité qui permet la survie des entreprises".
De plus, la fédération demande le maintien et la consolidation de la défiscalisation sur le logement social. Dans le même esprit, pour faciliter et accélérer l'accès au logement, la FRBTP demande la préservation du PTZ+ (prêt à taux zéro), la conservation et l'amélioration de l'éco-PTZ dans les DOM, et la sécurisation de la TVA à taux réduit car elle "participe aux travaux d'amélioration de l'habitat et lutte efficacement contre le travail au noir".
Enfin, le troisième volet concerne la volonté de donner de la visibilité aux entreprises réunionnaises et de sécuriser leur développement.
Cette liste de propositions sera à l'ordre du conseil d'administration ce jeudi 3 novembre 2011. Suivra une réunion avec la préfecture. Des rencontres entre Stéphane Brossard et la ministre de l'Outre-mer, Marie-Luce Penchard, ainsi qu'avec le ministre du logement, Benoist Apparu, sont aussi au programme le mercredi 9 novembre 2011.
La FRBTP concède que dans la liste de propositions, "tout ne sera certainement pas accepté", mais garde espoir que le gouvernement applique certaines d'entre elles. "Vu toutes les difficultés que nous rencontrons, il est possible que quelques mesures soient retenues et le fait qu'on accepte de nous recevoir nous laisse l'infime espoir d'avoir des réponses positives à nos propositions", explique Stéphane Brossard.
Samia Omarjee pour
