Photographe amatrice passionnée

Ghislaine Founion-Madru, des photos que l'on confond avec des tableaux

  • PubliĂ© le 3 mars 2019 Ă  14:16
Ghislaine Founion-Madru

Sa passion pour la photographie est récente mais puissante. Ghislaine Founion-Madru expose ses oeuvres et elle est trÚs demandée. Il faut dire que ses photos ne laissent pas indifférent. Troublantes, elles ressemblent à s'y méprendre à des tableaux venus d'une autre époque. Notre photographe amatrice du jour a fait des natures mortes sa spécialité. Des clichés léchés, travaillés en clair-obscur que Ghislaine Founion-Madru compose dans sa cuisine à la lampe de poche.

Cela peut sembler incongru mais la plupart des modÚles de notre artiste termine dans son assiette. Ghislaine Founion-Madru travaille surtout avec des fruits et légumes de La Réunion. Incongru ? Pas tant que cela, quand on apprend à connaßtre Ghislaine Founion-Madru, car tout part de là.

Faire découvrir La Réunion à ses petits-enfants

Une histoire de famille, un joli conte. Il Ă©tait une fois, une grand-mĂšre loin de ses quatre petits-enfants. Les marmailles vivent en Allemagne et ne sont jamais venus Ă  La RĂ©union alors la mamie se dit que ce serait chouette que La RĂ©union vienne Ă  eux. Pourquoi ne pas prendre des photos des fruits et lĂ©gumes pĂ©i pour les faire dĂ©couvrir aux marmailles. C’est comme cela que Ghislaine Founion-Madru se met Ă  la photo. Les clichĂ©s deviennent un livre et les gamins dĂ©couvrent que leur mamie a quand mĂȘme un sacrĂ© talent !

À la retraite

C’est la veille de son dĂ©part Ă  la retraite que Ghislaine Founion-Madru se lance dans l’aventure. EncouragĂ©e par son mari, lui aussi photographe amateur et quelques copains. C’était il y a quatre ans, au dĂ©but, la sexagĂ©naire se dit que cette activitĂ© nouvelle va l’occuper puis elle devient vite accro et trouve son "truc".

Son dada : les natures mortes

Ses modĂšles, Ghislaine Founion-Madru les trouve dans son jardin. Des fruits, des lĂ©gumes, des fleurs
 "au dĂ©but, je les prenais en photo dans le jardin mais la lumiĂšre ne me convenait pas alors j’ai ramenĂ© mes modĂšles dans ma cuisine, j’ai tĂątonnĂ© pour arriver Ă  trouver ce que je cherchais, un clair-obscur." explique l’artiste.

Si les photos de Ghislaine Founion-Madru sont sobres, elle lui demande plus de trois heures de travail. L’artiste crĂ©e d’abord sa composition, en triangle et ajoute ensuite la lumiĂšre, l’élĂ©ment crucial. Il y a aussi le fond et le support. Des clichĂ©s tellement minimalistes que chaque dĂ©tail compte, chaque dĂ©tail a une signification, rien, n’est laissĂ© au hasard.

De l’ombre et de la lumiùre

DerriĂšre tant de beautĂ© et de subtilitĂ©, on a du mal Ă  imaginer une technique aussi "artisanale". C’est Ă  la lampe de poche que la photographe donne vie Ă  ses oeuvres et arrive Ă  jouer de maniĂšre aussi prĂ©cise sur l’ombre et la lumiĂšre "j’ai expĂ©rimentĂ© diffĂ©rentes source de lumiĂšre, j’en expĂ©rimente encore, la lumiĂšre fait tout, c’est ce qui donne corps Ă  mes photos."

Ses inspirations

Si les clichĂ©s de Ghislaine Founion-Madru ressemblent Ă  s’y mĂ©prendre Ă  des tableaux, c’est tout simplement parce que la peinture est sa source d’inspiration. Notamment l’ñge d’or de l’école hollandaise du 17Ăšme siĂšcle avec ce clair-obscur si typique. Et un artiste en particuliers fait battre le cƓur de cette passionnĂ©e de peinture, Jean-SimĂ©on Chardin, le premier grand peintre de nature morte français. MĂ©langez tout cela et vous obtenez Ghislaine Founion-Madru.

D’ailleurs, la peinture, c’est son premier amour. La sexagĂ©naire a toujours eu une Ăąme d’artiste. Avant la photographie, c’est au dessin que Ghislaine Founion-Madru se consacrait "j’ai beaucoup peint et beaucoup dessinĂ©, j’ai d’ailleurs failli faire les Beaux-Arts mais finalement, je me suis orientĂ©e vers des Ă©tudes plus classiques" puis il y a eu un passage Ă  vide, le quotidien a pris le dessus avant que Ghislaine ne se dĂ©couvre une nouvelle passion...

Un engouement

Et ça marche, ce qui fait vibrer Ghislaine Founion-Madru c’est de "susciter une Ă©motion, la rĂ©miniscence d’un tableau que le spectateur aurait entrevu." La photographe amatrice a exposĂ© ses clichĂ©s Ă  Sainte-Suzanne, Saint-Joseph, sa photo " Curcuma " a Ă©tĂ© rĂ©compensĂ©e lors de l’exposition " Regards croisĂ©s " Ă  Saint-Pierre l’annĂ©e derniĂšre.

 

Avec son objectif macro, Ghislaine Founion-Madru vous transporte dans sa rĂ©alitĂ©. Elle a Ă©largi ses modĂšles aux fleurs, aux parfums, aux objets
 Des fruits et lĂ©gumes venus d’ailleurs comme les cerises du BrĂ©sil sont venus Ă©toffer la gamme de modĂšle de cette artiste originale qui oscille entre la photographie et la peinture. 

fh/www.ipreunion.com

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1 Commentaires
Erland
Erland
7 ans

J'adore ! Super travail ! Merci à IPR pour la belle découverte