Grippe : d'année en année, les épidémies s'installent à La Réunion avec toujours plus d'hospitalisations

  • Publié le 6 octobre 2026 à 05:19
  • Actualisé le 6 octobre 2026 à 05:21
grippe

Depuis plusieurs semaines, l'épidémie de grippe gagne du terrain à La Réunion avec des hospitalisations en hausse. Dans le département, ce virus saisonnier présente "des saisonnalités très différente" d'années en année, révèle une étude de Santé publique France (SPF). Entre janvier 2012 et 2022, 8 épidémies de grippe ont été observées dans l'île, d'une durée moyenne de 13 semaines. Depuis, le virus semble faire de la résistance (Photo : www.imazpress.com)

Selon les chiffres de Santé publique France, en 2012, l'épidémie a duré 6 semaines, contre 24 en 2016, année où il y a eu deux vagues de grippe.

Toujours selon l'étude, entre 2017 et 2021, les épidémies étaient plus tardives, démarrant mi-août et se terminant en décembre.

- 2016, année où la grippe a le plus touché La Réunion -

Comme dit précédemment, en 2016, l'épidémie de grippe, survenue en deux vagues, a duré 24 semaines.

En médecine de ville, l'épidémie de 2016 a enregistré le plus de consultations pour syndrome grippal (plus de 6.000), tandis que celle de 2021 en a comptabilisé le moins (720).

Concernant l’impact hospitalier, c’est au cours de celle de 2017 que la part d’activité des passages aux urgences pour grippe était la plus élevée, en semaine 39 (3,7%).

Et l'on voit qu'en 2026, l'épidémie reste forte puisque selon les derniers chiffres, le taux d’activité pour ce motif se situait, la semaine dernière, à 3,8% de l’activité totale soit, stable en comparaison de la semaine précédente (3,8% en S38). Le nombre d’hospitalisations progressait de 26% (soit 32 en S39 versus 23 en S38). Les moins de 15 ans et les personnes de 65 ans et plus étaient les plus concernés par une hospitalisation (respectivement de 38% et 41%).

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- La grippe A(H1N1) dominante à La Réunion -

Selon l'étude, qui concerne l'ensemble des territoires ultramarins, "les virus prédominants au cours d’une saison donnée n’ont pas systématiquement été les mêmes dans les différents territoires ultramarins".

Ainsi, celle de 2012-2013 a été majoritairement due à des virus de type A dans les territoires des Antilles françaises et à La Réunion.

En 2017-2018, le virus B/Yamagata a le plus circulé en Guyane, en Guadeloupe et à La Réunion.

Par exemple, en 2017 les virus dominants à La Réunion étaient de type B tandis qu’à Mayotte il s’agissait d’une co-circulation des virus A(H1N1)pdm09 et B/Yamagata. En 2022, ils étaient quasi-exclusivement de type A(H3N2) à Mayotte, alors qu’à La Réunion il s’agissait d’une co circulation des virus A(H1N1)pdm09 et A(H3N2).

- Le froid et la surdose de médicaments indirectement impliqués -

Si certains tombent en effet plus malades que d'autres, "il existe de nombreux facteurs intervenant dans l'efficacité du système immunitaire", détaillait il y a quelque temps, le Docteur Kévin Diallo, praticien hospitalier au service de maladies infectieuses du CHU Sud.

"Le mode de vie est impactant (exemple du tabagisme), de même que certaines prédispositions génétiques ou encore des fragilités individuelles (immunodépressions, comorbidités)", ajoute-t-il. "

De plus, "l'immunité s'affaiblit avec l'âge ou par la présence d'une immunodépression (constitutionnelle ou acquise)", précise le médecin.

Toutefois, il n’est pas possible de dédouaner complètement le froid. La surprescription et l'automédication rendent aussi les virus et les bactéries beaucoup plus résistants.

"La surprescription, la surutilisation d'antibiotiques et l'automédication ce n'est pas bon",  rappelait il y a quelque mois le directeur de la veille sanitaire à l'ARS, le professeur Xavier de Paris. "Cela permet aux bactéries qui ont la capacité de s'adapter aux médicaments de devenir résistantes à ces antibiotiques."

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- La vaccination inférieure à 35% à La Réunion -

La couverture vaccinale des personnes ciblées entre 2017 et 2024 à La Réunion était inférieure à 35% à La Réunion.

La vaccination est possible pour tous les individus à partir de l’âge de six mois. Elle est cependant recommandée chez les personnes à risque de complications :

• Personnes âgées de 65 ans et plus ;
• Personnes (adultes et enfants) atteintes de certaines maladies chroniques ;
• Femmes enceintes ;
• Personnes obèses avec un indice de masse corporelle ≥40 Kg/m2 ;
• Personnes séjournant dans un établissement de santé de soins de suite ou dans un établissement médico-social d’hébergement quel que soit leur âge.

La vaccination anti-grippale est également recommandée aux personnes en contact avec les personnes à risque de complication et susceptibles de disséminer le virus :

• Les professionnels de santé ou tout professionnel en contact régulier et prolongé avec des sujets à risque ;
• Entourage familial des nourrissons de moins de 6 mois présentant des facteurs de risque de grippe grave : personnes résidant sous le même toit, la nourrice et tous les contacts réguliers du nourrisson ;
• Le personnel navigant des bateaux de croisière et des avions et le personnel de l’industrie des voyages accompagnant les groupes de voyageurs.

Le vaccin anti-grippal présente également un bénéfice pour toutes les personnes désirant éviter la gêne personnelle ou professionnelle occasionnée par la grippe.

Selon Santé publique France, des stratégies pour augmenter l’adhésion à la vaccination contre la grippe et aux mesures barrières, ainsi qu’une meilleure adaptation des différentes campagnes de prévention aux spécificités territoriales doivent être développées, afin de réduire le fardeau lié à la grippe sur la population et sur le système de soins et de protéger les plus vulnérables.

- Les mesures d’hygiène à tenir en cas de grippe -

Certaines mesures d’hygiène simples peuvent contribuer à limiter la transmission de personne à personne, notamment :

Concernant le malade, dès le début des symptômes, il est recommandé de :
- Limiter les contacts avec d’autres personnes et en particulier les personnes fragiles (nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées ou porteuses de certaines maladies chroniques ou souffrant d’obésité) ;
- Mettre un masque jetable lors de contacts, notamment avec ces personnes fragiles ;
- Tousser ou éternuer dans le pli du coude ou dans un mouchoir en papier ;
- Lavage des mains à l’eau et au savon et à défaut, avec une solution hydro-alcoolique ;
- Aérer les pièces.

Concernant l’entourage du malade, il est recommandé :

- D’éviter les contacts rapprochés avec les personnes malades, en particulier quand on est une personne fragile ;

- De se laver les mains à l’eau et au savon après contact avec le malade ou le matériel utilisé par le malade ;

- De nettoyer les objets couramment utilisés par le malade.

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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