Il n'en rate décidemment pas une

Parler de "militaires" Monsieur Macron, mais quelle erreur !

  • PubliĂ© le 23 novembre 2018 Ă  20:24
boulevard Lancastel bloqué par les Gilets jaunes

"Nous avons mis les moyens et allons continuer Ă  les mettre : nos militaires seront mobilisĂ©s dĂšs demain pour rĂ©tablir l'ordre public." C'est ainsi qu'Emmanuel Macron a annoncĂ© l'arrivĂ©e de gendarmes de mĂ©tropole. Car c'est bien de gendarmes dont parlait le chef de l'État. Les gendarmes appartiennent au corps de l'armĂ©e et sont donc des militaires. Contrairement aux policiers.

Cela, seul un public avertit le sait. Pour le gros de population, militaire signifie armĂ©e. Le Tweet d’Emmanuel Macron a donc signifiĂ© pour le plus grand nombre que l’armĂ©e allait investir les rues de La RĂ©union.

La fausse nouvelle s’est rĂ©pondue comme une traĂźnĂ©e de poudre. Sur les rĂ©seaux sociaux, il Ă©tait question d’arrivĂ©e massive de " camions militaires ", de " dictature ", " d’atteinte Ă  la dĂ©mocratie ", " d’envoi de char "
 En a peine quelques heures la pression est montĂ©e Ă  son paroxysme.

D’autant que certains mĂ©dias nationaux et des politiques ont eux aussi fait l’amalgame annonçant l’arrivĂ©e de l’armĂ©e sur l’üle.

Jamais l’armĂ©e n’est intervenue dans des violences urbaines La RĂ©union. En 1991, lors des Ă©meutes localisĂ©es Ă  Saint-Denis et gĂ©nĂ©rĂ©es par la saisie des Ă©metteurs de tĂ©lĂ© Freedom, le prĂ©fet de l’époque avait demandĂ© aux militaires d’assurer la sĂ©curitĂ© des bĂątiments publics afin de mettre sur le terrain plus de policiers et de gendarmes. A aucun moment les militaires ne sont intervenus dans les rues.

Quelle erreur de communication pour le chef de l’Etat ! Une de plus ! Chaque mot a un sens et un poids, comment ne pas avoir imaginĂ© que " nos militaires seront mobilisĂ©s " n’allait pas rĂ©sonner comme une dĂ©claration de guerre dans un climat hyper tendu depuis six jours.

C’est ce qui s’est passĂ©. Et du coup, on arrive Ă  se demander s’il s’agit bien d’une erreur de communication ou si le terme a Ă©tĂ© utilisĂ© en toute connaissance de cause, le but Ă©tant de dĂ©clencher la peur au sein de la population.

Si c’était le cas, l’objectif est ratĂ©. PrĂšs d’une trentaine de barrages Ă©taient encore recensĂ©s ce jeudi. Et partout, il Ă©tait question du " mĂ©pris affichĂ© " du prĂ©sident de la RĂ©publique.


 

Que dire de plus
 Ah oui, avant de parler, il faut parfois tourner sept fois sa langue dans sa bouche.

www.ipreunion.com

guest
3 Commentaires
Gerard
Gerard
7 ans

Les rĂ©seaux sociaux, ou la concentration de bĂȘtise Ă  l'Ă©tat pur !

Gilles et pas jaune
Gilles et pas jaune
7 ans

Si, au 21Ăšme siĂšcle, on ne sait pas que les gendarmes sont des militaires, c'est qu'on a loupĂ© quelque chose dans dans Ă©ducation.J'ai souvent fait appel aux gendarmes dans mes interventions au cours de ma carriĂšre. Je mentionnais toujours "militaires" dans mes procĂšs-verbaux. Mais, Macron, il faut s'en dĂ©barrasser. Comment peut-il ĂȘtre lĂ  oĂč il est, Ă  son Ăąge (l'Ăąge de mon fils) alors que d'autres se sont tant battu pour y ĂȘtre. Il fait des rĂ©formes que d'autres avant lui ont refusĂ© de faire : les rĂ©formes que vous refusez, disait Chirac, ce sont vos enfants et vos petits enfants qui les paieront. Macron est jeune et maladroit. J'ai pas votĂ© pour lui, j'ai votĂ© "chemise brune". Mais, pour le bien de la France, je ne souhaite pas qu'elle passe. Mais, dans la vie on raisonne toujours par "tant mieux, tant pis".

Léo
Léo
7 ans

En effet, l'amalgame aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©. Il s'agit nĂ©anmoins de Militaires, mais qui ne dĂ©pendent pas du MinistĂšres de La DĂ©fense, et j'espĂšre que Mr Le PrĂ©sident en est informĂ©...il sont sous tutelle du MinistĂšre de l'IntĂ©rieur.