Grève dans les lycées

Indignation après la garde à vue d'Alexis Chaussalet

  • Publié le 17 février 2011 à 16:00
Alexis Chaussalet, président de l'Union nationale lycéenne

Les élèves des lycées Roland Garros au Tampon et des Avirons ont quitté la classe jeudi 17 février 2011 au matin après l'annonce de l'arrestation d'Alexis Chaussalet, figure de proue de la contestation lycéenne. Syndicats et associations dénoncent également les conditions de sa garde à vue.

" On lui a offert le traitement que l'on réserve aux grands criminels ", s'est indigné Lionel Millot, du SNES-FSU (syndicat du second degré) en évoquant les conditions dans lesquelles Alexis Chaussalet a été placé en garde à vue jeudi 17 février au matin au Tampon.

Le lycéen de 17 ans, meneur de l'Union nationale lycéenne (UNL) a été arrêté à son domicile à 6 heures du matin et conduit à la gendarmerie avec trois autres élèves. Il leur est reproché des faits d'outrage à agent et entrave à la circulation lors de la manifestation du 15 février contre les suppressions de postes dans l'éducation nationale.

" Il a été libéré mais d'abord, il a été déshabillé, fouillé, insulté et attaché. Il est choqué. C'est inadmissible pour un gamin de 17 ans ", poursuit Lionel Millot. La FSU a demandé une audience au préfet et estime que " le ménage doit être fait à la gendarmerie du Tampon ".

En guise de soutien à l'adolescent, les lycéens des Avirons ainsi que ceux de Roland Garros au Tampon ont quitté leur établissement. Dans un communiqué, le SGEN-CFDT " s'indigne de telles pratiques policières alors que les faits (s'ils sont avérés) se sont déroulés dans le cadre d'une action contre les suppressions de postes dans l'Education Nationale ". Avec l'intersyndicale, l'Unef (union des étudiants de France) appelle à une manifestation de soutien lundi 21 février devant le lycée Rolland Garros.

De son côté, le PCR (parti communiste réunionnais) voit dans cette arrestation une " intimidation inadmissible ", tandis que le SNUEP (syndicat unitaire de l'enseignement professionnel) dénonce une " situation scandaleuse ". De son côté, l'AFJER (alliance des jeunes pour la formation et l'emploi à la Réunion) " regrette l'utilisation des forces de l'ordre pour faire taire des jeunes inquiets de leur avenir ".

L'Alliance des Réunionnais contre la pauvreté (ARCP) dirigée par Jean-Hugues Ratenon, s'indigne pour sa part de "l'interpellation inappropriée" du jeune homme et appelle "la jeunesse à la continuité dans la lutte pour le droit à une éducation de qualité". Au nom de la FCPE-CDPE 974 (fédération de parents d'élèves, Jean Odel Oumana a adressé un courrier au préfet dans lequel il estime que "l'intimidation envers les lycéens n'est pas la bonne méthode. Les donneurs d'ordre qui ont pris cette décision doivent mesurer les conséquences que cela risquent de produire face à une jeunesse inquiète pour son avenir". Il demande aussi la tenue d'une table ronde avec "l'ensemble de la communauté éducative".

L'Union Syndicale Solidaires-Réunion dénonce quant à elle "la violence que constitue la mise en garde à vue du représentant de l'UNL, juste parce que cette organisation avec d'autres, s'oppose avec fermeté à la politique de destruction du service public de l'éducation" et note que "La réponse policière n'est certainement pas celle qu'attend la jeunesse de ce pays"

Marine Veith pour
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